‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S.-Sulpice [microforme] (volume 2)Chapitre 188 sur 251 · ET TE YS · texte numérisé non relu

ET TE YS

Dans la place de curé, M, O-?

lier est appelé »

à renouveler la piété üans Île peuple par des ) instructions fa-

iilières,

« Maintenant que nous allons prendre la cure de Saint- Sulpice, Dieu, ce me semble, me manifeste ma vocation, qui est de ranimer par trois moyens la piété chrétienne dans ces quartiers : le premier sera l’instruction et la sanctification du peuple; le second, la sanctification des docteurs et des prêtres ; et le troisième, la formation des jeunes clercs.

» Sa bonté me donne, ce me semble, un zèle ardent pour renouveler dans les esprits et dans les cœurs des chrétiens le souvenir et l'amour des obligations contractées envers Digu par le baptème : et je me souviens que je disais, il y a plus de six à sept ans, à un missionnaire,

. : + 19 » que les fruits produits par les missions n'étaient qu’un

commencement et une préparation à ce qui devait se faire dans l'Eglise. La mission ne va qu’à purifier les cœurs et à porter les hommes à la pénitence, mais non pas à les instruire des sentiments chrétiens, et à leur enseigner la pratique du christianisme. C’est ce que nous ferons par des conférences familières, des catéchismes, des méditations, des retraites. Je sens en moi un désir si puissant de découvrir aux hommes la vanité du monde, lobligation que nous avons de mourir à ses maximes, à ses mœurs, à ses lois, en un mot, à tout ce qui west pas Dieu, et JÉsus-CunisT son Fils, que je ue puis le contenir; il excite quelquefois en moi une

mere À LIT de cormiséridepuis, sremart-à-dire ser aux de l’extention.

e Saintjocation, rétienne on et la tion des tion des

ent pour les chréitractées s que je onnaire, at qu'un levait se rifier les ais non et à leur que nous hismes,

un déanité du ir à ses t, à tout ils, que moi une

QURE DÉ SAINT-SULPIUÉ OUVERTE À M, OUEN, 389 » sainte fureur : c'est une commmniention de lhorreurque » Jésus-Cunisr a eue des folies et des vanités du monde, » Je ressens de si violents désirs d'en désabuser les hom- » mes, que je ne vois d'autre moyen de me satisfaire, que » l'occasion offerte, par la Providence, de la eure de Saint- » Sulpice, Mes désirs s'enflamment encore davantage, » quand je pense que les plus grands du siècle demeurent » sur cette paroisse ; et alors je me réjouis d’avoir l’occa- » sion, si longtemps désirée, de leur découvrir leur va- » nité et de les désabuser de leurs erreurs. Considérant » la vie molle et toute mondaine des riches de cette pa- » roisse, le mépris où le culte divin y est tombé, l'oubli » où on laisse le très-saint Sacrement de l'autel (1), je (1 mem. ane. » me disais à moi-même : O ! si jamais je devenais pas- eu er M, » teur de cette église, que je voudrais y faire honorer le Din ne ed » très-saint Sacrement ; je me dévouerais tout entier à son Bretonvilliers, 1. » service; je veillerais volontiers devant lui comme une” " 7 » lampe ardente durant la nuit, à l'imitation du grand saint » Jean-Baptiste, de qui il est écrit: Ærat lucerna ardens » et lucens, Je me souviens même qu’une multitude de » fois j’ai désiré de porter la clochette devant le très-saint » Sacrement. dans cette même paroisse, afin de montrer » à ces aveugles la grandeur de Dieu qu'ils ne connais- » sent pas ; j'estime cette fonction très-honorable, puis- » qu’elle ressemble si fort à la mission de saint Jean- » Baptiste, destiné à marcher devant le Scigneur, pour lui » préparer les voies et le faire honorer des peuples (2). (2) 1id. t, nu, » Toute notre compagnie brûle du même zèle, et désire!” ie » avec impatience aller dans ce faubourg pour y faire con- » naître Dieu. Ah! si l'exercice des fonctions pastorales » nous fournit autant de sentiments de zèle et de dévoue- » ment que la seule attente en a déjà fait naître dans nos » cœurs, j'espère que notre grand Maitre y trouvera son » honneur et sa gloire. Cette sainte âme, dont j'ai parlé, » Marie Rousseau, est occupée des grands biens et des

» conversions éclatantes qui vont y avoir lieu, et moi- » même je n'ai autre chose dans l'esprit à Vaugirard ; » plusieurs saintes âmes s’attendent pareillement à voir » procurer la gloire de Dieu dans tout le faubourg.

