PÈLERINAGE DE NOTRE-DAME-DE-BON-SECOURS A TOURNON
NOTE 7, p.185. — Il existait autrefois dans les rues de Tournon un grand nombre de statues de la sainte Vierge, que la piété des habitants y avait placées en signe d’opposition au calvinisme, ou en reconnaissance de diverses grâces signalées obtenues par l’intercession de Marie. On voit encore aujourd’hui dans cette ville plusieurs images vénérées, et dont les noms semblent indiquer l’occasion de leur origine, telles que Notre-Dame-de-Bonne-Rencontre, Notre-Dame-de-Délivrande, ete. Celle que M. Olier alla honorer à Tonrnon était désignée, comme il nous l’apprend, sous
DU LIVRE CINQUIÈME. 193 le titre de Nofre- Dame-de-Bon-Secours (1). D'après des informa- (# Wém. ant.
aussitôt tions récentes, puisées sur les lieux, on ne peut pas douter qu'il fe Te SU ROUE wait voulu parler de l'Oratoire de Votre. Dame-de-Bon-Secours, ‘ ds Les qu’on a vu jusqu’à ces derniers temps sur la porte appelée de ” sn Doux, du nom d’une petite rivière qui baigne ce quartier de la
andit ville. Sur cette porte était an enfoncement, en forme de voûte Shen gothique, ouvert du côté de la ville, et dans le tympan duquel
LA jose on voyait un tableau représentant la très-sainte Vierge, honorée ouva se sous le titre de Nofre-Dame-de-Bon-Secours. Cet Oratoire était L En en grande vénération dans le pays; les fidèles allaient y prier la nl fréquemment ; on y faisait des neuvaines; plusieurs malades y ras recouvraient la santé; et les habitants le nommaient même leur e qu'on Sauvegarde. Depuis un temps immémorial la procession des CT Rogations Y faisait une station chaque année 3 et ce jour-là l'Oral'évêque toire était orné, ainsi qu’aux fêtes de la très-sainte Vierge. On
1684 y faisait aussi une station le jour du Vendredi-Saint. pe 4 La porte de Doux et l’Oratoire ayant été démolis dans ces der-
. niers temps , l'ancien tableau de Notre -Dame-de-Bon-Secours a di été déposé dans une maison voisine ; et chaque année on l’ex- Rae pose à la piété des Fidèles, le jour où la procession des Rogations SE vient encore dans ce lieu faire sa station selon l’ancien usage. Ce : PEUrS tableau, de la hauteur d'environ un mètre et demi, et à ceintre DENES surbaissé, représente la très-sainte Vierge, assise sur des nuages, dus tenant l’enfant JÉsus sur ses genoux. Les habitants du quartier
de Tou de Doux ont vivement regretté la suppression de l’Oratoire de Notre-Dame-de-Bon-Secours; et tout porte à croire qu’ils s’ef-
tographe forceront de rétablir parmi eux ce monument de la piété de leurs & rs ancètres.
P, Paul 3 ons pr'é- NOTE 8, p. 488. — M. du Ferrier s'exprime ainsi sur sa ree, in-4v, F traite à Champ-Dolent, au printemps de l'année 1638. « J'étais 4 » alors, pour me servir de l’expression de saint Jacques, vêr du- À » plex animo, ou, comme dit le prophète, avis discolor, un JRNON, \ » oiseau de deux couleurs, voulant servir DIEU sans renoncer au Tournon hi » monde. Après avoir employé la matinée à l'étude et à quelques piété des : » courtes prières, j'allais diner, par l'ordre de mon oncle (grand isme, ou : » maître de Malte), chez M. l'abbé de Saint-Vincent, agent du par l'in- te » clergé. Il tenait table ouverte ; et comme elle était fort exquise, ette ville Li » le grand monde, la Cour et les prélats ÿ venaient. L'après-diner indiquer F » était employé à jouer aux échecs, au trictrac et aux quilles, et nne-Ren- » cela passait pour des divertissements permis aux ecclésiastiques, Olier alla Fa » parce qu’on ne jouait pas aux cartes. On allait à la promenade, nd. sous ’ » où apprendre les nouvelles du jour. La bonié de Dieu donna
19% NÔTES DU LIVRE CINQUIÈME
v au Père de Condren la pensée de me retirer de Paris, et de » me faire sortir de ce mauvais état. Il fut d'avis que M. de Bas- » sancourt et M. Amelow me menassent à Champ-Dolent, en » Saintonge, pour y passer l’été, et que je m’y préparasse à dire » ma première Messe. M. l'abbé de Séry était venu avec nous. » M. Amelote, homme pieux et savant, me dirigea dans cette re-
» traite, me donnant à lire et à méditer le XXIe chapitre du Lé- M. » vitique, et l'Épître aux Hébreux ; et nous vivions dans un grand » repos, partageant le temps entre l’oraison, le saint Office, l'étude » et la récréation.
