‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S.-Sulpice [microforme] (volume 2)Chapitre 190 sur 251 · SUR L'ÉTABLISSEMENT DES SÉMINAIRES EN FRANCE · texte numérisé non relu

SUR L'ÉTABLISSEMENT DES SÉMINAIRES EN FRANCE

NOTE 1, p. 362 — Plusieurs historiens attribuent l’établissement desséminaires, les uns aux Oratoriens, les autres à M. Bourdoise , d’autres enfin aux prêtres de la Mission, ou même à divers évêques, néanmoins l’étude des monuments de cette époque ne nous laisse pas lieu de douter que le séminaire de Vaugirard n’ait été le premier établi dans le royaume. Pour justifier ici la vérité de cette assertion, il est nécessaire d’entrer dans quelques détails :

4° Bérault-Bercastel (1) suppose que, dès leur origine, les (4) Histoire de Oratoriens eurent la direction des séminaires. Il faut cependant lÆglise,t. xx, p. remarquer que ces séminaires n'étaient, au fond, que des colléges, où l’on enseignait, outre les belles-lettres, la philosophie et la théologie. C'était ce que ces Pères pratiquaient encore en (9) Gal. chris- 4656, dans plusieurs de leurs maisons: £ruditioni incumbunt tiuna, per quain collegiis, in quibus, præter humaniores litteras, philoso- arte Er ee. phiam et theologiam profitentur (2). De là plusieurs de ces *@ Journal de séminaires sont appelés séminaires-colléges ; tel que celui de la maison Saint- Luçon, qui fut uni à l'Oratoire en 4616. Celui de Màcon était cos Are de même nature, puisque les Oratoriens devaient y entretenir 167,162. un régent d'humanités, un régent de rhétorique, un professeur Es de philosophie et un de théologie. En 1624, ils prirent la con- fondations de la duite de celui du Mans, qui est encore appelé collége-séminaire Mission,t. n, fol, du Mans, et s’'obligèrent à y entretenir des régents pour les NÉE lettres humaines (3). Or, jamais ces colléges ne furent considérés pur D. Bondoncomme des séminaires proprement dits. Ainsi, par exemple, eg a ar malgré l'établissement des Oratoriens, connu sous le nom de 4 M. Bourdoise, collége-séminaire du Mans, où, en 1651, on enseignait encore #s. in-folio, liv. les humanités, la philosophie et la théologie, M. Emery Marc-la- ES L'é- Ferté, évêque de cette ville, fonda son séminaire en 1645, et en glise de Meaux, donna la conduite aux prêtres de la Mission (4). La inème année, F7, re M. Séguier, évêque de Meaux, établit aussi son séminaire dio- — 4unates de la césain , quoique , en 1637 , on eût donné à l'Oratoire , et pour la Re de re : , l'abbaye de Juilly, qui ne fut jamais qu'un simple 4639." " “” collége (5).

Le séminaire établi d'abord à Paris par le cardinal François de Joyeuse, pour vingt-deux on vingt-quatre Jeunes clercs, sous la conduite des Oratoriens , transféré en 1644 au collége de Dieppe, que ces Pères dirigeaient, puis à Rouen, ne produisit aucun résultat, sans donte parce qu’il avait été établi pour des enfants, « 4 peine voil-on un seul de ces jeunes clercs qui réussisse, » écrivait, en 1656 , saint Vincent de Paul, « Ce pieux dessein » n'ayant pas été tout-à-fait exécuté, dit l'historien des arche- » vêques de Rouen, la fondation fut destinée pour nourrir trente » pauvres écoliers, » qu'on appelait dans ces derniers temps

(4) Annules de les Joyeuses, du nom de leur fondateur (1). Le séminaire de a eue Reims, établi par le cardinal de Lorraine, à son retour du concile Histoire du car. de Trente, ne s'était soutenu qu'environ vingt ans , quoiqu’on dinalde Bérulle, semble dire le contraire dans le Gallia christtana. L'ancien el historien de M. Bourdoise ajoute : « Au bout de vingt ans, il toire des arche. » dégénéra si fort, que les ecclésiastiques qu'on y élevait ne Ep » servaient plus que de laquais à MM. Jes chanoines, pour leur Reeueil des (2. porter la queue, lorsqu'ils allaient au chœur, d'où ils prirent le tresde saint Vin » nom de caudataires. » On avait essayé de rétablir ce séminaire CET VAE. on 4698; mais il était entièrement déchu, lorsque, en 4641, M. de

Valencé fut transféré de l'évêché de Chartres à l’archevêché de Reims. Celui de Bordeaux, malgré le zèle du cardinal de Sourdis,