XXL. » La seconde voie que la majesté divine me montre, Te » sera d’aller porter les maximes du christianisme jusque nouveler la pié- » dans la Sorbonne, par ie moyen des jeunes ecclésiastire » ques qui demeurent ci, et à qui Dreu donnera tout le former des prè- » zèle nécessaire pour ce sujet. Il me semble donc que "en » Div veut qu’on renouvelle le christianisme par la voie

» des docteurs, et que si trois personnes soutenaient les » vérités chrétiennes dans l’école, le reste des docteurs » prendrait plaisir à les étudier, et ensuite à les prècher » partout, pour l'honneur de JÉsus-CaisT et la gloire de » Dieu son Père. J’ai la confiance que les maximes de la » perfection chrétienne seront un jour entendues et reçues (1) Mémoires en Sorbonne (1). Mon précepteur, qui actuellement y en-

aut. de M. Olier, ue pe — » seigne et qui est un homme de bien, aïdera à soutenir Olier, par M. de » nos jeunes Messieurs qui en feront une profession ou- He l » verte. Ils seront, s’il plaît à Dreu, d'autant plus écoutés PE out » dans l’école, que leur humilité, leur piété et leur relip- 322, » gion y prècheroat plus hautement que leurs disputes (2). » La troisième voie vers laquelle Notre-Seigneur me » porte davantage pour le renouvellement du christia- » nisme, c’est l'institution des jeunes ecclésiastiques : mi- » nistte dans lequel la providence de Dreu m’a engagé » depuis peu de temps, et auquel pourtant je me sentais (3) Ibid, t. u, » attiré depuis beaucoup d’années (3). Maintenant que Dreu NT Obr, és va » va nous établir sur la paroisse de Saint-Sulpice, il nous nn » montre qu’il veut former dans ce lieu un séminaire ou- » vert à toutes les provinces, ou au moins un modèle de » séminaire pour les autres diocèses et royaumes. Voilà » pourquoi Dreu veut l’établir dans un lieu qui n’est ni » borné ni rétréci par aucune juridiction particulière : car

» cette paroisse n’est d’aucun diocèse ; elle ne relève immé-

et moiagirard ; t à voir montre, e jusque clésiastià tout le lonc que r la voie aient les docteurs s prècher gloire de nes de la et reçues ent y ensoutenir ssion ous écoutés leur reliputes (2).

neur me christiaues : mi- ’a engagé e sentais que DrEu e, il nous naire ounodèle de es. Voilà i n’est ni ière : car ve immé-

CURE DE SAINT-SULIICE OFFERTE A M. OLIER, 991 » diatement que du Pape, et ceux qu’il commet pour la ser- » vir sont comme ses substituts et ses membres, qui sup- » pléent à ce qu’il ne peut faire par lui-même. Ce séminaire » étant destiné pour le service de l'Eglise universelle, il » était convenable qu’il fût fixé dans un lieu qui n’eût » d’autres bornes, ni d’autre dépendance que celles du saint 4) gs …. » Siége, à l'honneur duquel il se consacre entièrement (1). p. 330. |” ” » Je sens de si grands désirs de sauver tout le monde, XXIL. » de répandre le zèle de l’amour et de la gloire de Dieu a Es » dans tous les cœurs; je pense tant à avoir mille sujets vouent à la pa- » pour les envoyer porter partout l’amour de JÉsus-CHRIST es saine » et l'honneur du très-saint Sacrement ! et quand je con- » sidère que la cure qu’on me présente pourra servir à » cela, et à communiquer ce zèle à Paris et à toute la » France, je suis ravi de joie et je ne désire plus autre » chose que de faire glorifier mon Maitre, surtout dans ce » mystère où il a été si méprisé (2). Mon cœur est tout (2 Zbid. t. in, » brûlé de zèle, quand je pense à la profession que feront ” de » les prêtres de la petite société, qui sera une profession » de servitude à JÉésus-Cunisr et à l’Eglise son épouse. » C’est une épouse qu’il chérit uniquement, un corps dont » il a épousé tous les membres en particulier, pour se » donner à chacun d’eux avec autant d’amour qu’à tout le » corps ensemble. Qui ne voudra aimer celle que Jésus- » CBrisT aime de la sorte? Qui ne voudra servir celle que » lui-même ne dédaigne pas de servir ? Voilà pourquoi » saint Paul disait: Nous protestons publiquement que nous » sommes vos serviteurs pour l’amour de notre Seigneur » JÉSUS-CHRIST. Aussi nous avons eu la pensée, par la » miséricorde de Dieu, et conformément aux sentiments » de Notre-Seigneur venu pour servir l'Eglise, de lui » vouer à jamais nos travaux dans cette cure *, étant tout * nor 11,p. » prêts de verser jusqu’à la dernière goutte de notre sang, #4- » à limitation de Notre-Seigneur, Je le prie de nous faire » vivre de la sorte, nous dévouant au salut de ses brebis réel-