» Cette retraite me fut très-utile, et me fit gémir sur la perte » de tant de journées, que j'avais si mal employées jusqu’alors ; » et elle servit à me faire apercevoir les misérables attaches de les + mon cœur. Le jour de saint Marc, venant en Saintonge, nous no » couchâmes à Saint-Jean-d’Angéli; un nous servit au dessert 6 » du fromage et plusieurs assiettes de confitures, n’y ayant point m » de fruits en cette saison. Mes trois amis, mortifiés et sobres, se (a: » contentèrent d’un peu de fromage, moi au contraire, accoutumé » d » à donner à mes sens tout ce qu’ils demandaient, je ne mangeai » j » que des confitures, les sollicitant d’en faire de même ; ais ils dt » n’y touchèrent point. Nous étant couchés, les prières de ces De
» trois serviteurs de Dieu, que j'avais scandalisés, obtinrent de
(1) Mémoires de » la miséricorde divine que cette nuit même mes yeux furent ou- » à + sa »» verts; et que, reconnaissant alors ma gourmandise passée, je
Geneviève, p. 42, » Commençai à la détester, et fis résolution de mépriser, à l’ave-
43 et suiv. Bibl. » nir, ce qui flatterait mes sens. J’observe ceci, pour faire voir
royale, p. 45, 46 :
et ee » 46, l'avantage de l'exemple des personnes mortifiées (4). »
LS
et de e Bas-
it, en à dire nous.
te redu Légrand l'étude
perte alors ; hes de , Nous dessert t point res, Se utumé \angeai rais ils de ces rent de ent ousée, je
l’'avere voir
M. OLIER ENTREPREND LA RÉFORME DE LA RÉGRIPPIÈRE; IL SE RETIRE AU MONASTÈRE DE LA VISITATION, A NANTES, POUR Y RÉTABLIR SA SANTÉ. MISSIONS DIVERSES.
M. Olier étant revenu à Paris, y fit, au mois de juillet, I
: : CE M. Olier part les exercices de la retraite spirituelle pour se préparer à de pour la Mroté-
nouvelles missions ; et, après sa retraite, on lui proposa en gne,etse rend à même temps d'aller exercer son zèle dans deux provinces. l* Régrippière. « Etant fort en peine, dit-il, à cause de l’absence de mon
» directeur, je me mis en prière pour consulter DrEu, et
» je me sentis puissamment porté à partir pour la Bre- FA HÈR » tagne (1). Peu de temps auparavant, j'avais té tout pé- Giry, partie 4, » nétré de la nécessité de plaire à Dieu dans toutes mes ns pre » actions; et cette grâce fut si forte, que j’en ressens encore + UD: e » maintenant les effets (2).» M. Olier partit donc pour la G ARE el ve Bretagne, et se rendit à son prieuré de Clisson. Il se pro- p. 42 ‘ ” posait d’aller joindre de là M. Meyster, qui prèchait des missions en Saintonge (3), lorsqu'un fort rhume l’en em- de M. du Ferrier pêcha, et l’obligea de s’arrèter quelque temps à Clisson. PS
mA 69. — Ms. Bibl.
Il y fit de nouveau pour lui-même les exercices de la re-} nu ot
traite spirituelle, se rendant fréquemment dans la chapelle ne de Notre-Dame-de-Toute-Joie*, pèlerinage voisin de son 6.7"! P: prieuré, où la très-sainte Vierge semblait prendre plaisir à a) Mémoires
é TAN : aut. de M. Olier le combler de consolations {#) ; et profita aussi de ce temps tn p. 451 LV
de convalescence pour faire quelques entretiens aux ec- .. oe res aut.
clésiastiques du pays (5). de M. Olier, p.
Pendant qu’il rétablissait ainsi sa santé, il apprit que, 7e à deux lieues delà, il y avait un prieuré de religieuses de l'ordre de Fontevrault, appelé la Régrippière, où le relâchement et l'esprit du monde avaient introduit, outre des divisions étranges, tous les abus qu’entraîne dans une
(1) Mémoires de M. du Ferrier, p. 441, — Wie de M, Olier, par le Père Giry, partie re, chap, 11.
