‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S.-Sulpice [microforme] (volume 2)Chapitre 145 sur 251 · MISSIONS D'AMIENS, MONTDIDIER ET MANTES · texte numérisé non relu

MISSIONS D'AMIENS, MONTDIDIER ET MANTES

NOTE 21, p. 220. — Dès que le Père de Condren eut connaissance des bruits'que l’on répandait contre la mission d'Amiens, il écrivit aux missionnaires : « Je loue Dreu de ce qu’il donne sa » grâce à plusieurs, et me soumets à sa conduite. Il est cer- » tain néanmoins que Popposition nuit beaucoup à une œuvre

(t) Lettres autographes du Père de Condren.

(2) Mémoir. de M. du Ferrier, p. 85, 87, 89, 98,

2k6 NOTES

» qui n’est pas encore confirmée par l'expérience. Mais puis- » que la divine Providence l’a permis ainsi, vous devez vous » conduire doucement, et faire le bien sans rechercher l'éclat, » évitant les contentions, et ne faisant qu'achever ce qui est » commencé. Il me semble que la meilleure conduite, en telles » rencontres, est celle de JÉsus-CarisT, qui continue de faire » l’œuvre de Dreu et parle fort peu de la contradiction des hom- » mes. Surtout il ne faut rien dire qui attaque les communautés » pour relever l'Eglise et le sacerdoce, ni faire des comparaisons » qui sont odieuses à plusieurs personnes. Vous avez fait pru- » demment de vous abstenir des conférences dans les maisons » particulières, puisque les puissances les tiennent pour suspec- » tes. Il faut qu’on remarque, en vbtre conduite, que vous êtes » sans dessein dans Amiens, que la dévotion du peuple et celle » de l’évèque sont les seuls motifs qui vous y arrêtent, et que vous » ne désirez autre chose que de pacifier les consciences qui sont » émues. Faites voir à tout le monde que ceux qui parlent ne » vous connaissent pas, et que vous êtes tous prêts à les servir. » Quand vous serez en état de sortir d'Amiens, en sorte que » l’œuvre de Dreu ne soit point décriée, il en faudra prendre loc- » casion. Cela n’empèchera pas qu’on ne puisse y retourner une » autre fois, pour y être mieux reçus encore, quand on aura vu » qu’on ne cherche que le bien (1). »

Le succès de cette mission, qui ne fut terminée qu’au bout de cinq mois, inspira à M. de Caumartin le désir d’en procurer une à Montdidier, petite ville de son diocèse. M. Olier s’y rendit de Paris avec M. du Ferrier et M. de Foix, le même jour que M. Meyster ; M. Amelote et les autres y arrivèrent de leur côté, et tous prirent leur logement à l’Hôtel-Dieu. Les religieuses hospitalières de cette maison, connues alors dans toute la France sous le nom d’Z/luminées de Picardie, n’eurent pas la part la moins abondante des fruits de cette mission. Outre les illusions où les avait jetées leur ancien directeur, Labadie, illuminé fameux de cesiècle, l'esprit de discorde les divisait encore entre elles (2) ; et le Père de Condren , touché de compassion sur le double malheur de ces vierges folles, écrivit aux missionnaires de ne pas leur refuser leurs charitables soins. « Puisque vous êtes logés à » l’Hôtel-Dieu, leur disait-il, et que les religieuses vous assistent, » il les faut servir en Notre Seigneur, sans prendre parti et sans » entrer dans leurs intrigues. Vous devez vous comporter comme » fit saint Paul envers les Corinthiens, en établissant Jésus- » CHRIST et détruisant le schisme et la division, en autorisant » la charité et la simplicité chrétiennes. On aura sujet de s’édifier,

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