‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S.-Sulpice [microforme] (volume 2)Chapitre 201 sur 251 · ET DANS L’EXERCICE DU MINISTÈRE PASTORAL · texte numérisé non relu

ET DANS L’EXERCICE DU MINISTÈRE PASTORAL

M. OLIER ÉTABLIT UNE COMMUNAUTÉ DE PRÊTRES DESTINÉS AU SERVICE DE LA PAROISSE DE SAINT-SULPICE,

Ceux qui comprennent combien le ministère pastoral est L difficile à allier avec la direction des séminaires, pourront Fe re être surpris de voir M. Olier appelé par la Providence à à unir, en sa gouverner la paroisse la plus populeuse et la plus dé- ere de . pravée de la capitale, et, en même temps, à instituer et à par a : diriger le premier de ces noviciats du sacerdoce établi dans séminaire. le royaume, pour donner l’impulsion à tout le clergé, selon la prédiction du Père de Condren. L’expérience montra néanmoins que, loin de préjudicier à l’œuvre des séminaires, l'exercice des fonctions curiales devait au contraire fournir à M. Olier le moyen d’en procurer enfin l'établissement. Après tant d’essais sans résultat, il fallait persuader aux évèques la possibilité et les’avantages de

ces maisons cléricales; et ce fut pour cela que la divine

Providence chargea M. Olier de ces deux œuvres si- : gle , inultanément. Par la réforme de la paroisse de Saint- » règle Sulpice, elle voulut montrer l'excellence de l’œuvre du » empl séminaire qui l'avait produite; du moins, chacun consi- M. Olil déra comme un effet du zèle et de la grâce de cette mai- tous Île son le renouvellement du faubourg Saint-Germain : car, que, af

dans ces commencements, le séminaire et la commu- ment nauté des prêtres qui desservaient la paroisse ne formaient d'une qu'un même corps; et M. Olier n’eut guère que les ec- moyen semer Un clésiastiques venus avec lui de Vaugirard, pour premiers vant a p. 50, note, coopérateurs de son zèle (1). du mil Un autre dessein de la Providence divine en le pla- n'avait cant à la tête de cette vaste paroisse, était de donner, ler à la en sa personne, à tous les disciples qu’il devait former, » nir, et généralement à tous les prêtres, le modèle d’un pas- » donn teur accompli dans l'exercice de sa charge, qui ensei- » tant ] gnât, d’après l’expérience, les moyens de ramener à une » qui $ vie chrétienne la paroisse la plus dépravée, et de rétablir » fet, il la majesté du culte divin. Celle de Saint-Sulpice devint » par en effet, en dix ans, la plus régulière de toutes les pa- » tels q roisses de la capitale, et servit même de modèle pour » ment les réformer. C’était ce que M. Bourdoise demandait à au ren Dieu depuis longtemps. « Vous ne voyez presque point, | Ce n'es » disait-il avec amertume, et j'ose dire point du tout, commu » d'église dans le royaume, ou, pour le moins, je n’en ai sait pre pas encore vu, ni entendu dire qu'il y en eût, où le imiter service divin et toutes les choses qui regardent le bon ordre, les rubriques et les cérémonies, ou les vète- Pr » ments etles ornements, tant des personnes que des au- pe » tels, soient réglés et pratiqués selon les cérémoniaux | Oblats. 3 et les règles de l’Eglise. Un de mes désirs serait de 1 ++ Ce voir une église particulière, réglée, ornée, meublée et les autel desservie, selon que l'Eglise le veut et l’ordonne; de | . sorte qu’il ne s’y fit rien et qu'il ne s’y vit.aucune chose re dont on ne püt rendre la raison, et dire par quelle rè- | » commu

+ Sain

res Si- | Saintuvre du 1 consite main :car, ‘ommurmaient les ecremiers

le pladonner, former, un pasi enseier à une rétablir » devint

1oniaux èrait de

telle rè-

FORMATION DÉ LA COMMUNAUTÉ, #25 » gle elle s'y ferait; et qu'ainsi cette église püt ètre la » règle des autres, La vie d'un homme ne serait pas mal

