SUR LE CRUCIFIX DE LA MÈRE AGNÈS
NOTE 922, p. 101. —M. de Lantages, dans la F'ie de la mère
(23° parlio, p. 4gnés (2), dit, au sujet du crucifix qu’elle donna à M. Olier lors-
qu’ils se séparèrent : « On le garde à présent à Saint- “Sulpice comme
» une chose d'autant plus précieuse et vénérable, qu’on sait qu'il
» a été l'instrument d’un miracle en la personne de M. Philippe,
(3) Avril, par » vicaire-général d’Aix. » Dans l’4nnée Dominicaine (3), il est
ne Dre, rapporté aussi qu’on conservait ce crucifix dans la chapelle du sé-
1684, p.60. minaire de Saint-Sulpice. M. Leschassier, quatrième supérieur de
cette maison, écrivait au Père Massoulié en 1704: « Nous conser-
(4) Lettres di- » vons le crucilix dont il est parlé dans la Vie de la mère Agnès (4). »
tt 1 be L'ouvrage de Piganiol de la Force, Description historique de la
(5) Édition de ville de Paris (5), le Dictionnaire historique de la ville de Pa-
der, in-42, t. vit, ris, par Hurtaud et Magny (6), rendent le même témoignage. On
è (8) In-8v, 4779, l'a, en effet, conservé au séminaire de Saint-Sulpice jusqu’au temps
1.1v, p. 623. de la Révolution, où la personne qui l’avait reçu en dépôt, n’en
connaissant pas la valeur, le vendit à vil prix en raison du travail
et de la matière. M. Emery, neuvième supérieur du séminaire, fut
inconsolable de cette perte. On y conserve néanmoins un autre
crucifix de la mère Agnès, enchâssé dans un reliquaire, et qui fut
envoyé à M. de Bretonvilliers par les religieuses de Langeac.
C’est le même que celui dont il est parlé aux chap. XII et XIII de
la Ille partie de la Vie de la mère Agnès (ancienne édition),
comme l’attestèrent toutes les religieuses de ce monastère, dans
un acte qu’elles dressèrent à cet effet: on le conservait autrefois
no dd dans la chapelle de Notre-Dame-de-Lorette , à Issy (7). Ce cru-
M. de Bretonvit- Cifix est aujourd’hui au séminaire, mais il est difficile de le distin-
EH ‘ Milun. guer d’un autre parfaitement semblable, et qu’on croit aussi avoir Éd appartenu à la mère Agnès.
NOTE 93, p. 102. — 11 paraît que cette manière de parler à Dieu : Votre servante ne bougera pas d'ici, était assez ordinaire‘à
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cette sainte fille dans les occasions où elle voulait absolument obtenir de Dieu ce qu'elle désirait : « Notre-Seigneur lui ayant ac- » cordé un jour quelques grâces extérieures qui pouvaient don- » ner beaucoup d'éclat à sa vertu, elle se jeta par terre dans le » jardin du couvent, et se mit à crier de toutes ses forces : Mon » Epoux, je ne veux point de ces croix de dehors ; ôtez-les-moi, » mon Ami, s’il vous plaît; point de croix visibles. non, non, » je n’en veux point... et je ne bougerai pas d'ici que vous ne
» m’ayez Ôté ces croix. » On ajoute qu’elle fut exaucée après celte prière (1).
NOTE 924, p. 106. — Cette écuelle n’est que de faïence commune, elle est parsemée de fleurs et d'oiseaux grossièrement peints sur un fond bleu de ciel. Jusqu'à ce jour elle a été préservée de toute fracture. Il est vrai qu’on se contente de la montrer avec beaucoup de précaution aux pèlerins, et qu’il n’y à guère que l’évêque du diocèse et les ecclésiastiques de Saint- Sulpice à qui l’on offre de prendre quelque chose dans cette écuelle, comme il se pratique en divers lieux de dévotion où l’on conserve de semblables objets.
@) L'admirable Vie de sœur Agnès, 1, Ms.
M. Olier prend lc Père de Condren pour son directeur,
(1) Attestations authentiques, p.
(2) WMromoires ant, de M, Olier, {.1.p. 37,
LE PÈRE DE CONDREN, GÉNÉRAL DE L’ORATOIRE, EST DESTINÉ PAR LA PROVIDENCE POUR AGHEVER EN M. OLIER L'ŒUVRE COMMENGÉE PAR LA MÈRE AGNÈS.
Quoique la mère Agnès eùt écrit au Père de Condren de prendre M. Olier sous sa conduite (1), celui-ci s’adressa néanmoins encore à saint Vincent de Paul le reste de l’année 1634 et pendant une partie de l’année suivante. Peut-être ignorait-ii le sujet de cette lettre, ou, s’il en était instruit, attendait-il, pour se priver de celui qui avait été jusque là son conseil et sa lumière, un signe manifeste et un ordre exprès du Ciel. Quoi qu’il en soit, étant alors tourmenté de peines intérieures les plus accablantes qu'il eût jamais éprouvées, et ne trouvant aucun soulagement dans les avis de saint Vincent de Paul, il prit le parti de vaquer aux exercices d’une retraite spirituelle, et ce fut durant cette retraite qu’ilconnut enfin le dessein de la Providence, par une parole intérieure si forte et si puissante, qu’il ne put s’empècher de la regarder comme un ordre de Dieu (2). Cette parole fit sur lui une impression extraordinaire ; et, après même la mort du Père de Condren, il n’en parlait qu'avec une vive émotion. «O mon Tout, dit-il, le trvai-je ce mot qui me saisit » et me perce le cœur de r iaissance, même à pré- » sent? Pourrai-je le taire, source inépuisable de bonté, » miséricorde sans pareille ? Lorsqu’en cette retraite, où » j'étais encore affligé d’une faute que je croyais m'avoir » perdu, tout d’un coup une voix, comme celle d'un
CA
maitre puissant, me dit : Le Pere de Condren te mettra