‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S.-Sulpice [microforme] (volume 2)Chapitre 115 sur 251 · L. M. Olier chercha, parmi les membres de la Conférence · texte numérisé non relu

L. M. Olier chercha, parmi les membres de la Conférence

Ps nr de Saint-Lazare, des coopérateurs pour le seconder dans

gne, malgré les ses nouvelles missions, et parvint, non sans difficulté, à famille, Un composer sa petite troupe. Saint Vincent de Paul lui donna uns An encore, pour l'aider, plusieurs de ses ecclésiastiques (1), aut, p. 48. — dont l’un, probablement M. Portail (2), le plus ancien (3) ur Lis et le plus considérable de tous, après le saint fondateur, Peut, ant devait être regardé comme le supérieur de ces missions, + de dE à cause de son âge et de sa longue expérience (4). Les pa-

royaume, section rents de M. Olier étaient occupés alors du mariage de son

hist . M, . . D] A LA ° © À Catalogue, fol, 1, frère aîné avec Marie Roger, fille de Nicolas Koger, cham-

(4) Vie Ms. de : G Aioic LE A 4 .\ M. Olier, par M. bellan de la reine Marie de Médicis (5). Ils avaient négocié

DRRssRr p.9. longtemps cette affaire, à la conclusion de laquelle ils met- — Analyse du à À re A cahier,parleme- taient tous une grande importance ; et c'était à M. Olier me, p. 35.

(5) Les Généa- QU'ils en devaient l’heureuse issue, malgré leurs procédés

dogies des Mai- : + : :

tresdesrequétes, à SON égard *. Quand il eut pris toutes ses mesures pour

RE son voyage, rien ne put l’arrêter à Paris : on le pressa en La Noblesse, t. x. Vain de retarder un peu son départ, pour assister à la célé- 19 TE PP: bration du mariage, qui devait se faire au premier jour (6). da M. «Je me contentai d'assister aux articles du contrat, dit-il, ro » et je partis la veille mème des noces (7). » Ses parents

(7 Mém. aut, et surtout sa mère, déjà si hautement prononcés contre et cette vie pauvre et apostolique, lui firent essuyer, dans cette rencontre, tout le ressentiment de leur orgueil humi-

lié; car ils ne pouvaient souffrir qu'il allât prècher les pau-

vres de la campagne, ministère qui leur paraissait beau-

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SECONDE MISSION D'AUVERGNE. 157 coup au-dessous de la condition d’un homme qui venait de refuser l’épiscopat. « Le jour que je partis pour l’Au- » vergne, ajoute-t-il , ayant été maltraité de ma mère, à » cause de nos emplois , je m'en allai à mon ordinaire à » Notre-Dame pour prendre congé de la sainte Vierge. Dès

'OIENT » que je fus devant son image, je lui dis qu’elle était ma NS. » vraie mère, et qu'il lui plût de me donner sa sainte » bénédiction ; et il me semble qu’elle me reçut avec beau- » Coup de caresses, et qu’elle me confirma dans cette con-

rence » fiance. Ayant pris sa bénédiction, je me mis en voyage dans » (après le Carème (1), et au mois d’avril 1636), accompa- (4 4betty. Ms. alté, à » gnant à cheval messieurs de la Mission, qui étaient dans """"‘"*P donna » le coche, et je fis dix à onze journées entières sans avoir es (1), » une heure de pluie ni même de soleil, en étant toujours en (3) » défendu par les nuages. Il est vrai qu'après avoir recu la ateur, » bénédiction de cette bonne mère avant que de sortir de An sions, | » Paris, jamais je ne recois de disgrâce, tout va très-heu- au. de AR Ôtier, es pa- » reusement, tout me réussit ; mais je n’avais pas coutume 1 ue. — Pie deson. à » de faire de si longs voyages à cheval, et pour cela elle 47%; Olier, par cham- » me secourut beaucoup dans cette rencontre (2). » liers, 1.1, p. 484. égocié Les ouvriers apostoliques, étant heureusement arrivés, IL s met- commencèrent la première mission dans l’Église d’un dr G .Olier , prieuré, dépendant de l’abbaye de Pébrac, au diocèse de