» employée à ce bel ouvrage (1), » Pour le commencer, (1) Sentences : , , 1 st , chrétiennes et cc- M. Olier s'efforça d'abord de réunir en communauté ctésiustiques de

n : M. ie .

tous les ecclésiastiques qui devaient le seconder, afin mur Do dre

que, affranchis de toute sollicitude temporelle, et unique- #o"s ecclésiasti- , 4 ques, n, 4, in-4;

ment appliqués à Duuv, ils pussent donner l'exemple pr: ii.

d’une vie vraiment évangélique + (2); et Dieu bénit ce mu cette j | F storiques,t. ut, moyen ++, Abelly, ancien évèque de Rodez, et aupara- p. 606. — ie

Wa, de M, Oli ant curé de Saint-Jowe, à Paris, frappé de l'influence pr w. de bre.

du ministère pastoral de M. Olier, a mème écrit qu'il Ut n'avait pris cet emploi que dans le dessein de travailler à la réformation du clergé de France, « Pour y parve- »nir, dit-il, il prit la cure de Saint-Sulpice, afin d’y » donner un modèle d'une bonne conduite de paroisse, » tant pour la personne du curé, que pour les prêtres » qui sont appliqués par lui à la desservir. Pour cet ef- » fet, il y établit une grande communauté de prêtres, et, » par ce moyen, il y a produit de très-grands fruits, » tels que chacun sait, avec l’admiration et l’applaudisse-

» ment de tout Paris (3), » Ce moyen contribua, en effet, (3) #ie de S. de e Vincent de Paul, au renouvellement des mœurs, partout où il fut adopté. par Abetty, Ms.

Ce n'est pas qu'il n'y eût déjà dans Paris de semblables ! ue un

communautés (#); mais l’esprit apostolique, dont on fai- bon magistrat en la vie et la mort

sait profession dans celle de M. Olier, porta les autres à de M. de Cordes, . , Ç 4 {e in-48, 1645, P. 17 imiter son exemple, à adopter ses réglements, et fut

+ Saint Charles Borromée, pour opérer plus sûrement la réforme de son diocèse, avait eu deein de vivre en communauté avec ses chanoines; et n'ayant pu y réussir, il établit alors la Société des Oblats. Vie de saint Charles, par Giussano.

++ Ce fut le témoignage que rendirent à M. Olier après sa mort, les auteurs de la Gasette de l'rance, « 1 a fait les fonctions de la » cure de cette paroisse, avec un tel progrès, en dix ans, par les | » peines et les travaux que son zéle lui faisait entreprendre, qu'on Poire ed » les a vus suivis d’une réforme générale, par le bon exemple de la 7 avril, n. 42. » communauté des prêtres qu'il y « établis (5). »

+26 PARTIE I, LIVRE L, PAROISSE, — 1042, même l'occasion d'une sainte émulation pour la formation de plusieurs communautés paroissiales, « Les autres éd ds » grandes paroisses de Paris, écrivait en 1660 M. Go- Séminaires , in- » deau, évêque de Vence, ont suivi l'exemple de la com- Pr as a” Munauté de Saint-Sulpice, et la plupart des prêtres . sd F4 Fe. » qu’on nomme habitués, y vivent ensemble avec beaup. 6 et 26. » coup d'édification (1). »

Il. Ce fut donc par là que M. Olier voulut commencer la M. Olier veut ! : : :