392 PARTIE Lo LUURE IX, —e 1672, rs Le » Jement,et non pas seulement en paroles où par écrit (4).» v. 941, 341.845. Instruit des desseins de Bic sur lui et sur sa société, He 1. de M. Olicr conclut enfin avec M. de Fiesque, le 25 juin, dugt rant l’octave de la Fère-Drev, le traité de permutation de | ee la cure de Saint-Sulpice (2), dont il ne devait néanmoins

Ms. dela Biblio. prendre possession qu'après avoir reçu ses provisions de thèque R. Dupu ; 1 14 2 fol 18 % Rome, selon l'usage de ses prédécesseurs. En attendant,

ar ao 90. il chercha, pendant près d’un mois, l’occasion de se pré-

lier,tu, p.158, senter à l’abbé de Saint-Germain, Henri de Bourbon,

évèque de Metz. « Enfin, le jeudi 31 juillet, dit-il, je lui

» fus présenté seul de notre compagnie, pour servir la

» cure de Saint-Sulpice. Il témoigna une grande satisfac-

» tion de l'offre que je venais lui faire, et me recut à bras

» ouverts ; et ce jour-là même, sans aucun dessein prémé-

(3) Mém. aut. » Aité de notre part, les Messieurs de notre société, au

a FR EI » nombre de douze, vinrent à l’église de Saint-Sulpice,

IV Hs » comme pour ratifier, sans y penser, l’offrande que j’avais

au. ?""» faite le matin au nom de tous (3) *. »

XXIIL. Cependant les parents de M. Olier, jugeant des dignités

7 pes ecclésiastiques par l’éclat qui les environne, se crurent

tation, est per- beaucoup humiliés de l’acceptation qu’il venait de faire sécuté par ses à : 1

proches. d’une cure d’un faubourg de Paris, qu’on regardait alors,

4) Mémoires malgré son étendue, comme une cure de village (4),

ge et ne lui dissimulèrent point, dans cette occasion, leur

(5) Wie de M. mécontentement et leur chagrin (5). Sa mère, encore plus

ee blessée que les autres de le voir curé, après qu’il avait

Hoi d refusé l'évêché de Châlons et la pairie, vint à Vaugi-

" rie rard, et lui fit à lui-même et à ses amis des plaintes vives cn, XIV. — fe

hist. tu, p.s26, et amères (6), bien propres à l'ébranler, s’il eût été moins PA re invariablement résolu à n'écouter que la voix de Dix. ve «J'ai beaucoup de peine, écrivait-il à son directeur, » à dire ici ce que DEC à permis à mon égard, de la » part de ma mère et de mon frère aîné. Ce que je dirai » n’est point à leur condamnation, parce qu'ils ne font

» que ce qu'ils croient avoir raison de faire. Il v a plus

» dir » des » très » acce » de » tre- » tion » d’ho » Elle » et 1 » DIE » seloi » parl .» M » Sain » trai » me « » Cure » sable » rais » tran » Cart » mon » dicu » n’att » neul » char » de 56 » qué:

» DIEU »jep » rie-| » J’ » rico!

» port

ociété, n, duion de imoins ons de ndant, se préurbon, , je lui rvir la atisfac- , à bras préméété, au sulpice, > j'avais

dignités

crurent e faire t alors, ge (4), n, leur re plus il avait Vaugis vives F moins e Diet.

ecteur, |, de la e dirai 1e font | a plus

M. OLIER ACCEPTE LA CURE DE RAINT-SULICE, 399 » d'innocence dans leurs procédés, que dans la plupart » des actions que je fais à chaque instant, Je les crois » très-innocents en cela. Ma bonne mére voyant que j'ai » accepté cette cure, qui leur paraît indigne d’un homme » de naissance, ne peut plus me voir chez elle (1), No- (1) wem. ant. » tre-Seigneur permet qu’elle éprouve toute sorte d'agita- D ken t' » tions au milieu des applaudissements et des sentiments » d'honneur et d’estime que les paroissiens me donnent. » Elle est maintenant comme dans le deuil, le chagrin, EU à ee » et ne sachant que devenir (2). Un grand serviteur de De de » Dreu me disait ces jours derniers : Votre mère parle W:Olier, par M. dr Bretonvilliers,

» selon les maximes de la chair; c’est le monde qui 1. 1, p. 428. » parle en sa personne (3).