(2) Pre de M. wavait pas non plus réussi (2), n'étant également qu’un sémtee er naire-collége. K faut en dire autant des autres séminaires v, p. 539. — pie institués jusqu'alors dans le royaume. Nous ne pouvons entrer du méme, Ms, dans la discussion des faits, qui serait la matière d’un ouvrage rie VW considérable ; mais, pour nous borner à ceux qui concernent de M, du Fer- V'Oratoire, nous ferons observer que le séminaire que M. Taba- 4 le is nes raud suppose avoir été fondé à Lyon, par le cardinal de Marquedinal de Bérutte, MON, dans la maison destinée à l'éducation des jeunes Oratoriens, we Fe ne fut point un séminaire proprement dit, mais seulement une p.49. rien age, Maison dont les cours de théologie pouvaient être ouverts aux de Grandet, 1. . ecclésiastiques du dehors, comme ceux des Universités, 1 paraît aisé M a. même qu’il n’y avait point encore, à Lyon, de véritable sémi- Notice sur M, naire, deux ans après la mort de M, Olier, lorsque M, Hurtevent de Marquemont, y établit celui de Saint-lrénée (3), quoique les Ænnales des ant ge Oratoriens fixent à l'annér ‘3 l'établissement de leur sémi- LOrat. ann.1658, naire à Lyon (4).

2 Nous remarquerons aussi, en passant, que les réunions d’ecclésiastiques, formées par M. Bourdoise à Arles, à Laon, à Chalonssur-Marne, Senlis, Angoulême, Cahors, Coutances, Séez, Noyon, Nantes, Lyon, Bourges, et que l’anteur dde sa F'ée appelle du nom de

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LU LIVRE NEUVIÈME, 405 séminaires , ne furent que des communautés de paroisse, on des colléges de jeunes écoliers. M. Bourdoise donnait même le nom de séminaires aux petites écoles, et nous verrons qu'elles sont en effet désignées sous ce nom dans le projet d'établissement de Montréal. 11 paraît que M. Collet a été induit en erreur par cet écrivain : « Saint Vincent de Paul, dit-il, voyant que ces séminaires ne réussissaient pas, y ajouta quelque chose, en établissant avec M. Bourdoise des séminaires sur le même pied où ils sont encore aujourd’hui. » Du moins il est inexact, s’il veut parler ici de ceux que M. Bourdoise établit av nt 1642 (1). Au reste, (1) F'iedesuiné l'historien de ce dernier rapporte que ce qu'il appelle le Sé- incentdePaul, > ., par Collet, in-4, minaire de Chälons-sur-Marne, auquel M. Bourdoise avait 4, ;, p. 243. essayé de donner commencement en 1624, ne réussit pas,

et que ce ne fut qu’en 1642 que M. Félix Vialar forma le sémi- @) Pie Ms. de

naire de son diocèse (2); on doit en dire autant de toutes les y, ÿowrdoise in autres réunions d’ecclésiastiques formées par M. Bourdoise. 40, p. 43.

3 Il est vrai qu'avant cette année les prêtres de la Mission avaient déjà introduit l’usage de la retraite pour les ordinands dans plusieurs villes où ils étaient établis, comme à Anneci, à Saintes, à Alet, à Richelieu, à Troyes, à Créci, mais sans y avoir formé pour cela des séminaires : car celui d’Anneci ne fut fondé qu’en 1663, par M. d’Aranthon d’Alex (3) ; celui de Saintes, en AR pus 1644, à condition que les prêtres de la Mission y entretiendraient Miss. L.1f0l.201, deux clercs, et y feraient faire les exercices de dix jours à tous verso;214,verso. ceux du diocèse (4). Ces exercices avaient'été établis à Richelieu, (4) Zbid. t. n, fol. en 1638, en faveur des ecclésiastiques du diocèse de Poitiers; $3et ce ne fut qu’en 1681 que M. de la Hoguette fonda le séminaire (5) Züid. t. im, de ce diocèse, dont il donna la conduite aux prêtres de la Mis- a ras sion (5). 11 faut dire la même chose du séminaire de Meaux, fol. 851.—Histoiétabli en 1645, quatre ans après la fondation des exercices des “à Pl Site ordinands à Créci, pour les clercs de ce diocèse (6). Enfin 7e, ? ‘ ? l'évêque de Troyes, en fondant le sien, en 1662, déclare expres- (7) Actes des sément que les exercices des ordinands, établis en 1638, par ren ei M. de Breslay, son prédécesseur, étaient insuffisants pour former 39, 475, ‘

ses ecclésiastiques (7).

Un écrivain Italien dit cependant que le séminaire d’Annetc; est le premier qui ait été établi au-delà des Alpes, pour les personnes déjà un peu avancées en âge. Il me semble , ajoute avec raison M. Collet , que ce point souffre difficulté (8). (8) Vie de s. Nous lisons, en effet, dans les actes originaux, que le comman- « cogne ds deur de Sillery, après avoir fondé les prètres de la Mission dans } 395,326 et note.