réunir en com- réforme de la sienne. Mais l’exécution d’un pareil desrer A3 Page sein présentait bien des difficultés. La principale était de paroisse, Sa le faire goûter aux ecclésiastiques que M. de Fiesque “ag pi avait laissés dans sa paroisse, et qui étaient trop déréglés posent à ce des- Pour y donner jamais les mains. Tout faisait même crainsein, dre que l’établissemént de la communauté ne mît comme un mur de division entre l’ancien et le nouveau clergé de Saint-Sulpice ; et que les ecclésiastiques venus de Vaugirard ne parussent aux autres des censeurs'incommodes, et d’odieux réformateurs. Loin d’être arrêté par ces considérations, M. Olier mit sa confiance en Digu, le conjura de disposer lui-mème les cœurs à ce dessein, vaqua pour cela plus assidûment à la prière ; et, enfin, se sentant pressé d’en faire la proposition à ces ecclésiastiques, il leur adressa un discours qu'il nous a conservé en par- * NOTE {,tie dans ses écrits * (2). Ce discours produisit sur quela “ Mémoires Ques-uns l’effet qu'il avait eu lieu de s’en promettre ; mais Fos . au les autres, parmi lesquels se trouvaient les plus anciens Jusqu'à 304. et les plus qualifiés, se refusèrent à pratiquer la vie commune; ils en vinrent même jusqu’à exiger, pour leurs honoraires, presque tout le casuel, en sorte que M. Olier, résolu de se démettre de son abbaye de Pébrac et de son prieuré de Bazaïinville, depuis qu'il avait accepté la cure, se vit comme dans l'impossibilité de fournir à l’entretien de la communauté des prêtres, s’il exécutait ce dessein. Il était prêt néanmoins à renoncer à ces bénéfices, lorsque ses directeurs l’en empèchèrent, en lui faisant considérer

le bese forme ques q

L'op loin di les au comm dans s les sou éprouv pour e:

foi lui ceux q Aussi, clésias server que, 8 ceux-ci sent pl d'eux.

sa do comme les con des be!

fussent gnés di

Se dans l’ avec le tion, il

formation £s autres 0 M. Gole la comes prêtres vec beau-

mencer la areil desle était de e Fiesque p déréglés ‘me crainait comme eau clergé s de Vauincommoté pat ces u, le conein, vaqua n, se sensiastiques, é en parsur quelttre ; mais 18 anciens vie comour leurs à M. Olier, et de son té la cure, l'entretien

dessein.

:s, lorsque considérer

FORMATION DS LA CUMMUNAUTÉ, 427 le besoin qu'il avait de ce secours, pour introduire 1

alé (1) Remarques

forme dans sa paroisse, et pour entretenir les eceléshnsti- mg ou bo

ques qui devaient le seconder (1).

L'opposition qu'il eut à essuyer dans cette rencontre, loin de diminuer son affection pour ceux qui en étaient les auteurs, lui parut au contraire un motif de les recommander à Dieu avec plus d'instances, Nous lisons, dans ses Mémoires, qu'il offrait, pour leur amendement, les souffrances très-aiguës qu’une maladie lui faisait alors éprouver, et qu'il était même disposé à endurer encore pour eux toutes sortes de maux (2). Son grand esprit de foi lui faisait considérer comme ses meilleurs amis tous ceux qui lui offraient de nouvelles occasions de souffrir, Aussi, quelque mérite que pussent avoir les autres ecclésiastiques qu’il reçut dans son clergé, il voulut conserver aux anciens leur rang et leurs offices ; et de peur que, sous quelque vain prétexte de mécontentement , ceux-ci n’allassent se fixer ailleurs, et ne s’y conduisissent plus mal encore, il augmenta le revenu de chacun d'eux. Enfin, il s’efforça constamment de les gagner par sa douceur et ses manières prévenantes, les honorant comme les anciens de son clergé, les invitant à sa table, les consultant sur la conduite de la paroisse, s’informant des besoins des moins aisés, et faisant en sorte qu'ils fussent tous honnêtement vêtus, logés, meublés et soignés dans leurs maladies (3).

Se voyant donc, par le refus de ces ecclésiastiynes, dans l'impuissance de suffire à une moisson si abondante

(2) Mémoires

aut, de M,Olier, Lun, p, #92,

(3) Wie de M,

Bourdoise, Me in-4, p, #47,

NE, Formation de

de cette com-

avec le petit nombre d'ouvriers qu’il avait à sa disposi- munauté, Elle

tion, il s’adressa à la très-sainte Vierge, son recours

ac est composée 7 bientôt de cin-

coutumé (4). Il la pria de lui obtenir des prêtres rem- quante prêtres,

plis de désintéressement, qui, nullement occupés de leur y; p. 40,

fortune, regardassent cette communauté, non comme une voie pour s’avancer et parvenir à quelque dignité de l’Eglise, mais comme une école de science et de vertus sa-