.» Mon frère ainé, qui avait d’abord goûté l'affaire de » Saint-Sulpice, dans l'espérance que je prendrais du » train et paraitrais dans Paris avec éclat, ne peut plus » me souffrir, depuis qu'il a considéré la chose comme une » cure, et sous le titre de curé, qui semble être si mépri- » sable aujourd’hui. Il a su, d’ailleurs, que je ne change- » rais pas de manière de vivre, et qu’au contraire je re- » trancherais toute apparence et tout extérieur du monde; » car un prêtre doit détacher son cœur des vanités du » monde, au moins autant qu’un religieux, qui serait ri- » dicule, s’il voulait prendre du train : de là vient que, » n’attendant de moi rien qui ressente’ l'éclat et les ho: » neurs du siècle, il ne peut me souffrir, ni moi, ni mi ue rs » charge (4). Mon second frère sait que je fais profession tu, pag. A5, » de servir Notre-Seigneur en vérité, il n’en est pas cho- de Ole » qué; il estime cette folie, que par La misériccrde de 707 7 de ra » Div il reconnaît maintenant être la vérité * : ce que v. pal pet ne » je pense avoir surtout été opéré par les prières de Ma- 458, és » rie-Rousseau.

» J'espère qu’un jour Notre-Seigneur fera encore misé- » ricorde à mon frère aîné. Mais il n’est pas aisé de le » porter à Dieu, à raison, comne je pense, des grandes

» charges et des emplois où il prend plaisir, et qui ne lui (4) Mém. ant. » laissent pas le loisir de s'appliquer beaucoup à Dieu (1) +, de M. Olier,t.n, DT ; é p. 406. » Ilest fort dans l’estime de l’honneur et des biens, ce » qui est l’erreur commune du monde. Je ne m'étonne » pas qu'il estime ce qu'il possède et ce qu'il voit priser » et estimer aux siens. Je suis beaucoup plus étonné du » mépris que mon autre frère en fait, et du dégagement » dans lequel il s’avance, »

XXI. Sans différer davantage *, M. Olier commença, sous la ee conduite du Père Bataille, une retraite pour se disposer retraite, à son prochainement à sou entrée dans le ministère pastoral, bee ue Nous rapporterons, à la fin de ce livre, les sentiments et toral, les vues que Div lui donna alors sur l'importance et nu 14,P- l'étendue de cette charge *, nous bornant à remarquer ici

* NOTE 15, p. Qu'il lui inspira un amourextraordinaire pour les croix, et Fe lui fit connaître en mème temps qu’il en aurait un grand (2 Mém. aut. nombre à porter dans la cure de Saint-Sulpice (2). Pen-

de M.Ofier,t.u, : n + + +:

p. 477, 478, 479, dant que M. Olier faisait cette retraite, M. de Fiesque, pour n'être pas obligé de donner à ses paroissiens et à ses amis des éelaircissements sur sa démission, prit la

(3) Mém. & Tésolution de disparaître, sans attendre que la permutas qe Fevrier, tion eût passé en cour de Rome (3), et fit savoir à M. Olier 1), Mémoires qu'il quitterait la paroisse avant la fête de l’Assompaut de M, Olicr, , ci | pièce détachée, On (4), Par suite de cette mesure, le samedi 9 du mois a M5 août, M. Picoté et M. du Ferrier allèrent d’abord occuper es Tia tp. la maison curiale (5), sans attendre que les provisions fus- . Loup. 5 à - " à

336 — Rem. hist. Sent arrivées, Le Père Bataille voulut que M. Olier avançât

© pigdeM.Olivr, le temps de sa prise de possession de la paroisse, et qu’elle

ar le Père Giry, fht fiybo : Ai nû 16 1

, ÉPLh dit fût fixée au lendemain, 10 du même mois (6). « La veille

as w, » de cette cérémonie, dit M. Olier, le matin, me présentant p.527. — Année x ’ , É + Ê Dom. Ibid, p.487. » à la très-sainte Vierge pour lui rendre ma première vi-

+ Le frère aîné de M, Olier avait été Conseiller au parlement, puis Maitre des requêtes, Il réunissait alors la charge de Président au grand conseil, et celle de Directeur des mines et minières de France.— Voyez Ic Dictionnaire de la noblesse, et les Généalogies des Haitres des requêtes déjà citées. :

» site » en » VO » la » vai » nu » pal » duc » biel » MO »etl » Ct » perl » cha » Ave

» J » l'or » glis » dec » blic » Céré » étai » rati » moi » sa | » dan » de » rev » diq » SUI > qu » l’é » chà

» pot » VO)

qui ne lui DIEU (1) +.

biens, ce

m'étonne voit priser étonné du igagement

L, Sous la e disposer > pastoral, iments et ortance et arquer ici es CTOIX, et t un grand > (2). Pen- Fiesque, siens et à on, prit la permutaà M. Olier PAssomp- 9 du mois rd occuper isions fuser avançât , et qu’elle «La veille présentant emière vi-

parlement, de Président minières de kéalogies des

M. OLIER ACCEPTE LA CURE DE SAINT-SULPICE. 395 » site, avant d’aller saluer les dames de la paroisse, je lui » en demanési la permission ; et il me sembiait qu’elle » voulait que j'Allasse les voir, comme si c’était elle-même, » la regardant dans leur personne. Ce fut ce que j’éprou- » vai sensiblement dans ces visites : car je ne pensais » nullement aux créatures, et la sainte Vierge m’occu- » pait l'esprit d’elle seule en leur parlant. Madame la » duchesse d’Aiguillon, qui se propose de faire de grands , (1) Mémoires

aul, de M. Olier,

» biens à notre paroisse (1), vint d’elle-même s'offrir à AL se à 4 I, ic » moi, pour aller avec Madame la princesse de Condé, pur W. de Bre-

