‹ Vie de M. Olier, curé de S. Sulpice, à ParisChapitre 90 sur 205 · TIE OB H. OLIER · texte numérisé non relu

TIE OB H. OLIER

iiaKIc ce voyage, ajoutèrent encore à la dévotîoîi qu'il avoit toujours, eue pour ce grand àaint Il rS^ garda même comme un des fruits de ce pèlerinage l'établissement d'un séminaire dans la ville ^e Nantes, qui le suivit de près. * ' ^

Sa piété envers la mère de la sainte Vierge ii% Jai permit pas de quitter^là Bretagne , èans visiter Téglise de Sainte-Anne d'Auray, qui n'est qua une petite journée de Vannes, autre pélerinagè' ^^y^'^^W^B^ ^^^^ ^ même province, il pàroit encore par écsits iju'il y reçut dee grftce»' éotfX^ sidérables. - . • ' ' ' ? v ttt

XVIII. N'ayant pl^is d'autres Jieux de dévotion :à visî^^ iéminuK V il revmta SlmUs you li ne dékneara ^aéië^ NantM. ' temps nécessaire poiiff- traiter avec M .' dê'Beaù-^ veau , evcque de cette ville , du projet que celui-ci avoit conçu de foncier un séminaire. Il lui promit de lui envoyer au plus t&t quelques prêtres- de ttt, compagnie danf ce dessein^ ce qui ne tarda pas* à s'effectuer. Mais ce premier e'tablissement ne fut gas de durée. Ce n'est qu'en 1728, sous l'épisOi^ pat de M,; de San^y.^ qu'il a repris la fontiè'^éè la consistance dont il jouit. H. Olier se trouvoit' trop près du monastère où quelques années au—' paravant il avoit opéré, un si heureux cbangenomt^ pour ne le p^ yisitjer de nouvjeau. U se transportair donc à la Regripière, et il eut la consplation revoir cette maison dans l'état de régularité et de ferveur où il lavoit laissée en 1642. La supfcf rieure et les religieuses n'avoient point assez d^ex^ pressions pour lui témoigner la joie que leur . causoit sa présence, et la vénération qu'elles ^onseryoienV toujours pour ^ Ëlle»

surent

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sarent {profiter de ses entretiens pour se fortifier dans Fesprit de leur vocation qu'il y avoit conim^

ressuscité autrefois , et ne négligèrent rii n pour se perfectionner dans les vertus de la vie rcli-^ ■ giense. Retraites^ oommnnicalions de leur inte* rieur , confessions extraordinaires ^ tels furent les « moyens *ju'elles employèrent avec un très-grand snccés, pour assurer leur salut de plus en plu$ sous sa direction y el par ou il s'appliqua lui-* même à les confirmer dans leurs anciennes ré« solutions.

Il ne s'éloigna d'elles que pour se rendre « xix; Paris, el voler an secours d*un de ses amis qui ,

touclioit à sa Ca. 11 tut a peine reçu la nouvelle de procure ua sa maladie > qu'il se iiàta de se mettre en route. éiablisse- H arriva assez tôt pour l'assister à la mort, et lui p,'"-^''^^ rendre tous les offices qu'inspire en pareille cir- religteuaesde constance la tendre charité d uu ami chrétien : nou- laMiiéricorveau tr^it de la Providence entre mille autres qu'il ne se laaaoit point d'admirer et de £iire admirer à se« prêtres. La donlenr que lui causa cette perte- fut bientôt soulagée par un nouvel élablissdut nt qui se forma dans sa paroisse. De l'ei&trémité de 1% France^ le souffle de FËspnt saiiit fit sortir uft essaim de bénédiction qui vint se reposer près de son église , et augmenter autour de lui le nombre des cbastes épouses du Sauveur. Le récit de.cet événem^ent demande à être repria de plus baut. La grande opinion que Ton avoit de la sain<« tetê de M. Olier, et les exemples de vertu que donnoient les prêtres de sa pommunanté*^ y avoieni attiré plusieurs ecclésiastiques d'nike éminente piété^ entre lesquels se Iruuvuit le père Wan,