(4) Hemarques sloriques, 4, 9,

« ‘ , ON Pie de M cerdotales, où chacun ne cherchât que la gloire de Dir. qu'on ier,par le Père : e Giry, partie 4r, Le Ciel l’exauca très-promptement (1), de la manière la et pou

ch. xv, p. 65. — se : , , rusti Remargnes hist, PIUS Sensible (2). La communauté, composée d’abord seule- gustin

‘a v.5l ment des ecclésiastiques venus de Vaugirard, de sept ou Hippoi

P. Em huit autres, qui s'étaient joints à ceux-ci, et de quatre prè- pour nnec omin., . , . . 0 42 sept, p. 422, tres, appartenant à l’ancien clergé de Saint-Sulpice (3), l’exem

29,5% M compta bientôt cinquante membres, tous remplis de zèle il régl

ct liv. "et de ferveur. De ce nombre était M. Le Vachet, dont la vie de sa C », ee —

méme, in-4, p. apostolique a été donnée au public, et que saint Vin- en CO 518, 519. Q , 4 0 704 Q de la () Vie de M. Cent de Paul avait engagé à grossir cette société nais-

Le Vachet, chap. &, h exiger xv, in-12 : 1692, sante (+). d

p.61. — Remar- a Que la bonté de notre grand Maitre est admirable, de ref ques historiques, À ‘ À tuwp.at. » disait M. Olier, en témoignant sa reconnaissance , de (FSRE » daigner susciter, pour mon soulagement, des personnes trodui » très-capables ! Elle a donné à la paroisse, pour le soin afin de » des pauvres, un homme des plus zélés qu’on puisse trou- en don » ver pour ce genre de ministère, M. l’abbé de Foix; pour » place » la conduite des prêtres, M. du Ferrier, personnage , franc » d’une haute piété et des plus entendus parmi ceux de » riche » ma connaissance ; pour la décence de l’église et pour la » Noir » sacristie, un homme des plus zélés pour le culte exté- » NV'ap ,® use » rieur (5), et qui a autant de piété et d’aptitude pour cela Doubs 24, p. Gij, iv, » Que je pourrais le souhaiter, c’est M. de Bassancourt. » tretic » Les divers emplois que ces Messieurs remplissent sont Du | » autant de ministères auxquels je devrais vaquer par l'amou » moi-même; mais, ne pouvant le faire, à cause du grand [R ‘aractè » nombre d’occupaticns dont je suis chargé comme curé, mun; 0 DM Oe » la providence de DrEu m’associe ces personnes pour tu,p. 428. » Ssuppléer à mon impuissance (6). » + Pou IV. Ayant ainsi réuni tous ceux qui désirèrent pratiquer la quelque Désintéres- . ‘ se Fa .

sement aposto- Vie COMMUNE, M. Olier voulut qu’ils prissent le nom de où saint

Dies pré- prêtres de la communauté de Saint-Sulpice, au lieu de dans un tres de 12 com- , . À 16 , r :

unaUte: ceiui de prêtres habitués qu’ils avaient auparavant (7). un livre

(7) Remarques Pour ôter aux libertins toute occasion de-décrier la mai- nt historiques, t, 3, Pitau, e 1 s ©

p. 35. son, et la rendre inaccessible à la calomnie, il défendit

> de Diec. nanière la jord seulee sept ou quatre prèalpice (3), is de zèle dont la vie saint Viniété nais-

admirable, ssance , de personnes ur le soin uisse trou- Foix; pour Jersonnage ni ceux de et pour la ulte exté- > pour cela ssancourt.