‘ ; A < tonvilliers, 1. 1 » et les dames de la paroisse, adoucir l'esprit de ma mère, p.44, d

» ct lui rendre autant d'honneur qu’elle croit en avoir de” ns » perdu par le ravalement prétendu de son fils dans la crane ue » charge de curé. C’est une nouvelle preuve de la bonté 64, 65. ? » avec laquelle Dieu conduit cette affaire (2).

» J'avais cru d’abord que le Père Tarrisse, général de XXV. » l'ordre de Saint-Benoît, me mettrait en possession de l’é- A » glise de Saint-Sulpice. Mais j'ai oui dire que la coutume assiste aux no- » de ce saint personnage était de ne point paraitre en pu- Hd me » blic ; et, en effet, il n’est point venu en personne à la seau, attachée à » cérémonie. Deux de ses religieux l’y ont représenté : ils Aou d » étaient revêtus de leurs habits noirs, image de la Sépa- Turin, sa belle- » ration entière du siècle, dont ils font profession, et Rs qe » moi de l’habit de chœur des ecclésiastiques, qui, par PA Je 1 » sa blancheur, figure la nature humaine de Jesus-CHRisT 26 juillet 1682. » dans son état divinisé, C’est proprement la vocation » de tous les prêtres : ils uevraient être divinisés, et » revêtus déjà de l’esprit de la résurrection, comme l’in- » diquent les paroles mêmes que l’on dit en prenant le » surplis. Ces deux religieux me conduisirent à l'autel, » que je baisai seul ; alors il me sembla que je devenais » l'époux de cette paroisse, et que, en ceîte qualité, j'étais » chargé des péchés de tout ce peuple, et obligé de prier » pour lui, ce que j’éprouve encore depuis ce moment. Je » voyais surtout comment l’amour devait porter l'époux

» frère, » marié » je fus » partie » struct » etje

» à moi » dire q » teur,

» j'ai ex » lité d

» spirit

» sur la » des pl » role.

» etent » joie de » voles » délicie » VOUS n »gens 6 » riée m » pour ct » à sa dé » MOuri » La v » premit » nous di » lait all » change

» À prendre pour Jui tous les maux de l'épouse, et à

» souffrir en sa personne toutes les peines qu’elle aurait

» à supporter, si elle était seule, la mettant ainsi à cou-

» vert de toute inquiétude; que l’époux devait avoir aussi

» la volonté de lui procurer tous les biens imaginables,

» tous les avantages et toutes les beautés possibles, comme

» dit saint Paul : Ut exhiberet E'cclesiam immaculatam, sine

» ruga. C’est là le propre de l’époux, et en quoi consiste

a raphes e » l'amour de Jésus pour l'Eglise (1). Hélas! mon Dev, Gé, HE » quelle grâce de me vouloir choisir du milieu des pécheurs, de la lie du peuple, du bourbier infect de mes

péchés, pour m’élever à cette haute, sainte et divine di-

guité de curé, de pasteur, d’époux de l'Eglise! C’est à ce

coup, Seigneur, qu’il faut me consommer en vous, si

vous voulez me faire époux de cette grande reine, decette

auguste et divine maitresse. Oh ! c’est à vous seul à en-

trer en cette dignité; c’est à vous à posséder ce titre ! et

qu'aveugle est le monde ! qu’il est dépravé, misérable et

ignorant, lui qui juge si indignement des grandeurs vé-

ritables de Drev, les ravalant d’une manière si misérable :

lorsque, dans son estime aveugle et insensée, il pense

» qu’une cure n’est rien, qu’elle ravale la dignité d’un

» homme de maissance, et croit, malheureux qu’il est, que

» l’origine d'Adam, que la naissance, accompagnée de biens

» imaginaires, de richesses et honneurs, soient quelque

» chose d’estimable.Oh ! qu'il sache qu’il n’y a d’estimable

» que Drv seul et son Eglise; qu’il sache que sa grâce,

» ses sacrements, ses vertus et ses dons doivent passer

» pour des biens véritables, et non pas ces imaginations

(2) Mém. aut. » chimériqu::, cr fausses apparences de biens, l’hon-

de M. Olier, 1.1, À + : ÿ » mais q

p. 488. — Pie de » eur, les richesses et les ‘élices ; l’un n'étant que du » les por

