‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S.-Sulpice [microforme] (volume 2)Chapitre 191 sur 251 · ORIGINE DU SÉMINAIRE DE SAINT-NICOLAS DU CHARDONNET · texte numérisé non relu

ORIGINE DU SÉMINAIRE DE SAINT-NICOLAS DU CHARDONNET

NOTE 3, p. 363. — La petite société de M. Bourdoise , longtemps sans demeure fixe, et si pauvre qu’elle manquait des meubles les plus indispensables, jusqu’à se servir pour tables, durant le jour, des volets qui la garantissaient du froid pendant la nuit (4), fut enfin incorporée au clergé de Saint-Nicolas du y) pie de M. Chardonnet, dont elle porta depuis le nom. Le cardinal de Retz Bourdoise,in-4e, l'avait chargée d'enseigner aux nouveaux prêtres les cérémonies de P- #01: 558: la Messe, avec les rubriques du Bréviaire et du Missel, et d’examiner les prêtres étrangers qui arrivaient à Paris. Elle reçut de , aufi Plusieurs (5) Abrégée de la sorte un grand nombre d’ecclésiastiques. Plusieurs, pour se Éovigine <dé. le former aux fonctions du saint ministère, ou à la conduite des Communauté et petites écoles, venaient même demeurer en pension dans cette Séminaire de S.- : : , Nicolas, 1647. — communauté (5). En 1627, quoique la société de ces prêtres fût 4,,h, du Royaucompose de dix membres, un seul avait le soin des étudiants, me, sect. hist. tandis que trois étaient occupés aux petites écoles des garçons, gr Fra et les autres aux divers emplois de la paroisse (6). Les pension- gourdoise, liv. naires étaient trois ou quatre fois plus nombreux : On en re- 111; p. 252. ni Las x . À ie (7) Vie du mécevait, dit l'historien de M. Bourdoise, autant qu'on pouvait en Ms, into, loger honnétement ; cette communauté étant ambulante (7). 79.

En 1634, l’on en cumptait de quarante à cinquante, lint prêtres (9) Wie impri- que clercs (1). Un plus grand nombre encore s’y rendaient pour mée, p.25. agsister aux offices de la paroisse ou aux entretiens. M. Bourdoise nu (2 Jbid. y. sos fut même chargé, par les évêques de Beauvuis et de Laon, de et suiv. 238, 242, veiller sur la conduite des clercs de leurs diocèses, résidants à NO Pb r< Paris (2). Mais la maison de Saint-Nicolas, érigée en communauté » men Communauté, i- en 1631, n’était, en 4642, qu’une simple communauté de prêtres » l’amc bid. de paroisse (3). » dére » sère Les réglements qu’on y avait suivis jusqu'alors ne permettaient » sorti pas, en effet, qu'elle fût autre chose; car M. Bourdoise voulait » perd que sa communauté dépendit entièrement, non-seulement du » de n curé, mais encore des marguilliers de la paroisse, afin qu’on püt » aidé en renvoyer plus aisément les prêtres, s'ils manquaient à leur » com devoir, Ce fut même l’occasion de l’espèce de rupture qui eut » sent lieu entre M. Bourdoise et ses confrères, lorsque ceux-ci, pro- » défa litant de son absence , s’adressèrent à l’archevèque de Paris, » men qui les érigea en communauté et séminaire, le 20 avril 1644, » mê et les soumit à sa juridiction. L'acte même d’érection de cette » faut communauté en séminaire montre assez ce qu'elle avait été au » aveuf commencement. On y déclare que la société se propose trois fins : . »lesé la première est la sanctification particulière de ses propres mem- » il lé (à) Gall. chris- bres ; la seconde, le service des paroisses, et particulièrement lus tiana, t, vn, col. l'instruction des jeunes garçons dans les petites écoles ; enfin, » roles APR ee 360, la dernière, la formation des ecclésiastiques dans ce séminaire » elle : 370, 874. sous la dépendance de l’archevêque de Paris (4). » Saint

» ble bi » puiss » Opéra » hors

NOTE 4, p. 368. — « Dans l'établissement de l'Eglise, ce » grand œuvre de sa puissance, Dieu, dit M. Olier, s’est servi » de la petitesse en la personne de JÉsus-CarisT, pour l’en- Vos » treprendre, afin qu’on vit ouvertement qui avait élevé ce » Tous

» grand ouvrage. Il s’est servi de l’extérieur humble et petit de l » Jésus: CHRisT , son Fils, de ses petites prédications, de ses nine » persécutions, de sa croix, et ensuite de la folie de ses maximes, Se