océdés ‘ Clermont, appelé Saint-[lpise ; c'était le dimanche de l’ocs pour tave de l’Ascension, au mois de mai 1636. « Jour bienheu- SSa en » reux, dit M. Olier, où Notre-Seigneur, selon ce qui est

a vie: » écrit, fit de gronds dons aux hommes ; car il versa de telles ur (6). » bénédictions sur nos travaux, que nous pouvions bien

dit-il, » dire : Ze doigt de Dieu est là ; et même nous vimes se

Laronts » vérifier la prédiction de cette sainte fille, qui m'avait dit

contre » avoir vu Notrè-Seigneur versant de grandes grâces sur

, dans » les peuples de cette province; elles seraient quasi in-

tiumi » croyables, s’il n’y avait encore aujourd’hui beaucoup de

+S pau- » paroisses entières qui en ont été témoins. Les peuples

TT » accouraient à la mission de sept ou huit lieues ; ils pas-

190, » saient les nuits dans l’église, couchaient même sur le

4) Mém, aut, A : R , !

+ d Olert 1, » seuil de la porte, et attendaient jusqu’à trois ou quatre

Day lier, he » jours consécutifs avant de pouvoir se confesser; c’étaient

M. de Bretonvil- ; nor , Retro in des foules incroyables * (1).

0 Fees M: M. Olier faisait les prédications les plus importantes (2), 1er, CR CE . , A CR" p. 454.— M. Pa Qui étaient toujours suivies d’un grand nombre de conver-

rh let à sions. « Je prêchais surtout, dit-il, le respect dù au très-saint pag. 465, » Sacrement, et la dévotion à la très-sainte Vierge, avec » abondance de vives lumières et beaucoup d'affection ,

» ce qui laissait toujours dans les âmes des effets extraor-

» dinaires de grâce. La parole de Dieu prenait tant d’ascen-

(3) Mém. aut, » dant sur ces bons peuples, qu’ils se seraient jetés ans de M: Olier, 41,5 une fournaise ardente à la parole des missionmires (3).

IL. » Je me souviens que, devant prècher, je me préparais cn Grâces que re- . É2, 58 > çoit M. Olier » priant ; et mon plus grand secours était d’aller me prére ces Mis- » senter au très-saint Sacrement, pour recevoir la béné- (& Pie de M.» diction de mon maitre (4); car, dans ce moment, je resoi M. | 4 À :

biere » sentais une onction qui embaumait mon âme, et la for- D 48 49% » tifiait pour annoncer cette sainte parole. Après la prédi- ? , L4 . Q » cation, je me sentais plus fort et plus robuste qu’aupa- » ravant, selon l’assurance que j'avais eue dans ma der- » nière retraite, que Dieu voulait se servir de moi pour la (5) Mém. aut, » prédication, malgré l’état précédent de ma santé (5). EndeM-olee ie y tre autres grâces que je reçus dans cette mission de po rar » Saint-Ilpise, je parle de celles que je reçus pour moi, car caine, ete. — Re- » celles qui 1 ent do $ es autr mme de es de. R Iles qui me furent données pour les autres, co d rques histori- r Le quest, p.464, » Catéchiser, de prècher, d’exhorter sur-le-champ et sans —Vi li , : . . ! ‘ nr le Pêre Girg » Préparation, de voir les peuples vivement émus jeter des PES “tr Vi, » larmes en abondance, et donner mille autres témoignages eut, pe Ur tas à .