M. Olier, par M. k

deBrelomälliers. ? Vent, l’auire que de la boue et de la fange, et le troi- sou » rable 6

Ur p.48, 4%. » sjème une infàme corruption (2). » esprits

» Voici comment il a plu à la bonté de Notre-Seigneur » de me faire commencer ma mission. La fille de mon

se, et à le aurait si à couoir aussi sinables, , Comme tam, sine consiste nm DIEU, des pét de mes ivine di- C'est à ce vous, si , decette eul à entitre! et érable et deurs véisérable :

il pense dité d’un est, que de biens quelque stimable sa grâce, passer inations s, l’honque du le troi-

seigneur de mon

M. OLFER PREND POSSESSION DE LA CURE. 397 » frère, celui qui m’approuve dans mes emplois, s'étant » mariée à un homme de notre paroisse de Saint-Sulpice, » je fus invité à diner avec eux chez mon frère. Les deux » parties sont tout-à-fait pieuses. Je leur donnai des in- » structions sur la manière de se conduire dans ce saint état, » et je voyais que déjà Notre-Seigneur me donnait d’avance » à moi-même grâce pour ces bonnes personnes. Je puis » dire que c’est là le premier signe que j’ai fait comme pas- » teur, c’esi-à-dire, la première marque des fonctions que » j'ai exercées envers les personnes de la paroisse, en qua- » lité de pasteur, qui instruit, qui exhorte et qui nourrit » spirituellement; car il plut à Dreu de me faire parler » sur la fin du repas, et de changer ainsi l’eau dégoûtante » des plaisirs de la chair, dans le vin délicieux de sa pa- » role. L'assemblée en témoigna une grande satisfaction, » etentre autres le mari. Il disait, en exprimant la sainte » joie de son âme, et comme s’il eût voulu répéter les pa- » roles de l'Evangile : Vous nous avez donné un breuvage » délicieux, et qui vaut beaucoup mieux que le premier; » vous nous l’avez gardé pour la fin du repas. Ces bonnes » gens étaient toutes contentes ; et, en particulier, la ma- » riée metémoignait m'être très-redevable, non-seulement » pour cette circonstance, mais aussi pour avoir contribué An » à sa délivrance d’une grande maladie, où elle avait pensé p. 12, M3. » mourir ({). | » La veille de l’Assomption, lorsque nous chantions les XXVI. » premières Vêpres de la fète, je pensais à la réforme que |, » nous devons établir dans cette paroisse; je voyais qu’ilfal- M. Otier officie » lait aller petit à petit, ei ne pas prétendre faire de grands M PAS » changements , ni renverser tout-à-coup les choses; » mais que je devais n'appliquer à gagner les cœurs, et à » les porter à Dreu par l’exemple de toutes les vertus, sur- » tout de l'humilité et de la douceur. C’est une chose admi- » rable de voir le changement qui s’est opéré déjà dans les (2) Mémoires

: « , Are aut, de M. Olier, » esprits, quoique nous n’ayons encore parlé ile rien (2), » tm, p. 72.

Le lendemain, fête de l’Assomption, commenca l’éta- » nol blissement du séminaire de Saint-Sulpice et celui de la » disc communauté des prêtres, qui devaient partager avec » quo M. Olier les fonctions pastorales. La plupart de ses ecclé- » tie siastiques partirent ce jour-là, de grand matin, de Vaugi- » en rard, et vinrent occuper les bâtiments que M. Olier avait » qui (

tt nos fait disposer pour leur usage (1). Selon les désirs du Père « NQ Olier, pur M. Bataille, il présida lui-même, au milieu de son clergé, à » solet mL l'office et à la procession solennelle; et chacun admira le » lesq la Communauté Lrofond recueillement et la modestie angélique du nou- » sain

de S. Sulpice, in- . ie . Ne 8&,p. 2, note.— veau pasteur. « Je me servis, dit-il, en ce grand jour, de » ticipi Catalogue d’en- A 0 .

trée des Mrs- » Cette rare chasuble que je fis faire, il y a neuf ans, pour » COM ne » ma première Messe, et qui est même ornée d’un tableau » vant

