‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S.-Sulpice [microforme] (volume 2)Chapitre 177 sur 251 · M. MEYSTER ET LE CARDINAL DE RICHELIEU · texte numérisé non relu

M. MEYSTER ET LE CARDINAL DE RICHELIEU

NOTE 15, p. 334. — M. Meyster, qui avait eu tant de part à la formation de l'établissement de Vaugirard, vint passer quelques jours avec ses amis, pour leur communiquer à son ordinaire les

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chelieu, qui depuis plusieurs années désirait sa visite. Dans l’en-

tretien qu’ils eurent ensemble, le ministre, ravi de voir enfin ce

missionnaire, lui offrit un fonds de quatorze cent mille livres,

pour des établissements de missions, sans pouvoir Ini rien faire

accepter malgré ses vives instances. Ce nouv … refus le toucha si vivement, qu'il en fut alarmé pour lui-même ; et, dans son émotion, il en vint jusqu’à dire à M. Meyster : « Mais, Monsieur, » DIEU vous a-t-il fait connaître que je suis réprouvé, et qu'il re- » jette ce qui vient de ma main ? Dites-moi, je vous prie, croyez- » Vous que je puisse me sauver dans l’état où je suis? — Monsci- » gneur, reprit M. Meyster, nous en avons parlé diverses fois » avec le Père de Condren. — Et qu’en avez-vous pensé? lui » dit ie cardinal, — Nous sommes demeurés d'accord que vous » aviez en main un moyen pourassurer votre salut, qui est le pou- » voir de soutenir les droits de l'Eglise, et de faire nommer d’ex- » cellents hommes auxévêchés. — Je vous assure, dit le cardinal, » que je suis tellement dans ces sentiments, que je ne songe qu’à » choisir les plus capables et les plus dignes, sans m'’arrêter » à la sollicitation ni aux services des parents. J'en connais » l'importance, et je suis convaincu qu’on encourt la damnation, » aussi bien en nommant à un bénéfice à la considération des amis » ou des services rendus par les proches, qu’en les vendant à de- » niers comptants. » On doit à ce grand ministre la réformation des brevets de nomination aux évéchés et aux abbayes; il y supprima ces mots qu'on y mettait auparavant: Et pour reconnaître les bons et agréables services rendus (2).

SUR M. AMELOTE,

NOTE 16, p. 339. — La congrégation de l’Oratoire, liée d’abord avec Jansénius et l’abbé de Saint-Cyran, par le crédit desquels elle s'établit en Flandre, vit plusieurs de ses membres prendre parti pour ces patriarches de la nouvelle hérésie, et faire cause commune avec eux. Déjà le Père de Condren, après l'arrestation du Père Seguenot, s’était cru obligé de donner une déclaration publique des vrais sentiments de l’Oratoire, qui devenaient suspects (3). Mais, après la mort de ce grand adversaire de la secte, la contagion gagna la plus grande partie du corps, jusque là que le Père Bourgoing, son successeur, dépouillé de presque toute son autorité, vit les premières charges données malgré lui à des hommes ouvertement déclarés pour le Jansénisme. Le Père Amelote, dépouillé lui-même de la supériorité de la maison de Saint-

(t\ Mémoir. de

M, du Fr'ier, pe 455.

(3) Zbid. p. 169,

(3) Annales de l’Oratoire. Assemblée de 1638.

Honoré, ne cessa de souffrir et de travailler jusqu’à sa mort, pour maintenir la foi de l'Eglise dans l’Oratoire. Il provoqua, en 1662, un ordre rigoureux, mais nécessaire, qui envoya en exil trois des principaux membres, entre les mains desquels était PA et Le alors tout le gouvernement de la société (1). Sur la demande du semblée de 4062, Clergé de France, il donna, pour l’opposer à celle de Mons, sa Traduction française du nouveau Testament, dont Louis XIV fit distribuer cent mille exemplaires aux nouveaux convertis II publia d’autres ouvrages contre l’hérésie de Jansénius, entre autres une Défense des constitutions apostoliques, et un Traité de la grâce, pour justifier la condamnation des cinq proposi- (3) Journal de tions (2) ; et s’il ne parvint pas à déraciner le mal, il eut au moins la maison rus j'avantage d’en ralentir les progrès. Son attachement à la foi ca- Saint-Honoré, 1, : cp ñ ; 1, p. 996. Re. tholique, et la persécution qu’il souffrit pour elle, le rendirent cuell de Vies, de encore plus cher à M. Olier, d’ailleurs si plein de vénération pour Va HS tt; ga personne, qu'il le regardait comme miraculeusement éclairé (3) Mém, aut, et doué d'une plénitude de lumière admirable (3); ce sont ses de a Oüler,t.1, expressions. M. Amelote demeura toujours uni par les liens d’une is charité sincère au séminaire de Saint-Sulpice, qu’il appelle, dans (4) Vie du Pére Sa Vie du Père de Condren, une sainte communauté (4), et sa " Condren, édit. mémoire y a toujours été en grande recommandation. « La mort e 4657, iv, 11, $ ie s ch xxv,n,9, |» de M. Amelote, écrivait M. Tronson à l’évêque de Séez, a con- (5) Lettres di- » tristé tous ses amis ; et c’est assurément une grande perte pour

verses de A. DAT s : : + A Tronson, 1. 1, p. * l'Eglise. 11 a eu la consolation, avant de mourir, de voir la dé-

96. » claration de sa congrégation contre les nouvelles doctrines (5). »

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