MOYENS POUR PROCURER LA SAINTETÉ DFS MOŒEURS
» pour Dreu. » Ensuite il demanda si toutes celles qui
avaient été retirées du désordre y étaient retombées; et
comme on lui eut dit que non : « Ah! reprit-il, que vous |
» devez être content ! si votre vie ne servait qu’à sauver eut » une âme, ne serait-elle pas bien employée, puisque le Fe ae » Fils de Dreu eût donné la sienne pour cette seule âme, a. » quand il n’aurait vu qu’elle dans le monde (1) ? » 622.
M. Olier placa plusieurs de ces pécheresses dans une XX.
communauté, connue alors sous le nom de la Madeleine, Fe Re près du Temple, et qui servait d'asile aux repenties. Mais une maison de le nombre de celles qu’il gagnait à Dreu devenant trop MER considérable pour les réunir toutes dans cette maison, il résolut de faire un semblable établissement dans sa paroisse. C'était l'unique moyen de préserver du péril celles qui, faute de ressources assurées, retombaient par faiblesse dans leurs premiers désordres. Quelques-uns des Grands et des riches, parmi ses paroïissiens, applaudirent à ce projet, et offrirent d’y contribuer généreusement; mais Dreu permit que son serviteur rencontrât des obstacles insurmontables : des personnes prévenues contre cette nouvelle fondation, sous prétexte qu’elle pouvait préjudicier beaucoup à l'établissement qui existait déjà, formèrent une opposition à laquelle il fut contraint de céder. Il n’en vint cependant à cette extrémité, qu'après avoir tenté toutes les voies possibles ; en sorte qu’il eut devant Dieu le mérite de l’entreprise, sans goûter dans cette vie la joie d’en recueillir les fruits. Cette contradiction donna lieu d'admirer combien son âme était établie dans la patience, et la parfaite conformité à la volonté de Dreu. Lorsqu'on vint lui annoncer qu'enfin il ne fallait plus, a) de penser à ce projet : « Hé bien, répond-il, Di£c soit béni : 479. — Remarg. » il est le maître; sa très-sainte volonté soit faite en toutes ds 17. FAP » choses + (2). »
+ M. de la Barmondière, disciple de M, Olier et l’un de ses suc-
XXI. Après sept années de travaux toujours soutenus, c’est- Prés PE àdire avant les troubles de la première guerre de Paris ditanses dé M. avant les troubles de la première guerre de Paris, Olier pour dé-ce zèlé pasteur eut la consolation de voir sa paroisse truire le pé- 4 ni ot ! , ché dans sa pa- Presque entièrement délivrée du fléau de la débauche pu- "UE blique (1). fLest vrai qu’il employait des moyens rarement
emarques , : ne tn historiques t.m, infructueux, la prière et la pénitence. A la vue de tant de , 6195t.1, p.38. À nn. : .
6 Gi, ». Crimes et de désordres, il éprouvait une douleur si vive 4e, chap, xv.— sS ; it ré a ON Bretonvittiers À © Si sensible, que souvent on le voyait répandre des la 1,p.477.— L'An. mes sur sa paroisse (2), comme autrefois JÉsUs-Crnisr sur
Dominic. — Les. , ; : , chassier, p.18. Jérusalem. Il était vivement touché en songeant non-seutn te lement à ceux de ses paroissiens qui méprisaient la misép. 39, ricorde divine, mais généralement à tous les pécheurs; et il disait quelquefois : « Je ne comprends point ccmment » l’on peut aimer Du, et n’être pas très-sensible à la » perte de ses créatures. » Souvent il s’enfermait le soir dans l’église de Saint-Sulpice, et y passait toute la nuit en prières derrière le maitre-autel, demandant miséricorde (3) Fie de M. pour son peuple (3) ; quelquefois il se couchait sur le car- Olier,par le Père : :
Giry, % partie, reau de sa chambre, et souvent on l’entendait pousser PR MEN ae des soupirs et des gémissements vers Dieu, durant la nuit; p. 562. d’autres fois, il se relevait après deux ou trois heures de sommeil, et demeurait en oraison jusqu’au lendemain, Il ajoutait à cela de rigoureuses macérations, ne laissant pas, quoiqu'il fût obligé de marcher et d’agir beaucoup pendant le jour, de porter des ceintures de fer très-meurtrières. Ses disciplines étaient aussi rudes que fréquentes, et l’on a trouvé quelquefois tout arrosés de son sang, Au da se les lieux où il les prenait (4). On vit dans mille renconpe Tete. 82. tres combien les prières de ce tendre et généreux pasteur étaient puissantes auprès de Dieu, et la promptitude
(5) l'iede Mme avec laquelle il était presque toujours exaucé, Un jour, de Combé.-Grandet, Vies Ms. — Vie de M. de la EC RE à cesseurs dans la cure de Saint-Sulpice, réalisa un si utile dessein el en 1684, par l'établissement de la communauté dite du Bon-Pasce,tu,p. 295. teur (5), :
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ministère pour la g Mais n’ob propres p il laissa la confian à leurs ü propre à f sés à l’abs prononce simpleme
+ Il pour bien donne elle faisait 1] doute qu’éte rent lieu de rérent qu’er quelque ma pourraient :
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aissant aucoup S-meurréquen- 11 Sang, renconpasteur aptitude n jour,
à dessein Bon-Pas-
MOYENS POUR PROCURER LA SAINTETÉ DES MŒURS, 513 ayant entendu parler pour la première fois d’un pécheur scandaleux, il offrit pour lui le saint Sacrifice; et aussitôt ce pécheur vint de lui-même le trouver, reuonça à ses désordres, se donna entièrement à Dieu et vécut saintement le reste de ses jours (1). Enfin, parmi le grand (1 Esprit de nombre de personnes qu'il dirigeait, ou dont il entreprit se VERS la conversion, il n’y en eut que très-peu, et, d’après M. de Bretonvilliers, deux seulement, qui moururent sans donner des marques de pénitence qui pussent faire espérer leur salut.