RE Re » de soie, à l'honneur de la sainte Assomption de Notre- » {rou , » Pate

470, 203. — Ca- » Dame. Depuis le temps qu’elle est faite, je ne crois pas » Ses &

in VE » m'en être servi cinq ou six fois, et jamais dans quelque » dans

. bn “a » cérémonie publique. Elle semblait être faite d’avance » notre

» pour ce jour, où je commence à entrer dans ma voca- » et ap

{ er » tion (2). Je fus extrêmement touché pendant la Messe » taget

ce détachée. » Solennelle, surtout depuis la communion; j'étais si rempli » proc

» de sentiments d'amour, que j’appréhendais de prononcer » de la

» ce seul mot d'amour, tant il me perce vivement le cœur » séme

» et me consume. Il me semblait que Notre-Seigneur, par » beau

» son intime présence , saisissait tellement mon âme, » cardi

qu'il la faisait comme défaillir. Je n’avais plus ni force » notre

» ni sentiment, et la pensée de la très-sainte Vierge, dans » qu'à

» sa gloire, n’a servi qu’à augmenter ce feu, et à enflam- » pour

» mer davantage ces ardeurs consumantes, Je prèchai ce » ceme

» jour-là, et Notre-Seigneur daigna me mettre dans l'esprit D » pren

(3) Ibid. t., » Ce que j'avais à dire à notre peuple (3). Prenant pour » tout ee » texte ces paroles : Zienheureux les pauvres d'esprit,

» parce que le royaume des cieux leur appartient, je’ dis | +M.!

» à ces chères âmes : Je m’estime heureux de commencer POUR. À

» le premier discours que je fais dans cette église, par les vecu

54 Sir | p. 283, - » premières paroles du premier sermon que JÉsus-CHRIST mon, Vi

nca l'étaelui de la ager avec ses eccléde Vaugi- Olier avait rs du Père n clergé, à admira le e du nound jour, de fans, pour un tableau de Notre- 18 crois pas ns quelque à d'avance y Ma VOcant la Messe is sirempli > prononcer nt le cœur gneur, par mon âme, us ni force erge, dans à enflanprèchai ce ans l'esprit nant pour s d'esprit, ent, je dis ommencer ise, par les ÈSUS-CHRIST

M, OLIER PREND POSSESSION DE LA CURE, 399 » notre Seigneur adressa à son Eglise, en la personne des » disciples réunis autour de lui : Beati pauperes spiritu, » quoniam ipsorum est regnum cœælorum. C'est une prophé-

(1) Mémoires » tie de mon Seigneur Jésus, qui se véritie puissamment a#t. de M. Olier,

pièce détachée, 1,

» en ce jour, où nous voyons élevée dans les cieux celle mr, p.75. » qui était la plus humble sur terre (1) +. »

« Notre-Seigneur, continue-t-il, prit plaisir, dans cette The ” » solennité, à réparer les abaissements prétendus dans ordinaire que » lesquels j'étais entré pour son service : comme si notre Fe dis ue » sainte Maitresse eût voulu rendre toute sa maison par- sl M. » ticipante de sa gloire et de son honneur. Je ne sais (Olier. » comment il se fait que tous les grands s’humilient de- » vant nous (2). M. de Chavigny (ministre d'Etat), qui se AP es » trouva ce jour-là à mon sermon, vint me faire offre de mi, p.86. » ses services (3). Comme il est maintenant beaucoup Le Jbid. pag. » dans la piété, et qu’ilest un des plus considérables de » notre famille, il témoigne partout que je lui appartiens, » et approuve lui seul ma conduite; ce qui est plus avan- » tageux à nos desseins, que l’approbation de tous mes » proches, et pourra servir à les autoriser parmi messieurs » de la paroisse, qui ne s’y opposeront peut-être pas si ai- » sément. Je vois que ce dessein ira à donner à l'Eglise » beaucoup de bons sujets, que le Roi et Monseigneur le » cardinal (de Richelieu), imbus de nos procédés et de » notre façon de vivre, tireront de notre maison. Je pense » qu'à l’avenir on viendra les choisir chez nous, et que, » pour cela, Diru prend plaisir à inspirer dès ce commen- » cement, de l’estime pour le séminaire (4). Ce qui sur- (4) Mém. aut. » prend ma famille, c’est de voir que je fuis l’honneur de *°,#-04e, tm,

» tout mon cœur, et que, néanmoins, les grands, entre

+ M. Baudrand, Mémoires, pag. 20, suppose que les paroles Ego sum pastor bonus, servirent de texte à M. Olier ; c’est ce qu'on lit aussi dans los Remarques hist. sur la paroïs.e de Saint-Sulpice, tom. 1, p. 283. — Il faut dire plutôt que M. Olier les commenta dans ce sermon. Vie de M. Olier par M. de Bretonrilliers,t, 1, pag. 436, 437.