(@) Vie Ms. de M, Olier, par M.
deBrelonvilliers, 1.1, p. 328.
(3) Ibid, pag.
communauté la perte de l’espritintérieur (1). Il s’y rendit, poussé par un mouvement de zèle ;et, sans se faire connaitre, il y demanda l’hospitalité pour luiet pour un missionnaire qui l’accompagnait ; c'était le 20 juillet 1638. Une espèce de maladie épidémique faisait alors berucoup de ravages dans plusieurs cantons de la province ; ‘es religieuses, le prenant pour un homme qui fuyait la contagion, et craignant elles-mêmes de la contracter, lui refusérent une retraite. Loin de se plaindre de ce traitement, l’humble disciple de Jésus-Canisr y trouva un nouvel encouragement à son généreux dessein ; et, sans retourner sur ses pas, ilexamina si, dans les cours qu’il avait traversées pour arriver à la porte du cloître, il ne rencontrerait pas quelque couvert pour passer la nuit. Il aperçut dans la basse-cour une masure qui servait de poulailler, et il y entra, espérant qu’au moins on lui permettrait de partager ce triste réduit avec les animaux confiés aux valets de la maison. Les valets, par respect sans doute pour l’habit et la personne d’un prètre, n’osèrent en effet le contraindre d’en sortir, et il y demeura en paix, attendant les moments du Seigneur (2).
La tranquillité avec laquelle il venait de supporter le refus qu’on lui avait fait essuyer, la charité qu’on admira dans tous ses discours, la modestie et 1» religion qu'il faisait paraître dans ses prières, ne tardèrent pas à lui concilier beaucoup de respect de la part des personnes qui occupaient les dehors de la maison. L'opinion que l’on conçut de sa grande piété ayant pénétré dans l’intérieur du monastère, on l’invita à recevoir, dans le bâtiment des étrangers, un logement plus convenable; mais quelque instance qu’on lui fit, sa réponse fut toujours que sa petite loge était tout ce qu’il lui fallait (3). Un magistrat, président de la justice d’une ville voisine, qui se trouvait sur les lieux, ayant entendu parler de cet hôte inconnu, fut Curieux de le voir. C'était une circonstance ménagée par la
j 'REMIÉ SSION DE LA RÉGRIPPIÈRE. ( endit, PREMIÈRE MISSION DE LA RÉGRIPPIERE 197
nnai- bonté divine, pour préparer le succès de la démarche ssion- qu’elle avait inspirée à son serviteur : le président, partine es- culièrement lié avec la famille de M. Olier, dès qu’il l’eut up de vu, n’eut rien de plus pressé que de le faire connaître aux ; reli- religieuses qui l’avaient d’abord si mal accueilli ; et, plus il conta- leur témoigna combien il était recommandable par sa | refu- naissance, sa vertu et ses autres qualités personnelles, ment. plus elles parurent affligées de ce qui s'Ÿtait passé. Inconnirvol solables de leur méprise, elles se hâtèrent de la réparer, jurner en lui donnant aussitôt toutes les marques d'honneur et it tra- d’estime dues à un homme de ce mérite ; et,après lui avoir ontre- fait porter des excuses proportionnées à la faute qu’elles se pereut reprochaient, elles le pressèrent d’entrer dans l’hospice lailler, pour y occuper le plus honnète appartement. rait de La conduite de M. Olier, dans cette occasion, paraîtra 1. j aux tenir trop de la singularité pour être universellement ap- a op
doute { plaudie; mais combien de traits plus singuliers dans les religieuses. 11 n effet Saints de tous les siècles ? Il remercia, avec son affabilité un ds atten- ordinaire, celles qui étaient venues de la part du couvent
à lui offrir une chambre, et répondit bien autrement qu’on
rter le \ ne s’y attendait. « Après que Jésus-CHrisr, mon maître, admira à » leur dit-il, a voulu naître dans une étable, et demeurer vil fai- 4 » si longtemps dans une crèche, il ne serait pas raisonnaconci- É » ble que je sortisse si promptement d’un lieu où je me es qui É » trouve si bien. » De nouvelles instances ayant été eme l’on Le ployées en vain, les religieuses, aussi confuses que surieur du Ée prises de sa persévérance, ordonnèrent qu’au moins on ent des { eûtsoin de tenir les animaux de la basse-cour éloignés du juelque ï misérable asile que ce vertueux hôte voulait de préféa petite Fi rence occuper jusqu’à la fin. « Non, répondit-il agréable- , prési- à » ment, ces pauvres hêtes qui m'ont si bien recu ne
aitsué » méritent pas d'êtres chassées; et si la voix du coq a pu : nu, fut » convertir le prince des Apôtres, je ne désespère pas que ,/" eat
: rer M. de Bretonvile par la » DIEU ne se serve du même moyen POUE:ODS er enfin ma to » conversion. » Il fallut se rendre à sa prière (1). 312,
(4) Wie du méme, par le Père Giry, parle tre, chap. 11, — Ibid, p. 515,
(2) Mém. aut.
