‹ Vie de M. Olier, curé de S. Sulpice, à ParisChapitre 88 sur 205 · LIVRE T · texte numérisé non relu

LIVRE T

avoit été brûlé le corps du saint. Aux hommages de respect et de conQance qu'il offrit intérieurement à celui qu'il étoit venu honorer, il joignit celui dont les ames contemplatives ne peuvent se défendre à la vue des monumens précieux , qui / après le corps adorable du Sauveur, composent le plus riche trésor de nos églises. On le vit humblement prosterné, durant des heures entières, devant Tautel qui couvre le tombeau du saint, y célébrer le saint sacrifice avec la religion d'un ange , et dori^ ner toutes les marques de la foi la plus vive, comme de la piété la plus tendre. Il y resta une fois l'espace de sept heures sans s'en apercevoir. Voici comme le fait est rapporté par le P. Constantin, alors correcteur ou supérieur des Minimes d'Angers, qui le tenoit de la personne mémo chez qui avoit logé à Tours M. Olier. L'heure du souper étant venue, on l'attendit long- temps; et comme il tardoit beaucoup, on le chercha en difiérens endroitsi les recherches furent sans succès; ce qui donnrf beaucoup d'inquiétude. A force d'informations, on sut qu'à une certaine heure après nlidi, il étoit entré dans Téelise de Saint- Martin : dh v courut aussitôt; mais les portes étoient fermées depuis long-temps. Après qu'on les eut fait ouvrir, on fut fort surpris de voir le serviteur de Dieu près du tombeau, dans la posture d'un homme qui sembloit avoir perdu tout usage de ses sens extérieurs. On le trouva en effet sans parole. C'étoit M. de Razilly qui lui donnoit l'hospitalité : il fut conduit chez lui ; mais à peine le reconnut-il et se connut-il lui-même, tant il étoit absorbé en Dieu. La nourriture invisible qu'il venoit de goû-

VIB DE M. OUBR.

ter dam le lieu saint , lai oublier les besoins do corps on Im proposa en vain de prendre son repas ordinaire. Ce ne fut que le lendemain qu'on le trouva revenu k lui; comme si, depuia le moçieot de sou oraimi dana l'église de Saint-Mar- Sdd «P^* «^oins sur la terre ^ue dans

n .wi» à . "^'T^' erotte et le (ombeem

CUndc thaumaturge dea Gaules, M. Olier voulut

encore visiter IVglise de Candes, petite ville de Touraine , située aux confins de l'Anjou sur. le bord de la Loire, où le saint est mort. Ce fut pout lui une très-grande consolation de répandre son ame devant Dieu, au même endroit où saint Mar-î tin avoit rendu la sienne dans un accès et un transport dWour qiîi n*« presque point d'exempie. Plus il goàtoit de plaisir à contempler tout oe qui lui rappeloit quelque trait de sa vie, quelque circonstance de sa mort, plu§ il lui en ^ cotttoit de s'en séparer*

/Xite à . ^ '"'^ * ^ ^ Touraine , pro- SanmT No- ^^^^^ ^ 1* France , moins par les beauté*

tre-Damedes qi" en fontMJu des pays les plus rians de TSurope ArdOliers. que par le riche dépôt qu'elle possède dana la ba^ silique de Saint-Martin, et les vestiges de ses pas qu'on y montre en cent endroiu différens , fut adoucie par Tespérance de retrouver, a la dis^ tance de quelques lieues, un nouvel objet propre èMtis&ire sa tendre dévotion envers la très-saiu te Vierge. Notre-Dame de Saumur, reçonunandable par le grand nombre de miracles qui s'j sont opé* rés depuis long-temps, est la première église de ' cetle ville, qu'on aperçoit en venant de. Cardes.

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