(1) Mém, aut, de M,Olier,Uu, p

(2) Ibid,

pag:

Marques d'ap-

probation

M, Olier reçoit publiquement d'un grand

uoinbre de doc-

teurs, * NOTÉE p. 422,

autres Madame la princesse de Condé, Madame la duchesse d’Aiguillon, me témoignent une affection singulière, et s'emploient à me servir en tout ce qu'ils croient m'obliger, Hier, comme je désirais, peur un petit service, le concours de quelqu'un de mes parsats, toujours fort en colère contre moi, j’appris, au moment méme où j'en avais besoin, que le principal d’entre eux était tout changé et converti de sa mauvaise humeur, allant jusqu’à pleurer de tendresse en entendant parler de moi et du succès que la bonté de Dieu donnait à nos entreprises, Notre bon Maitre nous donne tous les jours des marques de son amour si évidentes, que j'ai aussitôt tout ce que je désire. Hier encore, j'avais besoin d’une personne pour faire une charité, et aussitôt elle arriva et fit ce que je désirais (1). Cet après-midi, étant obligé de rendre visite aux plais grands du royaume, j'en ai reçu toute sorte de caresses et de témoignages d’estime, surtout de La part d’un des principaux de l’Etat, qui, depuis plusieurs années, où Dieu prenait plaisir à me tenir dans le mépris et le rebut de tout le monde, était le premier À me dédaigner et à se railler de moi. Ce qui me surprend le plus, c’est que ce même seigneur, qui, pour la conduite de sa conscience, avait une parfaite confiance dans un ecclésiostique, lequel, par la permission de Dieu prévenait contre moi tout le ronde; ce seigneur, dis-je, a quitté l’ecclésiastique dont je parle, et semble avoir tourné maintenant toute son affection vers nous. Je ne puis assez admirer la providence de Dev, qui humilie et qui élève, qui mortifie et qui vivifie, quandil lui plait (2). » Le jour de la ‘Translation de saint Sulpice, 27 août, il plut à la bonté de mon Maitre d’inspirer la même es-

» time à quantité de docteurs de Sorbonne, et d’autres

ecclésiastiques qui se trouvaient dans l’église, attirés par la solennité du jour*. Considérant que, par ma condition de curé, j'étais devenu l'époux de toutes les

2, dé, Madame ]1 ine affection sinn tout ce qu'ils is, peur un petit nes parrats, toupris, au moment cipal d’entre eux uvaise humeur, entendant parler Eu donnait à nos 1e tous les jours que j'ai aussitôt is besoin d'une sitôt elle arriva idi , étant obligé oyaume, j'en ai ages d'estime, e l'Etat, qui, delaisir à me tenir ide, était le premoi. Ce qui me neur, qui, pour irfaite confiance mission de Diec eigneur, dis-je, t semble avoir ers nous. Je ne , qui humilie et d'il lui plait (2).

ilpice, 27 août, er la même esle, et d’autres l’église, attirés le, par ma conde toutes les

M. OLIER PREND POSSESSION DE LA CURE, #01 » âmes de la paroisse, et que je devais porter, comme » mes propres maux, leurs infirmités et leurs misères : » je voulus me préparer pour prècher ce jour-là; j'étais » accablé par toutes ces pensées, et je parlai sur la » grandeur des fonctions sacerdotales et de la charge que » Dieu imposait aux pasteurs. Tous ces docteurs, et ce nom- » bre extraordinaire d’ecclésiastiques qui m'écoutaient, » témoignaient ètre extrêmement satisfaits de ma prédica- » tion, Je ne sais pas pourtant d'où venait le contenteraent » qu’ils faisaient paraître. [1 me semble que je n'1 point » encore prèché dans la pleine lumière de Dre u » la vigueur de sa pure parole, comme, par la » corde de Dre, je l'ai fait autrefois. J'espère que Jésus {1 Mém. aut. » Curisr, mon Maitre, me fera un jour cette grâce; j’en = . eo » ai la confiance (1). »

M. Olier nous a conservé, dans ses Mémoires, les principaux traits de ce discours. Nous n’en rapportons ici que le suivant, pour ne pas interrompre le fil de l’histoire. « Les anges ne sont obligés de rendre leurs devoirs à Det » que pour leurs propres personnes, au lieu que les prètres » et les pasteurs sont obligés encore pour toutes les âmes » qui leur sont confiées ; et c’est ce qui fait trembler les » anges à la vue de ce fardeau, dit le grand saint Bernard : » Onus ipsis angelis formidandum. Ah! si le prêtre peut » suffire à peine pour lui-même, que sera-ce de se voir » chargé de tant d'obligations et de tant de devoirs! Es- » prits célestes, secourez-moi ; anges saints, qui tremblez » à l'aspect de ma charge, prètez-moi votre force. Ange, » qui que tu sois, qui es venu conforter JÉSUS-CHRIST acca- » blé sous le poids de la justice de son Père, de ce Père » irrité contre lui, par cela seul qu’il le voyait chargé des » péchés des hommes ; Ange saint, aie compassion de moi » qui porte aussi ce fardeau, et qui n’ai point toutefois » la divinité pour me soutenir, comme l'avait Jésus- » Curisr. Ames religienses, qui faites l’ornement de cette À 26

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