de M. Olier,t.1, p. 442, 443, 444,
Une humilité si profonde ne tarda pas à porter son fruit. Dès le lendemain du jour qui suivit ce combat d’honnèêteté (1), quelques-unes des religieuses désirèrent fortement de s’entretenir avec M. Olier. « La plus vaine » de la maison, dit-il lui-même, voulut me voir par curio- » sité, C'était une âme qui marchandait avec Du, et lui » demandait trois ans de terme pour sa conversion ; assez » jeune, et très-bien faite de corps et d'esprit, elle était » visitée sans cesse par la noblesse du pays; c’était le coq » de la vanité de la maison et de toute la province. En » venant me parler, elle passa par l’église du monastère, » où elle sentit dès-lors que l’heure de sa conversion était » venue; et, en me voyant, il lui sembla voir Monseigneur » de Genève, comme elle me l’avoua, durant la retraite » qu’elle fit ensuite. Elle fut en effet si fortement touchée, » qu’elle résolut à l’instant de se convertir; elle alla même » trouver la supérieure, et lui dit : Voici mon apôtre, il » faut que je me rende, je ne tarderai plus. Notre bon Mai- » tre voulut que, après cela, on me priât de prêcher pour » le lendemain 22 juillet. Je le fis, et ce divin Sauveur » donna tant de bénédiction et de force à mes paroles, que » non-seulement cette religieuse, mais plusieurs autres se » résolurent à faire leur confession générale et la retraite » de dix jours : ce dont elles n’avaient jamais eu la pen- » sée. J'étais encore tout pénétré du sentiment qui, peu » auparavant, avait fait une si vive impression sur moi, » c’est-à-dire, que je devais plaire à Dieu dans mes actions ; » et, prêchant à ces religieuses, je prononçai deux ou trois » fois ces paroles : plaire à Dieu. Cela toucha si vivement » les cœurs, que, dans cette maison, où auparavant l’on » n’entendait que des chansons du monde et des nouvelles » de gazettes, on n’entendit plus répéter que ces mots : » plaire à DIEU (2). »
De quarante qu’elles étaient, M. Olier en gagna quetorze, qui formèrent ensemble et dans un concert parfait
le « mè tra de qui tro!
de née le j » P » € » @ » q pas con dép intl de « me le ] des giet de 1 vit «M » V » j’
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là quaparfait
PREMIÈRE MISSION DE LA RÉGRIPPIÈRE. 199 le dessein de vivre en véritables religieuses. Ce fut le jour même de sainte Madeleine ; elles commencèrent leur retraite de dix jours le lendemain et la terminèrent le jour de saint Pierre-aux-Liens, 1° du mois d'août. M. Olier, qui honorait sainte Madeleine et saint Pierre, comme patrons et modèles des âmes pénitentes, ne put s'empêcher de remarquer cet heureux rapprochement. Ecrivant, l’année suivante, à l’une de ces religieuses, et lui rappelant le jour de saint Pierre-aux-Liens : « Il y aura un an, jour » pour jour, lui dit-il, que le Ciel vous délivra de vos » chaines. Je serai, s’il plait à Div, fidèle à l’en remercier ; » et je le prierai qu’il vous dégage de mille menues choses » qui empêchent la parfaite union avec Dieu (1). » Il n’eut ) Lettres ut. pas de peine à ramener ces quatorze religieuses à la vie 35. Fa commune, jusqu'alors bannie de cette maison, et à les dépouiller de tout esprit de propriété, vice qui, une fois introduit dans un monastère, en fait toujours une maison de dissipation, souvent même de désordre (2). Un change- où Wie Ah ment si inespéré produisit une grande sensation dans tout Bretonvilliers, \ le pays; et autant les gens de bien avaient été alarmés A h Poire
$ SC: ns : ° li- part 4, chap.