» de dévotion particulière, ces grâces sont en grand nom- » bre, et je ne saurais m’en souvenir. Je parle de celles » que la bonté de Dieu me fit pour moi-même : le jour de » la Pentecôte, qui suivit notre arrivée, voulant le soir me » reposer, après le travail de la fête, et me mettre au lit,

» je me sentis porté à faire quelque prière. A l'heure J queiq

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SECONDE MISSION D'AUVERGNE. 159 » même j'éprouvai un assaut d'amour si violent, que, ne n pouvant le soutenir, je fus obligé de me jeter par terre, » ot là, je ne pouvais que prononcer ces mots : Amour, » amour, amour, je meurs, je ne puis soutenir celte flamme. » Je me souviens que j'étais auprès d’un des ecclésiasti- » ques de notre mission, que j'avais amené faute d’autre, » quoiqu'il ne fût pas tel que je l’aurais désiré, et qui me » contraignit même de le renvoyer dès la fin de la pre- » mière mission ; car il n’était pas du corps de ces bons » Pères (que nous avait donnés M. Vincent) (1). Comme (+) M. F'aten- » je ne pouvais me contraindre dans cet état, non plus auf, "488 » qu'apaiser la violence du sentiment qui s’échappait au- 5 4 "pre » dehors malgré moi, ni même me transporter ailleurs, il D Ut » m'entendit: j'eusse bien désiré qu'au moins il connût » par là les délices et les caresses qu’on trouve au service » de Dieu, et que les plaisirs sensibles et grossiers de la » terre sont bien fades et dégoûtants auprès de ceux que » Dieu fait sentir à l'âme qu’il visite (2). » Ce fut durant («) Zoid. t. 1, cette mission, que M. Olier commença à éprouver ces effets Lee extraordinaires de l'amour divin. Au lieu d’en tirer, pour fau l°: lui-même, quelque sentiment de complaisance, il s’en humilia depuis, comme d’une marque de faiblesse et d’imperfection, « J'étais trop friand de ces caresses, disait-il dans » la suite, et Dixu, sans doute pour s’abaisser jusqu’à mon » infirmité, m’accordait ces petites douceurs, quoiqu’elles » me fussent contraires ; comme une mère, pour apaiser » son enfant qui crie après du sucre, lui accorde par bonté

» cette friandise, bien que nuisible à sa santé (3). » RU ee La conduite de M. Olier, durant la mission de Saint-Ipise, IV.

; . . Vie apostoline se ressentait pas cependant de la faiblesse dont il s’ac- que de *i Olier

euse ici ; elle était au contraire le motif de conversion et de durant ses missanctification le plus persuasif et le plus entraînant pour “"*

ces bons peuples, et tout à la fois un exemple frappant de

zèle apostolique, bien propre à animer celui de ses coopé-

ateurs, L'un d'eux, M. de Béget, qui fut dans la suite

doyen de la cathédrale du Puy, et qui avait voulu partager les travaux de cette mission, lui a rendu ce témoignage dans un écrit signé de sa main, le 25 novembre 1658. « Ceux qui ont eu le bien de connaître particulièrement » feu M. l’abbé Olier, d’heureuse mémoire, et de converser » familièrement avec lui, ont reconnu, dans sa personne, » un assemblage des plus rares et signalées vertus qui » perfectionnent une sainte âme ; et comme l’humilité est » le fondement de toutes les autres, et celle qui les attire » après elle, on l’a reconnue en lui dans une haute per- » fection. L’ayant accompagné dans la mission qu’il fit à » Saint-Ilpise, je déclare qu’il choisit pour lui la plus » mauvaise chambre de la maison où logeaient les mis- » sionnaires ; elle était située immédiatement sous le toit, » et il n’y en avait point de si mal meublée. Pendant les » repas, qu’on prenait toujours en commun, il faisait lui- » même la lecture d’un chapitre du nouveau Testament, » debout et tête nue, se contentant de prendre ensuite » quelque chose de ce qui restait sur la table. Après la » prière d’actions de grâces, et lorsque les autres prêtres » de la mission se délassaient entre eux, il rassemblait » les pauvres du lieu, et leur faisait à chacun une aumône : » ce qui arrivait tous les jours immédiatement après le » diner : c'était le moyen qu’il employait pour les dispo- Pre AR » ser plus favorablement au catéchisme qui suivait d’ortog ph. p. 469, » dinaire cette aumône générale. Enfin, après avoir récité

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