LIVRE V
l'autorité du priàce^ iseiitimènt qtti He s'est point encore afFoibli dans les paroissiens de SainUSulpice, malgré le progrés qu'a £ait dans uotre siècle lesprit d'iadépeadance ; parce qu'à l'exemple di£ serviteur de Dieu , ni ses successeurs , ni les prêtres de sa communauté, n'ont sc'paré dans leur enseignement Fobéisssaace due à César de celle qui .est daeà Dieu. Ce fut principalement dans ce temps de calamité et de désolation , qu'il fit paroitre son zèle pour le maintien de la paii et la pi ospérité de TEtat, sa^^ndre charité pour lespauvres , sa comr' passioà pônr les malheureux, et toutes les vertus • qu'inspire la religion dans un fléau géne'ral. Non content d'adorer la justiee divine et .d^accepter ses arrêts; pour ûécbi^ iex^id, il 1^ iCondamna;.à faire c)iaque jour des austérités extraordinaires. Il exhorta continuellement son peuple à la péni-^ tence. Il le rassembla tous ics jours devant le tcès^ saint sacrement^ pour demander à grands cris miséiiiconde au juste juge; et souvent après avoir employé tout le jour à porter lui-jnéme des secours à ses paroissiens^ à, les instruire^ k les consoler^, -U^^^ittBS^ît^'liB^^^ .entierès en loraison .dans -son ^gÛse^ londant .en larjnes au pied du tabernacle. ' ^ • < ^ - -,
. ; liC nombre ej^cessif des pauvr^s^ q,ui croissoit 4qû^ les joups^ ne.'put iasaer sa patiqnce. Loin d'ea f^s^buter un seul ^ il ouvroit à tous son coeur et sas mains avec tant de (générosité , que plus d'une . fois on laccnsa de ne savcnr pas mettra assez de bornes «à ses aumônes, il ne ftouvoîft se refuser^ aucnile '««pèce de besoin. Pain ^ viande, bois, linge y habits ^.instrumens de travail pour les arti«
sans, tout etoit fourni à ceux que la disette avoît mis dans Timpuissance de subsister autrement , que par les soins et les efforts de la charité cln étienne. Il les faisoit visiter par les deux aumôniers des pauvres, dont il a déjà été parlé, M. Gibily, et le frère Jean de la Croix. Ces deux hommes, qui consommèrent leur vie dans l'exercice des œuvres de charité , alloient porter les secours spirituels ou temporels , partout où M. Olier ne pouvoit se transporter en personne. Outre ces visites particulières , il faisoit rechercher toutes les familles indigentes; et dans chaque tournée, la somme qui se trouvoit distribuée par ses ordres , montoit ordinairement à deux mille livres. « Jo :» l'ai vu, dit M. de Bretonvilliers, donner jusqu'à 3) cent livres à une personne seule, dont la pau- V vreté n'étoit pas connue, et qui, pour de bonnes » raisons n'osoit pas la découvrir. Frère Jean , » ajoutoit-il, m'a assuré qu'il ne refusoit per- )) sonne; et que si dans les autres temps il étoit •» libéral, dans l'hiver de 1649, q^ii fut très-rî- » goureux, on pouvoit en quelque sorte lui re- -» procher d'être prodigue )>.
Les aumônes qu'il distribua, et celles qu'y ajoutoient les paroissiens ne suffisant point aux besoins de son peuple, il se vit contraint de chercher du secours hors de Paris. La Cour étoit à Saint- Germain- en-Laye; il s'y rendit pour faire une quête, et il y alla à pied ; ce qui l'exposa beaucoup, à cause du péril extrême qu'il y avoit à sortir dô la ville, et de la quantité extraordinaire de neige qui couvroit les chemins. Dieu bénit le zèle qui • lui avoit inspiré cette résolution : il revint à sa pa-