‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S.-Sulpice [microforme] (volume 2)Chapitre 128 sur 251 · LE PÈRE BERNARD. M. BOURDOISE · texte numérisé non relu

LE PÈRE BERNARD. M. BOURDOISE

is L'un d’eux, M. du Ferrier, a rapporté dans ses Mémoires d'in- les circonstances de cette entrevue. « Après le diner, ditqu'il » il, je le priai de nous raconter ce qui lui était arrivé à | faire » Loudun, et quelles étaient les grâces que Notre-Seigneur que » lui avait faites, afin que nous pussions lui en rendre DINME » gloire. Nos amis présents s'étant joints à ma prière, il » parla pendant trois heures avec des sentiments d’humi- ‘ache- » lité et de confusion qui ne se peuvent exprimer (1). » (1) Mémoires de aladie M. du Ferrer donne ici un abrégé de cette conversation, p'a2, ps "cette On y trouve plusieurs circonstances très-remarquables de etre la conversion de M. de Quériolet, que les deux historiens , qu'il de sa vie n’ont point connues *. # NOTE (1, p. sentis Le père Bernard, qui fut l’occasion du voyage de M. de di au lieu Quériolet à Paris, était un de ces hommes que Dieu suscite le mon quelquefois pour confondre et condamner la fausse sagesse ie le du monde, par une profession ouverte de la sainte folie de de la croix. C’est le témoignage que lui rend M. Godeau, m'a Tait évèque de Vence (2). « Je l’ai toujours cru un grand ser- (2) Lettres de entiere » viteur de Dev, ajoute-t-il, et sa conduite m’a paru très- à is ri é(2).». » sainte, parce qu’elle choquait en toutes choses, ou du prière et » moins en la plupart, la conduite de la prudence hulorsque » maine (3). » Le zèle pour la gloire de Dreu, la dévotion (9) 1bid. Lett. zèle, et envers la très-sainte Vierge, la liaison au Père de Condren, dd Lnaue avaient été le principe d’une sainte et étroite union entre dinaires le Père Bernard et M. Olier. Mais surtout ce qui semblait se men- leur avoir inspiré les mêmes sentiments, c’était leur tendre quelques et ardent amour pour lés pauvres ; et le plus bel éloge de xorcisail la charité de M. Olier pour les malheureux a été, sans HLèbres “ contredit, la comparaison qui fut faite de lui avec ce saint s le BREe homme, par les pauvres eux-mêmes, qui croyaient, après tà pied la mort de celui-ci, le voir revivre dans la personne de les trois M. Olier. Entre autres circonstances, un an après la mort présenta du pauvre prètre, le jour de l’octave de la FÊTE-DIEu, ux ecclé- M. Olier assistant une multitude de ces malheureux, au membre,

parvis Notre-Dame, et leur donnant à tous des marques 3, , 1"

(t) Mémoires aut. de M. Olier, 1. 11, p. 454.

M. Bourdoise se lie d’une étroite amitié avec M. Olier.

(2) Wie de M.

Bourdoise, Ms.

in-folio, p. 548.

— Ilem. Ms, in- 4, p. 512.

#* NOTE 12, p.

210 PARTIE I. LIVRE VI. — 1639, de sa tendresse et de son respect pour les membres souffrants du Sauveur , on les voyait lever les mains et les yeux au ciel, et on les entendait dire avec attendrissement : Voilà le Père Bernard ; il est ressuscité (1). Nous verrons même, dans la suite, l’un de ces pauvres, le frère Jean Blondeau, domestique du Père Bernard, s'attacher, après la mort de ce dernier, à M. Olier, en qui il croyait avoir retrouvé son saint et charitable maître.

Durant le séjour que M. Olier fit cette année à Paris, après son retour de Bretagne, il se lia d’une étroite amitié avec un autre grand serviteur de Dreu, Adrien Bourdoise, instituteur de la communauté de Saint-Nicolas-du-Chardonnet, à Paris (2). Cet homme, qu’on a comparé à Elie pour l’ardeur de son zèle, et à Jean-Baptiste pour sa sainte liberté à reprendre les petits et les grands*, se consumait de douleur en voyant les scandales de son temps, et surtout le dépérissement de la discipline ecclésiastique. La Providence semblait l’avoir suscité, dans ces temps malheureux, afin que par l’âpreté, la rudesse et les clameurs souvent importunes de son zèle, il réveillât, comme malgré elles, tant de sentinelles endormies de la maison du Seigneur ; et c'est avec beaucoup de raison que M. Maillard, l’un des disciples de M. Olier, mort supérieur du séminaire de Saint-Irénée à Lyon, et qui avait connu particulièrement M. Bourdoise, en a tracé ce portrait, qui le peint au naturel : « On pouvait lui appliquer. dit-il, les paroles » que les Scribes et les Pharisiens adressèrent à Notre- » Seigneur, dans un esprit de malice : Nous savons que » vous êtes véridique, et que vous enseignez en vérité la » voie de Dieu, sans avoir égard à qui que ce soit; eé non » est tibi cura de aliquo. I] était sans respect humain, » disant à chacun la vérité sans crainte, sans déguisement, » quoique d’une manière assez singulière. Il est vrai » que cette manière paraissait choquer la prudence hu- » maine, mais elle était pleine de la prudence des Saints ;

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