des scandales que donnaient depuis longtemps ces reli- PR", HE
gieuses, autant furent-ils consolés de ce commencement PE de réforme qu’y introduisit le zèle de M. Olier. Il en écri- 465. vit en ces termes au Père de Condren, le 26 août suivant :
« Mon très-honoré Père, après avoir été longtemps sans
» vous parler des succès de l’Evangile, je vous dirai que
» j’ai reconnu plus que jamais la puissance de Dieu sur
» les cœurs. Nous avons vu, ces jours passés, des conver-
» sions éclatantes s’opérer par les exhortations de ce ché-
» tif prédicateur, qui ne sait monter en chaire que pour
» faire rougir l'Evangile ; c’est pourtant avec un tel in-
» strument que Dieu a opéré les merveilles que je vous
» raconterai, à loisir. Nous nous trouvâmes appelés au
» village nommé la Régrippière, où il y a un prieuré de
» Fontevrault. Après quelques rebuts ordinaires à notre
» condition, nos exhortations furent reçues si heureuse. la
» ment des religieuses et du peuple, que chacun était ut me
» forcé de dire : Je suis vaincu, je me rends : nous que
» vimes des effets prodigieux de la puissance de Dieu sur dre:
» les âmes. De la Régrippière nous sommes venus à Nan- M.f
» tes, où nous attendons M. Vialar et M. Basseline + pour avez ere » les mettre un peu en train et leur faire voir ce que moi CAT » c’est que la mission (1). » nuit il, La joie de M. Olier fut augmentée encore par l’heureuse surti Pr y nouvelle qu’il apprit, et qui fit naître la plus vive allé- dign part que M. gresse dans tous les cœurs. Depuis longtemps la France Non Olier y prend: gémissait sur la stérilité de la Reine : Louis XIII et Anne à so d’Autriche, après vingt-trois ans de mariage, n’avaient Loui
point encore eu d’enfants, et le duc d'Orléans frère du » Di
Roi n’avait qu’une fille. De tous côtés l’on adressait à Dieu » M
des vœux et des prières, lorsqu’enfin la grossesse de la p ra vofueres dela Reine se déclara, et le 5 septembre 1638, à onze heures » qu Ps es du matin, cette princesse mit au monde un Dauphin, de- »Dn 1 LP Ad puis Louis XIV, regardé généralement comme un enfant | » qu Ma. in-4, p. 493, de miracle, et surnommé pour cela Dieudonné (2). » sa La reconnaissance de M. Olier fut proportionnée à l’ar- » Fr
deur et à la générosité avec lesquelles il avait demandé à M
Du un si heureux événement. Il ne l’avait pas seule- | grip
ment sollicité par des prières ferventes, il avait encore tong
offert, pendant longtemps, tout ce que son amour pour la | Ne niC
C’est ce qu’on doit conclure d’une réponse assez remar- 4 d'aff quable que l’un de ses prêtres fit dans la suite au Roi lui- de Le mème. M. Picoté, c'était le nom de cet ecclésiastique, tra- l'ob versait un jour la cour du Louvre, en revenant de visiter | noi » to » Nil M ne
} | | pénitence lui inspirait d’austérités et de mortifications. dé |
De Do EG
+ Il paraît que M. Basseline, dont parle ici M. Olier, est le même qui fut établi vice-gérent et second official de Châlons, par M. Vialar lorsque celui-ci eut été promu au siége de cette ville. Vie de M. Bour- : » ch doise, manusc, in-4o, pag. 566, À » le
reuse 1 était nous EU su à Nan-
pour € que
reuse b allé- France
Anne ivaient ère du à DIEU > de la heures in, deenfant
à l’arandé à seuleencore pour la ations.
