PRÉFACE
La divine Providence, qui appelle chacun des membres de l'Eglise à exercer quelques fonctions spéciales dans ce grand corps, leur donne toujours les dispositions et les talents nécessaires pour les remplir selon ses vues. Il est vrai que, parmi tant de vocations diverses, plusieurs ne sont pas manifestées avec une entière évidence ; mais d’autres portent avec elles des caractères si visibles et si saillants, qu'il serait difficile de les méconnaître. Telle est d'ordinaire celle des hommes que Dieu appelle à établir quelque société particulière, ou à opérer quelque renouvellement dans l’Eglise ; et rien sans doute n’est plus digne d’une philosophie vraiment chrétienne, que d'étudier la conduite de la divine Providence sur ces hommes choisis, et de considérer en eux l’heureux mélange des dons de la nature et de la grâce, qui les ont rendus. propres à réaliser ces grands desseins, C'est le but que nous nous proposons dans cette Préface de la Vie de M. Olier, instituteur du séminaire et de la
CR But de cette Préface.
vij PRÉPACS.
société de S. Sulpice, et l’un .'es ecclésiastiques du second ordre, que Drxu suscita au xvn' siècle, pour procurèr en France l’établissement des séminaires, et la réformation du clergé. Ces deux œuvres devaient avoir la plus grande influence sur la société ll. chrétienne ; et, afin de mieux apprécier la
nes sagesse de Dreu dans le choix des moyens
vellement don- qu’il employa pour les établir, il ne sera nés à l'Eglise jusqu'au xve pas inutile de r appeler en peu de mots quel
dues en, était alors l'état de l'Eglise; et de mon-
“cl ordres trer aussi comment J ÉsUs-CHRIST, son divin RUE époux, toujours fidèle à ses immuables probe pe à messes, lui a ménagé dans tous les temps dorust. le Psot des secours proportionnés à ses besoins.
—$.6reg. Man. Les principaux traits de ce tableau se- Moral. libro xvu, é . .
än «ap. xxvi. ob, TONt fournis par M. Olier lui-même :
eap. XVI,P. 543. — , . °: ,
Origen.in Gens. « T,’Eglise, dit-il, figurée par la lune dans bom. 1, 55.
Hug. as. Pietin » les Ecritures (1 ï a, comme cet astre, ses Genes. L1,t.1,p.
a — Euthymi ? ACCrOiSSemen{s , Ses temps de perfection
M hi Zigabe- Q niin Psalt.nx, > ét Son déclin, par rapport aux mœurs
rss » des particuliers +. Aux deux premiers
+ Hic enim temporaliter transit Eeclesia :.… augeri et minui potest, aliquando transibit (2).
Unde tanquam luna quædam, per privationem seu lucis de- (8) S. Anastas, fectum, obscuros hæresum defectus, et afflictiones inimicorum su- OT ages bit Ecclesia; animi deliquium ferè patiens, et tanquam deficiens, p.#4. ” citù autem iterum refulgens aut lucem propriam recipiens (3). Debetis attendere quôd, sicut luna aliquando clara est, aliquando obscura, ita sancta Ecclesia, quæ gerit similitudinem lunæ, quæ (à) F. Hilde- ; ee 2e * | x bert, Serm. p.67 illuminata [a sole justitiæ illuminat noctem hujus sæculi (4).
(2)S.Aug.tiiv, Fid.
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clésiasscita au e l’étamation it avoir société écier la moyens ne sera ts quel > mon- )n divin les pro- temps ins.
eau se-
et minui
lucis decorum sudeficiens,
PRÉFACE. ix
» siècles, qui furent proprement le temps » de sa naissance et de son croissant, elle » ne paraissait presque pas : elle était dans . l'obscurité, cachée dans les cavernes, » n'étant rendue visible que par le sang » de ses martyrs. Elle demeura ensevelie » de la sorte, l’espace de deux siècles, ac- » complissant alors la prophétie du Fils » de Dieu, qui avait dit d'elle, aussi bien » que de lui-même et de tous ses membres :
» St le grain de froment ne tombe en terre » et ne meurt, il demeurera seul (1). C'était 4 Jo. ui » la saison où le grain se pourrissait, pour » germer et paraître ensuite. L'Eglise était » ce beau grain de froment, qui, après » avoir été enseveli, devait se multiplier par » tout le monde, s'élever de ses propres » ruines, et se dilater par une sorte de ré- » surrection dans toutes les parties de l’uni- » Vers.
» Après deux siècles et plus de persécu- » tions effroyables, elle fut tirée de des- » sous le boisseau, pour être mise sur le » chandelier. Sa lumière commenca à luire » en Occident dans la puissance ecclésias- » tique et séculière, en la personne de saint
. . (1) Apud PV”, Be.
Præsens Ecclesia, propter augmentum et decrementum, lunæ dam. in Paul.103,
comparatur (1). 4 vint, p. 807.
(2) S. 1Isidori
Ceclasia. in ista : à alits sarnis pandt Hispal, de Cyclo | Ecclesia, in ista adhuc mortalitate carnis constituta, PrOpter eh, cap, xxvis, ipsam mutabilitatem, lunæ nomine significatur in Scripturis (2). p. 50.