TER sont aquer par e du grand mme curé, nnes pour

ratiquer la le nom de u lieu de avant (7).

er la mai-

L défendit

ESPRIT LE LA COMMUNAUTÉ, 129 qu’on y laissät entrer les femmes, sous quelque prétexte pi Pause

; hisdor. À. 1, p. 32. et pour quelque raison que ce füt (1) : règle que saint Au- PA ar à

+ "cp : , , Aug. à Possidio.

gustin avait établie dans la communauté de ses clercs à (3) kégtements

+ : . acçnng de lac - Hippone (2). Mais sachant que le moyen le plus assuré 4 "ar des

pour mériter l’estime des peuples, était de leur offrir pranis . l'exemple d’une vie volontairement pauvre et désintéressée, Saint - Sulpice , : , PTE . nt in-8 4782. — il régla que toutes les rétributions que les ecclésiastiques uvre exemplnie

de sa communauté recevraient des Fidèles seraient mises ER nu en commun, et que chacun se contenterait du vêtement et He s 7 de la nourriture + (3). Il défendit, en particulier, de rien P. Giry, part.ire, exiger pour l'administration du saint Viatique; il ordonna ‘4 ni pe se de refuser absolument tout ce qu’on offrirait pour le sa- M. du Ferrer, crement de Pénitence (#), abus que la cupidité avait in- M. Olier, fans

: : : 4 : : Père Giry, ibid.

troduit dans plusieurs paroisses, à Paris et ailleurs (5) ; et p. 63,64, Rem

n «+ ‘ , : hist. to, p 612, afin de leur faciliter la pratique de ce détachement, il leur #À je Ma de M.

en donna constamment lui-même l’exemple (6). « Dans la Que pare ci . , . ., . . . relonvituiers, À.

» place que j’occupe, écrivait-il, je dois recevoir les of- ;, p. 469, 470. ! : , ons (5) Abelly, > » frandes d’une main, et les donner de l’autre ; fournir aux Pa fé de 7 &67,

» riches matière de donner à Notre-Seigneur, et donner à lee : ie, +

» Notre-Seigneur en entretenant ses membres (7) ; ne rien ns sep P. a À . ee +. 423.— Rem. hist.

» m’approprier enfin de ce qui viendra de la cure, mais 4.4, p. 38, 4. : : ‘a à l’on. (7) Mémoires » en appliquer une partie aux pauvres, une partie à l'en- Oe À » tretien des prètres, et l’autre à la communauté (8). » Gr 7 sd Dieu bénit cette assemblée de prêtres, et leur inspira — fem. hist. 1.

Q pe LA 4 1 . 221.

l'amour et la pratique du désintéressement (9), qui fut le ? rs Ménires caractère particulier de la maison. Ils avaient tout en com- F Fr Ferrier,

mun; on donnait abondamment à ceux qui étaient peu

+ Pour leur rappeler sans cesse ce détachement, on fit exécuter quelques années après, par Jean-Baptiste de Champagne, un tableau où saint Sulpice le Débonnaire, patron de la paroisse, était représenté

dans un concile d’évèques, montrant du doigt, à cette assemblée, dans un livre ouvert, les paroles de saint Paul à Timothée : Habentes alimenta et quibus tegamur, lis contenti sumus. Ce sujet fut gravé par Pitau, en 1667.

k30 PARTIE JI. LIVRE I. PAROISSE, — 1642.

(*) Mémoires aisés +, et tous vivaient avec une confiance en DrEv et une

deM.du Ferrier, . eut + « p.233. ” simplicité singulières (1) ++.

V. Ces ecclésiastiques se contentaient du vêtement et de la Simplicité

dans la table et nourriture, et encore était-ce ce qu’on pouvait imaginer

les vêtements de plus simple et de plus commun. On nous permettra de

des prêtres de ÿ à da + : ‘ <

la communau- rapporter ici le détail qu’en fait M. du Ferrier, quelque

té. minutieux qu’il puisse paraître. « On tâcha, dit-il, d’accou- » tumer ces prêtres à une vie frugale et simple : chacun » avait à diner une écuelle de potage, et une petite portion » de chair de boucherie bouillie, sans dessert; et le soir » de même, un peu de mouton rôti. Encore M. Bourdoise » ne laissa point de se moquer de nous, qui prétendions » former des vicaires pour les villages, après les avoir ac- » coutumés, durant plusieurs années, à une nourriture

» qu'ils ne sauraient avoir dans les pauvres lieux de la

+ Sur la recommandation du Père Saint-Jure, on reçut un jeune

prêtre, M. Joly, mort évèque d’Agen, à qui on donnait non-seule-

. , ment son entretien, mais encore trois cents écus par an, qu’on

pi ri envoyait en Lorraine, à ses parents, pour subvenir à leur indigence (2). p. 238. Ceux qui avaient des revenus payaient la plupart leur pension.