La première fut une calviniste, dont nous avons déjà XXII. parlé ; la seconde, une fille âgée de vingt-deux ans, qui, nd dep ayant mené une vie fort licencieuse, fut attaquée d’une manvaise vie. maladie qui, en peu de jours, la conduisit aux portes du tombeau. Il s’empressa de lui offrir les secours de son ministère, lui prodigua même toutes sortes de soins pour la gagner, et fit encore de rigoureuses pénitences.
Mais n’obtenant rien sur son esprit, et attribuant à ses propres péchés l’endurcissement de cette malheureuse, il laissa auprès d'elle plusieurs prêtres pour prier, dans la confiance que Dru se laisserait plus aisément toucher à leurs instances. Ils n’omirent rien de ce qu’ils jugèrent propre à fléchir son obstination, se montrant même disposés à l’absoudre, si elle voulait faire le signe de la croix, prononcer le saint nom de Jésus ou celui de Marie, ou simplement baiser le crucifix +. Tout fut néanmoins inu-
+ [l pourra paraitre étonnant que ces ecclésiastiques voulussent bien donner à cette malheureuse l'absolution de ses péchés, si elle faisait le signe de la croix, ou baisait le crucifix. C'est sans doute qu'étant fort expérimentés dans la conduite des âmes, ils eurent lieu de soupçonner quelque obsession du malin esprit, et espérérent qu’en obligeant la malade à donner des signes de religion, de quelque manière que ce fût, l'ennemi perdrait sa force, et qu'ils pourraient alors faire faire à celle ci sa confession avec plus où moins
tile, et ces ecclésiastiques, espérant que la grâce de M. Olier
et sa qualité de pasteur toucheraient ce cœur endurci, le
firent prier de venir l’exhorter de nouveau. Il était minuit,
et la mourante allait rendre l'âme; M. Olier s’y rendit
sur-le-champ, mais sans aucun succès; et l’infortunée
méprisant les iuspirations de la grâce, et refusant même
d'écouter les paroles qu’il lui adressait, mourut devant lui,
en poussant des hurlements et donnant des marques visi-
bles de réprobation : car, ce qu’on ne peut dire sans hor-
reur, elle porta l’impiété jusqu'à cracher, dans ce mo-
ment, sur le crucifix qu’on approchait de ses lèvres. Il
est difficile de se représenter la désolation de ce zélé
pasteur, après cette scène affreuse ; ses entrailles furent
comme déchirées, et son cœur brisé par la douleur. On
essaya vainement de le consoler; Dieu était seul capable
d’apaiser cette douleur mortelle, et il y apporta en cflet
(1) Esprit de Quelque adoucissement (1). La mort de cette malheureuse
Riou fit une grande sensation dans la paroisse ; on inhuma son
a 2 Ltd cadavre dans la partie profane du cimetière, sans qu’aup. 452, 453. cun ecclésiastique assistât à son enterrement (2).
XXI. Le serviteur de Dieu ne déployait pas moins de zele Pers SL'o. pour préserver des dangers de la corruption les âmes qui lier pour déli- étaient encore innocentes. Il se faisait informer des piées ges auxquels se trouvaient exposées celles qui avaient le tes. plus à craindre ; et dès qu'il y avait du risque à courir, si
elles étaient pauvres, leurs parents recevaient aussitôt de sa part les secours nécessaires pour mettre leur salut et leur honneur en sûreté. On aurait peine à croire le nombre de jeunes personnes qui seraient devenues la proie de l'enfer, sans les soins de ce pasteur charitable. Il intéressa à cette bonne œuvre l’une des dames les plus recomman-
de détail, selon les règles que l'Eglise suit à l'égard des infirmes, Du moins, c'était la pratique de M. Meyster dans de semblables rencontres, Comme on le voit dans les Hémoires de M, du Ferrier (3),
Mo dables ( veuve comme pour M stances ayanta] une son de sa pa exécute] Madame manda ( devait # structio!