remar- Roi lui- 1e, travisiter
le mème M. Vialaur HW. Bour-
NAISSANCE DE LOUIS XIV, 201 la Reine-mère : le jeune Roi, qui l’apereut, le fit appeler, et se recommanda à ses prières, sachant la haute estime que la Heine avait de sa vertu. Mais pour faire comprendre au Roi que cette recommandation n'était pas nécessaire, M, Picoté lui répondit avec simplicité : Sûre, vous nous avez coûté bien des coups de discipline à M. Olier et à moi ({), Après la naissance de ce prince, M. Olier conti- (1) #re ve M, nua en effet de prier pour lui, et il demandait à Dreu que par p surtout on lui inspirât de bonne heure des sentiments dignes d'un roi très-chrétien et du fils aîné de l'Eglise. Son zèle lui aurait mème fait désirer d’avoir quelque part à son éducation; du moins il écrivait avant la mort de Louis XIE : « J'aurais fort souhaité qu’il plût un jour à » Disv de me vouloir faire précepteur ou conducteur de » monseigneur le Dauphin de France, cet enfant de mi- » racle, donné à la France par la très-sainte Vierge *, et * nore 2, p. » que l’on dit devoir faire merveilles pour la gloire de ?2?7- » Div, J'aurais beaucoup estimé cet emploi, tant à cause (a) Mémoires » que ce jeune prince nous a été donné des mains de la RAS Pr
! ! “Ve nn: : Copie de ces Mé- » sainte Vierge, que parce qu'il servirait beaucoup à la moires, t, 1, D.
» France, étant instruit chrétiennement (2). » 134, 135. M. Olier revenu à Nantes, après sa mission de la Ré- LV.
grippière, se proposait d’aller aider M. Meyster en Sain- ns an
tonge, et de retourner ensuite à Paris (3); mais sa pré- mère de Bressence étant encore nécessaire aux religieuses qui avaient MR Papa été dociles à la grâce, Dev, pour lui donner le moyen à Nantes, d'affermir leur conversion, permit qu'il fût alors atteint 5 Etre aut. û . . ‘ e M, ter .
de la maladie qui régnait dans le pays, et dont les suites 4. ds l'obligèrent de prolonger son séjour en Bretagne jusqu’au mois de janvier suivant (4). « Après ce petit travail, je (4: Vie de M. i mal e . l ivité d . Oler,par le Père » tombai malade, dit-il, le jour de la Nativité de la très- Gr partie 4, ni ‘ 4 avr ta Chap. 1x. — {bid.
» sme Vierge, pour récompense de mes pauvres petits pe . : » services ; c’est la plus précieuse que puisse recevoir un » chrétien, Cette maladie me prit dans ce saint jour par
» lequel je commence toutes mes années, comme je les
* NOTE 3, p.
(4) Mém. aut.
de M. Olier,t.1,
(2) Vie de la mère de Bressand, in-12,1676, p. 29.
finis par la fête de l’Assomption. Notre-Seigneur m'a » toujours fait cette grâce, de me donner, en ce jour, des » témoignages du bien qu’il voulait opérer en mon âme. » Désirant donc m'obliger, par ce retardement dans le » pays, à fortifier l'ouvrage qu’il m'avait fait commencer, » il me retint au lit par sa miséricorde le jour de la Nati- » vité de notre sainte maitresse; ce qui continua assez » longtemps * (1). »
M. Olier, retiré alors à son prieuré de Clisson, avait dessein d’y demeurer jusqu’à son entier rétablissement, lorsque la mère Marie-Constance de Bressand, assistante du monastère de la Visitation de Nantes, lui envoya un exprès pour l’inviter à venir se rétablir dans cette ville, en l’assurant qu’il y trouverait, pour sa santé, toute sorte de secours. Cette religieuse avait eu le bonheur, avant son entrée en religion, de se mettre sous la conduite de saint François de Sales et d'apprendre de sa bouche le genre de vie auquel Drev l’appelait *. Le respect de M. Olier pour la mémoire du bienheureux évêque de Genève, et la consolation qu’il goûtait à s’entretenir avec les personnes qui l’avaient particulièrement connu, lui firent accepter avec joie la proposition dont nous parlons; et, dès qu’il put faire le voyage, il se rendit à Nantes. La mère de Bressand, en l’invitant de la sorte, ne pouvait cependant lui donner d’autre logement que la petite mai-
son du jardinier; mais elle savait que c’était le servir se-
lon son goût; et il se félicita d'occuper alors un logement tout semblable à celui que saint François de Sales avait eu à Lyon pendant sa dernière maladie. Comme sa convalescence fut longue, il eut tout le temps de s’édifier, en entendant raconter à cette sainte fille toutes les particularités de la vie du bienheureux évèque, dont elle avait été témoin pendant plusieurs années ; et il y prenait une satisfaction incomparable, disant qu’il souhaitait former sa conduite sur ce saint prélat (2).
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