++ M. du Ferrier parlant de la confiance et de la simplicité qui régnaient dans la communauté de la paroisse de Saint-Sulpice, en cite un trait fort extraordinaire dans la personne de M. Picoté. Celui-ci étant allé à Orléans, d'où il était natif, fut abordé dans la vallée de Trois-Croix, par six voleurs à cheval, qui lui demandèrent la bourse. Ne pensant pas qu’ils eussent aucun mauvais dessein, à peine les eutil entendus, qu’il leur répondit : Volontiers, Messieurs, et de tout mon cœur. Alors prenant sa bourse, qui renfermait cinq ou six écus, et la vidant sur sa main gauche, il la leur présenta vide en disant : Je voudrais, Messieurs, qu'elle fût plus belle. Les cavaliers surpris lui demandèrent ce qu’il voulait dire par là. Je crois, répondit-il, que vous avez besoin d'une bourse; je vous offre la mienne. La simplicité de ce bon serviteur de Dieu, tout-à-fait étranger à la sagesse du siècle, les surprit si agréablement, que ne pouvant s'empêcher d’éclater de rire : « Voilà qui vaut mieux que votre argent, dirent-ils : allez » Monsieur, allez, nous ne voulons point votre bourke: » et ils se retirèrent en riant de toutes leurs forces (3),

» Ca » fai moin cente tait d’une surpl siasti core Po que appli en sol exercé blaier enter nistre creme viatio Il con:

ciers € auraie quelq:

âmes, autres plus” homn » faut » volt » péri » dan » pou » siti cun 0

Dreu et une

nt et de la t imaginer rmettra de 7, quelque il, d’accoule : chacun tite portion ; et le soir

Bourdoise rétendions S avoir acnourriture ieux de la

çut un jeune it non-seuler an, qu'on ndigence (2).

nsion.

implicité qui Ipice, en cite oté. Celui-ci la vallée de nt la bourse.

beine les eutde tout mon

écus, et la à disant : Je F surpris lui ondit-il, que

d’éclater de ht-ils : allez et ils se re-

ESPRIT DE LA COMMUNAUTÉ. k31 » campagne. Néanmoins il avoua que nous ne pouvions PAL us » faire autrement (). » Le vêtement ne ressentait pas p. 488,189, moins la pauvreté apostolique. Leurs soutanes étaient décentes, mais d’une étoffe très-simple : M. Olier n’en portait que de serge commune ; ses habits de dessous étaient d’une étoffe plus grossière encore. Il voulut même que ses surplis fussent sans dentelles, pratique que tous ses ecclé- RS Lo siastiques s’empressèrent d’adopter, et qui persévère en- p 473,47. | core aujourd’hui (2).

Pour entretenir en eux cet esprit de simplicité, il exigea VI.

. ent , Indifférence que tous, sans aucune distinction, fussent également des prêtres de

appliqués aux différentes fonctions du saint ministère ; la communauté t pour tous les emplois,

en sorte que chacun, selon son rang d’ancienneté, devai exercer à son tour celles qui, aux yeux du monde, sem-

blaient peu honorables, comme de porter la croix aux enterrements, accompagner le prêtre appelé pour admi-

nistrer l’Extrème-Onction, marcher devant le saint Sa-

crement la clochette à la main, lorsqu'on le portait en

viatique aux malades (3). Il en était ainsi des autres. (3) Remarques Il consentit qu’on recüt dans la communauté les bénéfi- ch ciers et les autres ecclésiastiques obligés à résidence, qui #5: de M. Olier, auraient obtenu de leurs prélats la permission de venir abs ; ra quelque temps s’y former à l'exercice du ministère des ? **-

âmes, exigeant d’eux qu’ils fussent appliqués, comme les

autres, à toutes les fonctions, en commençant par les

plus pénibles et les moins honorables aux yeux des

hommes. C'était la condition de leur admission (4). «Il (4) Remarques » faut, disait-il, que les sujets de la maison aient leur Mer Lo » volonté perdue en celle de leur supérieur, et que le su-

» périeur les ait dans sa disposition, comme des flèches

» dans un carquois, qu’il porte avec soi, et dont il les tire (5) rüia. 1. mm, » pour les envoyer où bon lui semble, sans aucune oppo- ris . » sition de leur part (6). » En un mot, il voulut que cha- # ras Te un obéit sur-le-champ, non-seulement au curé lui-mème, 467.

