‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S.-Sulpice [microforme] (volume 2)Chapitre 59 sur 251 · ENFANCE DE M. OLIER · texte numérisé non relu

ENFANCE DE M. OLIER

Dieu lui donna pour cet enfant toute l'affection et la tendresse d’un père, et il inspira à M. Olier pour le saint prélat la confiance la plus filiale et l'amour le plus respectueux. Dès ce moment et jusqu’à sa mort, il ne donna plus à saint François de Sales que le nom de père. « Si je le » nomme parfois mon père, » dit-il, prèéchant un jour le panégyrique de ce saint que la voix des peuples canoni- (1) Pendpyri. sait déjà, « c’est que j’ai eu le bien d’avoir reçu... sa béné- que de N: ds » diction, et d’avoir porté la sainte soutane par ses saints 1: exorde, » avis et son conseil (1). * » "NOTE S,p.33.

Mais déjà le saint Évêque touchait à la fin de sa vie, il ne X. devait plus revoir son église d’Anneci; et sa mort, qui ar- HER cn riva peu de jours après, fit succéder les regrets les plus bénit M. Olier amers à ces douces espérances. La seule consolation que ue de moumonsieur et madame Olier purent goûter, fut de lui présenter encore leur fils qu’il bénit pour la dernière fois. M. Olier père attendait à Lyon les deux cours de France La Pie

illustris, et de Savoie : sachant que saint François de Sales devait Françoisde Sa-

accompagner cette dernière, il fut ravi de lui témoigner, 42°42” FA dans cette circonstance, la haute estime qu’il faisait de son D" gg "it mérite et de ses vertus, et lui offrit, avec beaucoup d’in- Pa nie stances (2), la moitié de son hôtel situé à la place de Belle- de Sal x. cour (3), lequel étant d’une très-vaste étendue (4) et pro- (1 1 mt che le monastère de la Visitation, présentait d’ailleurs étre Ab: toutes les commodités désirables (5). Le saint Évêque ar-,07, Pi, du riva le 29 novembre ; mais, par amour pour la pauvreté, il sodier. liv. vu, refusa de loger dans la maison de l’Intendant. Il répondit à M. Olier et à d’autres personnes de considération qui lui faisaient les mêmes instances, qu'ayant prévu la difficulté qu’il y aurait de se loger (les deux cours étant à Lyon), il s’était déjà assuré d’un logement assez commode pour lui, et qui ne pouvait lui manquer. On le crut; mais on fut bien surpris lorsqu'on apprit qu’il n’avait pour tout logis que la chambre du jardinier de la Visitation, exposée à tous les vents, et où demeurait de plus le confesseur du monas-

14 PARTIE I. LIVRE 1. — 1622, tère. Les instances recommencèrent aussi inutilement; et, comme on ne cessait de lui representer qu’il souffrait beaucoup dans un lieu si incommode: « Je ne suis jamais mieux, répondit-il avec douceur, que quand je ne suis

(@) Histoire guère bien (1). » Enfin il parut si résolu à n’en point sor-

dubienheureux ,. 3 . di .

François de Sa- UT qu’on fut contraint de l’y laisser.

ME En Bientôt il tomba dans une grave apoplexie, et le bruit

pages 564. 565. S’en étant répandu dans Lyon, on fit, le jour même, des prières publiques dans toutes les églises de la ville. Il y eut une affluence extraordinaire à la chambre du jardinier. Le duc de Nemours, Henri de Savoie, quoique alité et vivement tourmenté de la goutte, s’y fit conduire en grande hâte, et se prosterna à deux genoux devant le lit du sain!

0 To pee, Évèque (2). Madame Olier, sans pouvoir cacher son émo-

bi tion ai ses larmes, y accourut suivie de ses enfants, pour servir elle-même ce saint malade, qui lui avait procuré tant de consolations. Mais tous les soins devenaient inutiles. Inconsolable de voir ravir sitôt à sa famille cet ange tutélaire, elle désira de recevoir au moins sa bénédiction, et d'entendre de sa bouche une dernière parole. Le saint fvêque, accablé par le mal, n’en put proférer aucune ; il leva cependant, quoique avec peine, son bras presque défaillant par suite d’une abondante saignée, et 1l la bénit. Madame Olier désira pour ses enfants la même faveur, et ne pouvant, sans doute à cause de ses sanglots, en exprimer la demande au saint Évèque lui-même, elle pria l’un des assistants, M. Robert Berthelot, évèque de Damas, de la demander pour eux. Saint François de Sales leva de (3) La P'ie de nouveau le bras et les bénit (3). C'était le jour des Saintsmessire Fran- x : . :

ços de Sales. Innocents. Quoique les historiens du saint Évêque de Ge-

MA fre nève ne nous aient point transmis les circonstances de cette

Le ,, entrevue”, on est fondé à croire que, dans ce moment, le cœur si aimant de saint François de Sales répandit sur le

jeune Olier les plus doux. sentiments de sa tendresse, et

que ce père mourant pria le Seigneur d’achever dans son fils

adopti

car l’u Évèqu, avait p que qu moins «

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