‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S.-Sulpice [microforme] (volume 2)Chapitre 175 sur 251 · M. DE CHAVIGNY. EFFETS DES INTERCESSIONS DU PÈRE DE CONDREN · texte numérisé non relu

M. DE CHAVIGNY. EFFETS DES INTERCESSIONS DU PÈRE DE CONDREN

NOTE 43, p. 329. — « Le pouvoir du Père de Condren auprès » de Dieu, depuis sa mort, a paru, dit M. Olier, dans la personne » de M. de Chavigny, l’un des plus grands de la cour. Je le dis à » son honneur et à la gloire de Dieu : Ce seigneur avait de » grands sujets d'aimer la vanité ; car il était le favori du Roi, de » Monsieur, frère du Roi, et de M. le cardinal de Richelieu. Or, » le jour même ou le lendemain de la mort du Père de Condren, » il se vit si puissamment touché et convaincu de toutes les vé- » rités qu’il lui avait autrefois expliquées, et qui, en ce temps- » À, lui étaient ennuyeuses, et ne faisaient sur lui aucun effet, » que, tout plongé dans la douleur et tout baigné de larmes, il » protesta hautement de renoncer de cœur au monde, etde faire » profession publique de vouloir être à Dieu uniquement; ce » qu'il à depuis si heureusement accompli, qu’il est à présent un » modèle de piété à la cour. Les lumières que le Père de Condren » a si souvent exposées à la plupart de ses disciples, ont fait en » tous les mêmes effets depuis sa mort. Au moins pour moi, je » sais bien que j'ai connu un grand nombre de choses qu’il m’a- » vait proposées, que je n'avais pu comprendre en ce temps, et » dont j'ai été éclairé depuis (2). Alors ces lumières n’avaient (2) Copie des » point fait d'impression sur mon esprit, bouché aux choses sain- Mémoires de M. » tes; depuis sa mort, elles y sont entrées vivement, elles Font (3) Ibid. — » éclairé, et me font maintenant concevoir sans peine ce que je Voyez aussi : »ne croyais être que fables et inventions de lesprit hu- 4769, 44 9°

; cahier des Mém. » main (3). aut.de M, Olier.

» Ce grand changement me paraît être un prodige. Gloire à » mon Dreu, qui éclaire les aveugles quand il ui plaît, et qui » prend plaisir à retirer les plus misérables de la confusion et » dela pauvreté, pour les remplir des riches trésors de sa misé-

» ricorde ! Qu'il soit donc à jamais glorifié de sa magnificence !

» J'éprouve une joie bien grande, lorsque, me souvenant de l'é-

» tat d’aveuglement où tout le monde m'a vu, je le compare avec

» celui où la main toute-puissante de Dieu m’élève maintenant,

(1) Mém, aut, » Ii est aisé de lui rendre gloire, comme au seul auteur des lu-

mar » mières qu’il me communique. Car chacun sait qu’elles viennent

pie: de ces Ma- » de lui seul, et que de moi-même je suis le plus pauvre, le plus bis » aveugle et le plus misérable de tous les hommes (1).

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