1h32 PARTIE I, LIVRE T, PAROISSE, — 1042, : LE gris mais encore à tous ceux qui auraient quelque part à son e MM. tes a 1! se , , tres desservant autorité, Comme au supérieur, au sacristain, au maître la paroisse de 1 iré ; ‘ lui à L: les cl S.-Sulpice, Ms. des cérémonies et au portier lui-même, dans les choses VIL. qui avaient été réglées (1).

Fidelité aux [| voulut aussi qu’on recüt des évêques dans la commuréglements de = | $ : :

la communau- nauté, soit pour y faire des retraites, soit pour y demeurer d ».! 1 1:

LE quelque temps, lorsque les affaires de l’Eglise ou celles (2) Lettres aut. de leurs diocèses les amèneraient à Paris, pourvu toute. OP. fois qu'ils suivissent l’ordre et la règle de la maison (2). a ni Personne n’en était dispensé, « L’exactitude à tous les » exercices était fort grande, dit M. du Ferrier, et on veil- » lait soigneusement pour l’entretenir ; en sorte qu'on ne » manquait jamais, sans nécessité, d'assister à l’oraison * Norte 2, » le matin, aux heures canoniales, et à tout le reste porti Se . dans les réglements * (3). » Ceux qui, durant ce temps, Mémoir.de |, ., : , M. du Ferrier, étaient appelés auprès des malades, ou ailleurs, avaient >. 486. — Lettres A A , , re Tronson , S0in de suppléer à leurs exercices dès qu’ils en trouvaient il Lyon; d- ]a liberté : cette fidélité, comme les en assurait M. Olier, étant le moyen le plus sûr pour conserver l'esprit de re- 4) Lettres de Cueïillement et l’union avec DIEU, au milieu des occupa- M, Leschassier, ,: CR agi Ÿ t xiv Canada, d0n$ les plus multipliées et les plus dissipantes (k). Sans avril 1704. cesse il les rappelait à cette vie d’oraison. « Prenons garde, (5) Remarques » Messieurs, leur disait-il souvent ; faute de retraite et de a D» récollection, tout se dissipera (5); » et il leur faisait remarquer que sans cela on ne ferait presque point de (&) Mémoires fruit dans la prédication, la confession, la conversation, .de M. OÙ R ee | Ca 7 et dans tous les emplois du saint ministère (6). Nous ne pouvons rapporter ici toutes les instructions qu'il leur don- 1 Q nc incl L 7 , ’ QU 7 Ibid, pag, Dait Sur leurs principaux devoirs, comme l’union entr 290, 366, el. eux, la charité pour les pauvres, la douceur envers (8) Remarques Lo : RE :

historiques, t.u, tous les paroissiens, l'amour pour les mépris, le zèle des p. 608. — Wie, A , Te ., , Ms. de M. Olier, àmes (7). Ces instructions feraient la matière d'un volume pa a de Bre- considérable (8). Bornons-nous à faire connaître le bel or- ;: hdd L , p. 465, 405. dre qu’il établit dans sa paroisse et dans-sa communanté,

devai dans pusse en as aider tiers tuelle dress:

moin:

les tr ticulie les dé ainsi ( vie, q de qu corTru] cace; ( ignora l'éloig daleus

de péc

art à son au maître es choses

& COMINUdemeurer ou celles

rvu toute-

naison (2).

à tous les et on veil-

e qu'on ne

à l’oraison reste porté

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rs, avaient trouvaient

it M. Olier,

es (4), Sans ons garde, traite et de leur faisait ie point de nversation, ), Nous ne il Jeur doninjon entre eur envers le zèle des "un volume e le bel ornmunauté,

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