SUR L'ABBESSE DE FONTEVRAULT
NOTE 1, p. 297. — Jeanne-Baptiste dé Bourbon, fille naturelle de Henri IV, fut prévenue, dès l'enfance, des plus singulières bénédictions, et obtint, à force d’instances, d’être envoyée à l’abbaye de Chelles, où elle fut élevée saintement, Devenue, dans la suito, abbesse de Fontevrault, elle fit admirer dans sa personne les vertus d’une religieuse accomplie, Elle aimait la retraite, le silence, la prière, la régularité, la pénitence et Ja mortilication ; souvent elle ne couchait que sur des ais, ou sur la paille, Elle pratiquait la pauvreté avec tant d'exactitude, que l’on compta un jour sur son habit jusqu'à sept ou huit pièces recousues ensemble, On la voyait laver la vaisselle, balayér le cloître et la cuisine, servir les malades jour et nuit, assister avec ferveur les mourantes sans acception de personnes, Son affabilité lui gagnait le cœur de ses filles, et sa gravité leur respect. Enfin, toutes ses vertus et ses belles qualités naturelles, encore plus que sa naissance, lui donnèrent un grand crédit auprès de Louis XIE et de Louis XIV. A toutes ces heureuses dispositions du cœur, elle joignait une si grande facilité d'esprit, qu'elle faisait ses lectures ordinaires dans les ouvrages des Pères latins, et composait des traités de philosophie et de théologie, que l’on conservait autrefois à Fontevrault. Elle mourut, le 16 janvier 1670, àgée de soixante-deux ans, après avoir été abbesse trente-trois ans (4).
NOTE 2, p. 298. — L'affaire qui appela la princesse Jeanne- Baptiste de Bourbon à Paris, en 16H, et dont M. Olier espérait un bon succès, était la question célèbre de la juridiction de cette abbesse, On sait que le pieux fondateur de Fontevrault, pour honorer la très-sainte Vierge, et l'autorité que Jésus-Cunisr lui avait donnée sur saint Jean, lorsqu'il dit à ce disciple bien-aimé : Fotla votre méré, avait voulu que les religieux aussi bien que les religieuses fussent soumis à l’abbesse, et que cette fille fit le général de l’ordré. Les religieux ayant élevé des doutes sur /a légitimité de ses priviléges, elle fut maintenue en conséquence des bulles du
(1) Wie de ia révérende mère Madeleine Gautron, Liv. ut, D. 478 et suiv.
(4) Les Grandeurs de sainte Anne, par Hugues deS.-François,in-8°, Paris,
saint Siége, par lettres patentes de Louis XIE, du 6 novembre 1641,
conformément à l'avis de la Faculté de théologie de Paris de l'an 1541, et à celui des commissaires nommés par ce prince, au nombre de neuf, dont trois étaient évêques, trois conseillers d'Etat, et trois docteurs de Sorbonne des plus savants, Cornet, Duval et Coquerel.