‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S.-Sulpice [microforme] (volume 2)Chapitre 4 sur 251 · PRÉFACES · texte numérisé non relu

PRÉFACES

» piété parmi les pasteurs et les prêtres.

» En ce temps parut la compagnie de Jésus, » en Italie : elle avait commencé dans l’Es- » pagne en saint Ignace, son fondateur; » elle s'était formée dans la France en l’U- » niversité de Paris; et ce fut à Rome, selon + la promesse qui lui en avait été faite, » qu’elle donna les premiers éclats de sa » ferveur, de sa pénitence, et de sa capacité » pour prêcher la doctrine chrétienne à » tous les peuples, et pour détruire les héré- » sies, ce qui est l’objet spécial de sa mis- » sion. Alors aussi, pour rallumer le feu » de la religion, s'élève dans l'Espagne, » comme une sorte de prodige, sainte » Thérèse, qui, servant de fondatrice et » de mère aux religieux, aussi bien qu'aux » religieuses, fait naître dans tous les Or- » dres une sainte émulation de ferveur.

» Enfin, presque dans le même temps où » parurent saint Ignace et sainte Thérèse, » s'élève, pour la réforme du clergé, saint » Charles, la merveille des Évèques : aussi » la vertu divine, qui éclate dans ce saint » pontife, est, en quelque sorte, bornée et » appliquée au clergé, comme à la première » et à la principale partie de l'Église, par » laquelle Diru veut dans ce siècle com- » mencer la réformation : 7Zempus est ut ju- » dicium, et pietas, éncipiat à domo Dei (1).»

rêtres.

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PRÉFACE. xiij

En effet, comme le mal était descendu des pasteurs et des prêtres dans les rangs inférieurs de la société, c'était par eux aussi que le remède devait venir : la vie ne pouvant couler du chef aux extrénutés des membres, qu’en vivifiant d’abord les organes principaux, pour être ensuite portée par eux dans tout le reste du corps.

Mais il y avait peu d'espérance de régénérer des prêtres, qui, entrés pour la plupart sans préparation dans les saints Ordres et dans les charges ecclésiastiques, avaient contracté de longues habitudes d'une vie toute séculière, souvent même déréglée et scandaleuse. Aussi les Pères de Trente reconnurent-ils que, pour guérir les maux du clergé, il fallait les retrancher dans leur source : c’est-à-dire, former une nouvelle génération de ministres des auteis, et, pour cela, ouvrir à la jeunesse, non plus seulement des académies savantes (on n’en manquait pas alors), mais des séminaires (1), où, à l’abri des séductions du monde et des passions, cet âge fragile s'établit et s'affermiît dans les principes de la vie chrétienne et sacerdotale, se pliât aux habitudes de la sainte discipline, et se formât, de longue main, à l’administration des sacrements, à l’art de catéchiser les enfants et les hommes simples, au chant et aux cérémonies de l’E-

Moyen de renouvellement 3 pour le clergé; les séminaires,

(#) Decret.

Concil. Trid. de Reformatione, ess, XXII, Cap.

XVUL,

XIV VRÉFAUE, ylise, en un mot, à tout le détail des fonctions ecclésiastiques; afin que, par les pieux et fervents prêtres qui sortiraient de ces nouveaux cénacles, on vit refleurir partout les mœurs chrétiennes et la religion +.

Saint Charles Borromée, en exécution de ce décret, ouvre des séminaires dans son diocèse de Milan : il donne comme la première forme à ces saintes communautés; et l'Eglise Gallicane, cette illustre portion de la grande société chrétienne, qui semble

(H'Concil. &. participer à la fermeté de la chaire apostothomag. an. 1581. à. | , ’ — Burdigat. an. lique, parce qu'elle s’y est tenue constam- 4582. — Rhemens. . » DE en. 1583, — Tue Ment unie, s’empresse aussi d'adopter cette

ronen. an. 1583.

éuricens an, SalUtaire institution. Divers conciles provin-

7e. Ciaux (1), et une célèbre assemblée du cler-

losan., an, 4590.

ue gé, qui peut passer pour un concile natio-

+ Utergo talibus operariis nunquam destituatur Ecclesia, salu-

berrimo decreto à S. Synodo Tridentina sancitum fuit, ut semi-

ia) Concil. Bur- MATIA instituerentur, in quibus clerici à teneris annis ad pietadigal. 4582. tem et disciplinam ecelesiasticam informarentur (2).

Nihil quippe dici aut cogitari potest hoc decreto exquisitius ad hæreses exstirpandas, et reddendum Ecclesiæ Dei pristinum suum nitorem, et clero sacerdotioque pristinum suum decus, ac consequenter ut intra non multos annos Ecclesia mirè floreat eruditionc sacrà, pietate, vitæqne puritate, atque adeo jam inde ab initio

bn . Ecclesiæ& vix quidquam præclarins aut efficacius institutum esse Sémin. e. 1. videtur, ad reddendum Ecclesiæ Dei florentissimum statum (4.

NS or RE RÉ

s foncs pieux de ces partout ion +.

ion de ns son la pretés; et tion de semble apostoonstamer cette provindu cler-

natio-

lesia, salut, ut semis ad pieta-

uisitius ad inum suum | ac conseeruditionuc

ab initio utum esse statum (3).

DR EN dd

PRÉFACH, XV

nal (1), prennent des mesures pour la fon- (1 Gonvent. ve

dation des séminaires, eten dressent comme tyius semina-

de concert les réglements, dis Qu'elle est belle, à cette heureuse épo- v.

que, l'Eglise Gallicane! qu’elle se montre y

forte et puissante contre le déréglement des rles rar lesmis-

mœurs et l’hérésie, fruits de l'ignorance des tion de la jeu-

siècles passés ! Au souffle de l'Esprit régéné- "**""

rateur, le zèle évangélique se rallume de

toutes parts, et de nouveaux apôtres se ré-

pandent çà et là, pour annoncer, comme au

commencement, la doctrine du salut dans

nos provinces. Au premier rang, paraît

saint Vincent de Paul : cet homme, en qui

la prudence de la foi égalu une charité qui

fait encore l’étonnement du monde, se dé-

voue, lui et les siens, à la sanctification des

peuples de la campagne (2). « Ge grand per- #2 dix

» sonnage, dit M. Olier, a prêché jusqu’à nr te

1 , néni 34 1 section historig.

» maintenant partout la pénitence, par Eee à » ou par ses disciples; il est élevé au plus #: » haut point de l'estime, et a acquis un hon- » neur et une célébrité qui pourront passer » pour incroyables; et, certes, il les mérite (3 wém. aut. . de M. Olier,t, u, » bien (3). » pe 284, 955.

Suscité pour donner cet ébranlement général, saint Vincent de Paul commupique le feu dont il brûle à une multitude de pieux ecclésiastiques, dont il fait autant d’imitateurs de ses travaux; cal, sans par-

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