‹ Vie de M. Olier, curé de S. Sulpice, à ParisChapitre 72 sur 205 · LIVRE IT. I-^S · texte numérisé non relu

LIVRE IT. I-^S

>) et d'instrumens , lui disposer des prêtres qui )) Tadorassent en esprit et en vérité, qui honoM- » rassent tous les jours son fils sur les autels, et » s'employassent avec charité au salut de ses » membres; je me trouvai alors tout occupé d'une » connoissance que jen'avois jamais eue, quoique » je la désirasse beaucoup depuis long-temps, » celle de la nature d^hoslie , dont il plaisoit à » Dieu m'inspirer de faire profession.

» Je vis donc d'abord qu'être hostie du Dieu » vivant , c'étoit être entièrement mort à soi- » même et vivre à Dieu seul; en sorte que l'on Ti n'agît plus pour se contenter soi-mériié , mais » seulement pour contenter sa souveraine ma- » jesté.... Ce (jui resté à faire a ceux qui vivent i^)^ » dit saint Paul , c'est de ne vivre plus pour eux- » mêmes ^ mais pour celui qui est mort pour eux » et qui est ressuscité. Jésus-Christ, par la grâce M du baptême , nous apprend à l'imiter en mou- )) rant intérieurement à nous-mêmes pour ne ») vivre qu'à Dieu seul , n'ayant d'autre désir et » d'autre intention dans le cœur, que de lui » plaire et de le servir ; ne faisant non plus de )) cas des désirs de l'honneur, des richesses et » du plaisir que la chair fait naître en nous, que » si nous étions morts, ous avez été ensevelis h avec Jésus-Christ dans le baptême , et voïis \iM êtes ressuscités en lui par la foi de V opération n toute-puissante de Dieu qui l'a ressuscité du » tombeau. Nous apprencThs, par ces paroles, que )> comme notre Seigneur dans le tombeau n'a- » gissoit point pour le monde, étoit mort en tous

(')//. Cor. y, i5. ' . - -t^

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» ses membres , qui portoient les stigmates ie » sa passion^ il faut de mémo que nous soyons » des hosties mortes à toutes nos inclinations , et » que tout soit mortifié en nous. Nous devons , p selon la doctrine du même apôtre , être morts » à nous-mêmes et au monde, pour vivre à Dieu » seul. Je vous en prie ^ mes frères^ par la misé^ » ricorde de Dieu, offreir-lui vos corps , comme )) des hosties vivantes , saintes , agréables a ses » jeux, avec une religion intérieure et un culte spi' » rituel (0, en sorte que vous les portiez comme » des temples où Dieu soit glorifié, et que , loin » de gouverner Tame en la faisant obéir aux dé- » sirs de la chair , ils laissent au contraire agir » l'amo sur eux comme maîtresse absolue ; qu'ainsi » l'ame n'agisse point pour satisfaire le corps , et » ne le conduise pas toujours où il veut ^ qu'elle » ne lui permette pas de parler quand il veut, » de converser, d'agir, de se reposer quand il » veut, ce que saint Paul appelle faire la vo- » lonté de la chair et de nos pensées (2) ; mais » qu'elle réduise toutes ses volontés en servitude , » et qu'elle réprime tous ses mouvemens,

» Ce qui est bien remarquable en notre Sei- » gneur, c'est qu'il dit de lui-même qu'il n'agis- » soit point pour lui, qu'il ne faisoit rien pour y) contenter sa volonté propre, mais uniquement » pour se conformer à celle de son père ; et après » avoir dit à l'homme , cjuHl se renonce lui-même, » il ajoute , quil porte sa croix. N'est-ce pas une )) merveilleuse croix, que de rompre sans cesse » sa volonté , de mortifier sa chair en tout , et de

(0 PhUip. lY. 8. — (») £ph. II. 5.

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