» de la faiblesse de ses Apôtres, de leur ignorance, pour abattre

» le monde, et renverser l’orgueil et la sagesse de Satan. C'est + M. » le dessein de Dieu, de vouloir paraître en tout l’auteur de son lement’, » ouvrage, et de ne souffrir que personne, pas même son Fils, le fruit » cet instrument si parfait, si divin, lui dérobe rien de sa gloire. celle de (5. Mémoires » Ainsi DIEU prend plaisir à employer pour ses œuvres ce Pr LS » qu’il y a de plus abject et de plus indigne (5), et s’il se sert | HEC 46) Füid.ta,p. ” de moi dans les petits emplois de la compagirie, c’est que je tp. qu 477 » suis le plus impertinent de tous (6). tura 8

it prêtres ient pour Bourdoise Laon, de sidants à nmunauté le prêtres

mettaient e voulait ment du qu’on püt nt à leur e qui eut x-ci, prode Paris, ril 1644, de cette ait été au rois fins :

res memlièrement es; enfin, séminaire

glise, ce ’est servi our l’enélevé ce t petit de s, de ses

aximes, r abattre an. C'est r de son son Fils, sa gloire.

uvres ce l se sert st que je

DU LIVRE NEUVIÈME. k09 ABANDON DE SOI-MÊME À L'ESPRIT DE NOTRE-SBIGNEUR.

NOTE 5, p. 373. — « Dieu m'a fait connaître, par le change- » ment qui s’est opéré en moi, dit M. Olier, un stratagème de » l’amour-propre: c’est de nous appliquer toujours à nous consi- » dérer nous-mêmes, sous le beau prétexte de regarder notre mi- » sère pour nous en corriger ; et c’est, en effet, le moyen de n’en » sortir jamais ; car nous ne faisons alors que nous décourager et » perdre le temps, n’étant pas capables de nous élever au-dessus » de nous-mêmes. Le moyen qui m’a beaucoup aidé, et qui en à » aidé beaucoup d’autres, à qui je l’ai proposé, c’est qu’étant, » comme je le suppose, dans la grâce qui rend le Saint-Esprit pré- » sent en nous. et ayant la volonté sincère de nous corriger de nos » défauts : au lieu de les éplucher +, il faut nous donner fréquem- » ment au Saint-Esprit, afin qu’il nous élève au-dessus de nous- » mêmes, et nous fasse agir par lui. C’est donc à cet Esprit qu’il » faut nous abandonner ; nos âmes s'étant égarées, déviées et » aveuglées, il nous a été donné pour les redresser, les diriger, » les éclairer. C’est lui qui est notre principal directeur, comme » il l'était de notre Seigneur JÉsus-CHrisT, de qui il est dit: Duc- » tus à Spiritu in desertum ; rediit in Spiritu, et autres pa- » roles semblables. Aussi, une âme vraiment chrétienne n'est- » elle appelée spirituelle, que parce qu’elle est conduite par le » Saint-Esprit. O ! quel trésor que celui-là ! quel incompréhensi- » ble bienfait ! Combien de chrétiens laissent le Saint-Esprit im- » puissant en eux-mêmes, pour ne pas vouloir consentir à son » opération divine ! Quel prodige que cet Esprit, tout-puissant » hors de nous, se tempère tellement avec nous, que nous pou- » vons empêcher ses desseins, et lui résister si nous voulons ! » Tous les hommes ensemble ne seraient pas capables d'arrêter » le mouvement d’une planète, qui n’a cependant pour principe » que la force d’un esprit céleste ++; et un homme, quoique

+ M. Olier ne veut pas exclure ici les examens de conscience, mais seulement ces retours inquiets et curieux sur soi-mème, qui sont ordinairement le fruit de l’amour-propre. Sa doctrine, en cette matière, est analogue à celle de saint François de Sales, Zntroduction à lu vie dévote, part. 1v, chapitre 1x. — Traité de l'amour de Dieu, liv. van, chap. xiv.

++ C'est le sentiment des anciens sur le mouvement des astres. S. Thom. tp. quest. 410, art. a. Natura corporulis natu est moveri immedialé a nutura spiritali secundüm locum : unde philosophi posuerunt suprema cor-

(t) Mémoires ” Seul, peut, par sa liberté, s'opposer aux mouvements de l'Es-

aut, de M. Olier, t.1, p. 125, 126.

» prit créateur, qui attend son consentement pour faire agir sa » puissance divine (1).

Page 1