cette ville, en 1639, les obligea , l'année suivante, à employer le

| \ | répli surplus de leur revenu à recevoir et à instruire les ordinands ue ns

du diocèse de Genève, en tel nombre que la somme le pourrait de G

porter ; mais on n’y reçut guère que les retraitants. En 1647,

lorsqu'il existait déjà plusieurs séminaires en France, les prêtres

de la Mission d’Anneci, au rapport de saint Vincent, n’avaient

(4) Actes des ENCOre que huit sujets, et M. de Maupas, en 1660, appelait leur fondations de la élablissement : un séminaire pour l'examen des ordinands, visite An hs Dur ce qui semble montrer que ce n’était point alors un séminaire afin d verso.— Oraison Proprement dit; puisque, d’ailleurs , le séminaire d’Anneci ne de l'a funèbre à la mé- fut fondé, comme on l’a dit, que trois ans plus tard par M. d’A- FR ranthon, qui même l’éfablit dans la maison des prétres de la

p.37. Mission, et leur en donna à perpétuité la conduite (1).

dit so eusse parer faisait

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jours

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On lit encore que, en 1638, M. Alain de Solminihac, évèque tume

de Cahors, institua, dans son premier synode, un séminaire sacri

pour de jeunes clercs, conformément au décret du saint concile rever

de Trente. Mais, contraint d’abandonner ce dessein, par défaut possu

de prêtres capables de le conduire, il en chargea, en 1643, nand

r one De ceux de la Mission ; et encore ne les obligea-t-il qu’à faire la citiis

Mission, 1. », fol, rétraite de dix jours aux aspirants aux ordres sacrés, et à garder sanci 255, 257. avec eux trois séminaristes (2).

ORI On a écrit aussi que le séminaire de Valence, fondé en 1639,

par Jacques de Leberon, évèque de cette ville, fut le premier | (3 Vie de M. grand séminaire, proprement dit, établi dans le royaume (3). NO er Pr. Outre que cette assertion d’un auteur beaucoup trop récent est érnps du Père Eudes, démentie, comme on la vu, par des témoignages contemporains, meuli iv. it, p.120. Îles renseignements qu'on nous a donnés à Valence même (4), duran (Archives du on piont sn éminai fut d’abord qu’un sé- la nu département de pposer que ce séminaire ne fut d’abord qu’un sé 4 la Drôme : livre Mminaire-collége, comme étaient alors ceux que dirigeaient les Char contenant les Oraloriens ; du moins le collége de Valence, ayant été établi en l'avait mate ct colle. 1648, fut annexé à perpétuité au séminaire, et fixé dans la même la Me minaire et cullé , xé à perpétuité au séminaire, et fixé dans la même : ge de Valence. maison, par acte consulaire du 14 octobre. Îl est encore à remar- mine! quer que les directeurs du séminaire étaient appelés du nom de la sot régents : ce qui avait lieu dans les séminaires-colléges. Ils con- forme servèrent ce titre jusqu’à la Révolution. petite comn comf SUR LES EXERCICES DES ORDINANDS. tandi et le

NOTE 2, p. 363 — Les exercices de dix jours avant l’ordi- | quete nation étaient tout ce qu’on attendait des évêques les plus pieux FEPOI et les plus zélés. Le trait suivant en fournit une preuve sans loges

dinands

pourrait n 1647, prêtres avaient lait leur inands, minaire neci ne M. d’A- >s de la

; évêque éminaire concile r défaut n 1643, faire la à garder

en 1639, premier ume (3).

cent est iporains, ème (4), u’un sélient les établi en la même | remarnom de Ils con-

t l’ordius pieux ve sans

DU LIVRE NEUVIÈME. #07 réplique. L'un des plus vertueux prélats de ce temps, et dont la vie édifiante a été donnée au public, M. Barthélemi de Donnadieu de Griet, évèque de Comminges ;'apportait des soins extrêmes, dit son historien, à bien choisir les ordinands. Il exigeait qu'ils eussent l’après-midi de la veille de l’ordination, pour s'y préparer par une confession générale; vers trois heures, il leur faisait faire nne exhortation commune, et, le soir, il envoyait des visiteurs pour parcourir les lieux où les ordinands étaient logés, afin de connaître ceux qui s’y comportaient mal, et de les rayer de l'ordination pour cette fois (1). Aussi le Père Bourgoing, (1) fie de meslorsqu'il publia, en 1639, son ouvrage sur les Exercices de dix sire de Donna- F e ù 4 ‘ dieu, liv. 11, ch.

Jours, le premier, dit-on, qui parut en France (2), conjura les axxIN, p. 845. évêques de les établir dans leurs diccèses, se servant même de (2) Cloysault, ces expressions, qui montrent assez l’état déplorable de la cou- Cuans ap tume à cet égard : Quod ut possim impetrare, totius vitæ me teurs de la Consacrificia, vota, precesque non dubitanter offero; ipsosque grégation, p.288.

R PAS ‘ (3) Znstitutio reverendissimos et piissimos præsules, flexis genibus, et qud apiritualis ordipossum humilitate iterum obsecrare non verebor , ut ordi- nandorum, aucnandos…. decem vel octo ad minus diebus Deo pis exer- fe, rpg citiis vacare (compellant), atque … nullum prorsus ab lege à, 163%, prœfat.

sancila quovis prætextu eximant (3).

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