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fondateur des religeuses de la Miséricorde. Cet liomme, d'une mortificalion extraordinaire , étant venu à Paris pour y établir uuc maison semblable h celles qu'il avoit fondées à Aix en Provence, et dans quelques autres villes voisines, logea d'abord à l'hôpital des Incurables ; mais à peine eut-il connu par lui-même M. Olier et les prêtres qui travailloient avec lui dans la paroisse de Saint- Sulpice, qu'il se joignit à eux, soit pour profiter des leçons de perfection qu'ils recevoieut de leur père commun, soit enfin pour avancer, de concert avec lui , la fondation pour laquelle il avoit quitté la Provence, sa patrie et son séjour ordinaire. Les obstacles qu'il rencontra le firent retourner à Aix, où M. Olier, dans son voyage d'Anneci, eut avec lui de fréquentes entrevues. La connoissance que prit celui-ci du mérite et des fruits de cet institut , augmenta le désir que lui avoit inspiré le P. Y van, pendant son séjour à la communauté de Saint-Sulpice, de voir une maison de son ordre établie dans sa paroisse. De retour à Paris , il travailla à consommer l'œuvre suspendue et presque abandonnée par le P. Y van. Le succès paroissoit d'autant plus désespéré, que le cardinal Mazarin, archevêque d'Aix , frère du cardinal premier ministre, refusoit constamment de permettre à quelques religieuses d'Aix, de venir faire la fondation de Paris. Mais elles trouvèrent dans M. OUer tout l'appui dont elles avoient besoin pour aplanir les difficultés. Aidé lui-même par M. de Mootmort, maître des Requêtes, tort zélé pour cet établissement , il profita de l'absence du cardinal archevêque d'Aix, qui venoit de faire

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un voyage à Rome , pour solliciter à la Cour ca faveur du nouvel e'tablissement. 11 en obtint tout» Le Roi et la Reine re'genle firent expédier un ordre aux religieuses d'Aix , d'envoyer quelques-unes de leurs sœurs à Paris, pour y former une communauté. Le grand-vicaire (car il n'y en a voit qu'un alors dans presque toutes les villes épiscopales) reçut en mémo temps l'ordre de délivrer toutes les permissions nécessaires, et le gouverneur de la province, celui de faciliter leur départ. Ce succès inopiné parut d'autant mieux être l'ouvrage de la divine Providence, de laquelle M. Olipr altendoit et espéroit tout, que les ordres furent expédiés au jour même de la mort du cardinal, qui s'y étoit le p|^s fortement opposé. Avant son départ pour Rome , il leur avoit dit en riant : « Vous » aurez beau faire des mouvemcns pour vous » établir à Paris , et me dire que c'est la volonté )) de Dieu, je me porte bien et je suis encore » jeune. Si vous ne devez faire votre établisse- » ment qu'après ma mort, ce ne sera pas si tôt ». Une d'entre elles avoit osé lui répondre, que « les créatures ne pouvoient empêcher l'exécu- » tion des desseins de Dieuj et qu'après tout, s'il » continuoit de s'opposer à son œuvre, il pourroit » bien dans peu de temps n'être plus en état de s'y » opposer davantage ». Etoit-celà un trait d'indiscrétion , parti d'un zèle qui peut-être ne fut ni assez assuré ni assez respectueux, ou bien une sorte d'inspiration et comme une menace du grand maître, quia compté tous nos momens? c'est ce qu'il ne nous appartient pas de décider. Quoi qu'il en soit, redevables à M. Olier du suffrage du Roi et de

son conseil , elles parlirenlàlafin de Vannée i648; et après un long voyage, où elles coururent les plus grands dangers de périr, elles arrivèrent à Paris le i de janvier suivant. M. Olier leur avoit envoyé des voilures à quelques lieues de la ville. Il les reçut lui-même dans son église, où elles se rendirent aussitôt quelles furent descendues; et ce qu'il y eut de remarquable , c est que dans le temps même où les religieuses de plusieurs couvens de Paris se voyoient contraintes , par les troubles de la guerre civile, de se disperser dans les provinces pour sauver leur vie et leur état , il eut la consolation de mettre celles-ci en possrssioà i paisible de la maison qu'elles habitent encore ' aujourd'hui, près de leglise Sain^-Sulpice. Jamais temps ne dut paroîlre moins propre que celui où l'on se trouvoit alors, à consommer une telle entreprise. L'txlrémité où la capitale éloit réduite en rendit l'cxéculion si difficile, que beaucoup d'autres eussent désespéré du succès. Il se confia en Dieu , et son espérance ne fut point confondue.

La tranquillité qui régnoit dans tout le faubourg Sacondui- S.-Gcrmain, pendant que tout étoit en désordre le durant la j^^^ autrcs quartiers de Paris , fut regardée guerrecmle. ^^^^^ f^.^i^ des oraisons de M. Olier. L'espritde subordination et de paix s'y conserva tellement, qu on n'y vit point de barricades comme ailleurs. Leshabitans de la paraisse firent voir parfeur fidélité au service du Roi , combien ils avoient su profiter des instructions de leur pasteur. En public et en particulier , il ne cejBsoitde recommander l'obéissance et la soumission la plus incorruptible à

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