de Polla vés à pi innocen partenir contrer 1 jetant a des mai ses Int ces cire une intr la craint
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MOYENS POUR PHOCURER LA SAINTETÉ DES MŒURS. 015 .Olier dables et les plus zlées de cette époque, Marie Lumague, ri, le veuve de Pollalion, digne émule de Madame Legras, et \inuit, comme elle dirigée par saint Vincent de Paul. Elle avait rendit pour M.0lier une estime singulière, et, dans les circonrtunée stances importantes, elle recourait à ses conseils. M. Olier mème 4 ayantappris un jour qu'une mère devait vendre sa fille pour nt lui, une somme trés-considérable, et que, dans un lieu marqué 8 visi- NS de sa paroisse, elle devait la livrer à un homme gagé pour s hor- A exécuter le complot, il prit aussitôt ses mesures avec 2€ Mmo- Madame de Pollalion pour le faire échouer. D'abord il deres. Il 4 manda et obtint quelques gardes, qu’il envoya au lieu où ce zélé TS devait se faire l'enlèvement, munis du pouvoir et des infurent A stuctions nécessaires pour seconder ses vues. Madame ur. On de Pollalion #’y transporta de son côté. Tous s’étant troucapable À vés à propos au moment et au lieu du rendez-vous, cette n effet innocente fille, moins coupable que malheureuse d’apureuse partenir à une marâtre, fut au comble de la joie de renma Son contrer une mère dans celle qui venait la délivrer; et, se qu’au- jetant avec transport entre ses bras, après avoir échappé | des mains de ses ravisseurs, elle alla mettre son âme et de zele ses mœurs en #hreté auprès de sa libératrice (1). Dans OÙ). Pie de M. nes qui ces circonstances, M. Olier savait montrer un courage et ee nr une intrépidité à toute épreuve, sans être même arrêté par ! a hi la erainte de la mort, 1 était un jour dans sa chambre, au pH sie nt, P. urir, Si cœur de l'hiver, lorsque, entre sept et huit heures du soir, sitôt de ayant entendu du tumulte dans la rue, on lui apprit que alut et des soldats enlevaient une fille; sur-le-champ, ne consultant que son zile, sans se mettre en peine du danger, il descend précipitamment, court après ces soldats, les atteint, et, avec un courage magnanime qui déconcerte les ravisseurs, retire de leurs mains la jeune personne. Dans une autre circonstance tout-à-fait semblable, il poursuivit des soldats jusqu'à Montrouge, sans être arrêté par aucune considération (2), Ce ne sont là que quelques exem- ao “ue de rrier (3), ples, entre beaucoup d’autres qu’on pourrait citer. Incon- :
516 PANTIE 11, LIVRE II, PAROISSE, — 164%, solable de la perte de tant d’âmes que la pauvreté seule jetait dans le précipice, il médita longtemps la fondation d’une communauté où les dames de charité pussent placer toutes les filles de la paroisse élevées chrétiennement, qui, faute de secours, seraient exposées aux derniers malheurs : (4) Pie, par Mais il vécut trop peu pour former cet établissement ; et sites, nn lorsqu'il s'en occupait le plus, il fut attaqué de la maladie 403. — Remur. qui l’obligea de se démettre de sa cure (1), comme nous ques historiques, , tu,p. 6%. le dirons dans la suite.
XXIV. Il s’efforça encore de bannir, du sein des familles, de a rad graves désordres qui y régnaient. Ayant trouvé grand ges nuls, et ré- nombre de mariages nuls, il les valida, en usant de tous forme divers ta 4.1 ‘ abus. les moyens que la prudence pouvait lui fournir pour ne
point donner connaissance au public de la nullité de ces
A mariages (2). Il fit aussi un réglement pour prévenir les villiers, 1, p. abus en cette matière, et le distribua dans sa paroisse, n 466. Pie, ibid. Sous le titre d’Avertissement aux paroissiens de Saint-Sul- (8) Remarques pice qui désirent se marier (3). Il soumit les futurs époux
histori + de . . A D. 07. ‘à un examen sur les principaux points de la foi catholi-
que; et il faisait en sorte que, quelques jours avant leur mariage, ils s’approchassent des sacrements de Pénitence () Ibid, 1, n, et d’Eucharistie (4). Il recommandait aux pères et aux
p. 628.— Concil, : .
Trid. Ses, xx, Mères de veiller soigneusement sur les mœurs de leurs
su Re: M4 enfants, surtout de les faire coucher chacun séparément ;
et, afin de prévenir des maux irréparables que l'expérience
lui avait fait connaître, il donnait des lits à tous les pau-
(5) Rem, hise, Vres qui en manquaient (5). Nous avons vu qu'il institua ®.11,p. 624,635, es offices solennels pour certains jours de l’année, que le peuple du faubourg avait coutume de passer en divertisse-
ments et en débauches. Il exhortait puissamment ses
ouailles à recevoir alors les sacrements, et à s’efforcer de
rendre à Dieu autant de gloire que le démon lui en ravis-
sait. Dieu bénit visiblement son zèle; car le peuple venait
en foule aux offices; et ces jours, autrefois siprofanés, devin-
rent bientôt des jours consacrés à la piété.et à la ferveur.