‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S.-Sulpice [microforme] (volume 2)Chapitre 60 sur 251 · ENFANCE DE M. OLIER · texte numérisé non relu

ENFANCE DE M. OLIER

adoptif l’ouvrage qu’il était contraint de laisser imparfait :

car l’un de ses historiens remarque que lorsque le saint

ivèque bénit les enfants de madame Olier, le mal ne lui cu a avait pas Ôté la présence d’esprit (1) ; et un autre ajoute de Sales, Paris, que quoiqu'il ne pût les bénir qu’avec peine, il le fit néan- nn Clare moins avec une façon assez contente et paisible (2). « Je ne sure » Page » doute point, dit M. de Bretonvilliers, que cette sainte ne ds » bénédiction n’ait été la source de plusieurs grâces que Longuc-terre. » M. Olier a reçues depuis, et ne lui ait obtenu de très- » grandes faveurs de Notre-Seigneur. » M. Olier en con-

serva toujours un précieux souvenir, mêlé d’une tendre et

ferme confiance aux mérites de ce saint protecteur. Il ne cessa de l’invoquer, et, dans plusieurs circonstances, il éprouva l'effet de ses puissantes intercessions, comme on * nore 10, le verra dans la suite *, pra

Déjà il avait atteint sa quatorzième année, et était par- XI,

venu à cette époque de la vie où l’amour de la dissipation qu sen et du plaisir entrainent la plupart des jeunes gens. Son na- pratique de la turel bouillant et son tempérament sanguin devaient HE î l’exposer plus qu’un autre aux surprises de cet âge, Mais mort,

son bienheureux père veillait tellement sur tous ses pas, qu'il lui fut comme impossible de contracter jamais l'ha-

bitude du vice. Il rapporte lui-même que, dès qu'il s'était rendu coupable de quelque infidélité, un nuage épais obscurcissait aussitôt son esprit, jusqu’à le rendre incapable de la moindre application à ses devoirs d’études, « Je re- » marquerai ici, dit-il, que je n’ai jamais rien pu apprendre

» que par grâce et dans le ternps que j'étais en grâce, selon » qu’il me semblait. Étant au collége, dès que j'avais com- » mis un péché, j’avais l’entendement tout bouché et tout » aveuglé,.et me trouvais conime impuissant. de rien ap- » prendre et retenir, si bien qu’il me fallait aussitôt aller » à confesse. Je me souviens aussi que, voulant entrepren- » dre quelque action publique, il fallait par nécessité que » longtemps auparavant je me tinsse dans la grâce. Le

» plus grand étonnement que j’eusse en ces temps-là était

» de voir des gens dans le péché, qui néanmoins étaient

» savants ©t apprenaient bien leurs leçons. J'admirais

» comme cela se pouvait faire, m’imaginant que tout le

(1) Mémoires » monde fût comme moi (1).»

aut.de M.Olier, F ‘ : n +

t. 1. p. 468. Par ces châtiments sensibles, et si propres à faire impression sur l'esprit d’un écolie, Dieu voulait lui inspirer

un grand amour pour la vertu, qui fait le plus bel orne-

ment de la jeunesse ; et, dans une circonstance périlleuse,

il daigna récompenser d’une manière éclatante ses géné-

reux efforts. « À l’âge de quinze ans, un jour que je me

» baignais, je traversai, dit-il, un bras de rivière à la nage; » ce qui me mit hors d’haleine. Au moment d’aborder sur le » rivage, j’y aperçus quelques personnes qui me voyaient, » etn’osant paraître devant elles dans un état qui eût blessé » la pudeur, je voulus repasser à l’autre bord sans prendre dat haleine; mais n’étant encore qu’au milieu, et déjà n’en aut.de M.Olier, » pouvant plus, je commençai à enfoncer, lorsque miracu- D » leusement je rencontrai un pieu caché dans l’eau et enmicaine. — Re, foncé dans le sable: je m°y appuyai d’un pied, en atten-

marques histo-

Le La » dant qu'on me vint secourir ou que je prisse haleine ; Viede M. Olier, » ce qui me tira du danger +. Je remercie la divine bonté

ar le Pè- : : . : .

Giry, part. » de m’avoir donné souvent la vie, et je la prie qu’elle me

Ras Mid. , Ja conserve pour son service seulement (2). »

XII. Vers ce temps, il éprouva de vifs désirs d’embrasser la le roi vie religieuse. Son attrait le portait à entrer dans l’ordre brasser l’état des Chartreux, et souvent il visitait la chartreuse de Lyon,

dur en grande réputation de ferveur. « J'avais eu ce dessein et à Paris, où il » éprouvé ce mouvement, dit-il, dès l’âge de quinze ans ; AS Phi ce qui m'avait fait souvent solliciter ces bons Pères de

» me recevoir parmi eux : grâce que je ne pus toutefois

» obtenir, étant bien vrai que je ne la sollicitais pas si ar-

+ Le trait que rapporte ici M, Olier a été autrefois représenté par une gravure en taille-douce.

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ÉTUDES DE M. OLIER. 17 » demment comme je l’eusse pu, mes péchés, mes études » et mes voyages interrompant successivement ce dessein. » Tous ces obstacles cependant no m’empêchaient pas » d'aller toujours visiter ces saints déserts dans toutes les » provinces où j’en rencontrais (1). Pendant les premières (1) Mémoires » incertitudes de ma vocation, étant encore jeune, j'eus Gen 0 » quelque mouvement et inclination pour un autre ordre » que celui des Chartreux (c'était celui de Saint-Fran- » Çois.*) J’allai quelquefois pour demander qu’on my re- *nore 11, » eût; mais ce sentiment ne durant pas, j’abandonnai ma ?” di » poursuite, conservant toutefois une grande affection ct » pour le fondateur et pour tout l’ordre (2).» (2) Mém. aut. M. Olier achevait ses humanités à Lyon, lorsqu'il fut un FH pourvu du prieuré de la Trinité de Clisson, ordre de Saint- Benoît, au diocèse de Nantes. Quelque temps après, des religieux de l’abbaye de Saint-Jovin l’ayant troublé dans la possession de ce bénéfice, son père, qui était fort versé dans la pratique des affaires et dans la science du droit, conclut avec eux un accommodement, qui fut, comme nous le rapporterons dans la suite, le prétexte d’un grand démèlé (3). (G) Factum Ce magistrat, bien digne de l'estime et de la confiance #7. M. Julien

de Fiesque. Ms.

du Souverain dont il faisait respecter et chérir l’autorité, rs Biblios, du

fut proniu, en 1695, de la charge d’intendant de Lyon,qu’il est. CPTAT ù exerçait depuis huit ans, à celle de conseiller d’itai (4). 1! 2% Factum, ramena alors ses enfants à Paris; et ce fut dans l’Univer- ;,, APP E sité de cette grande ville, que celui dont nous écrivons la nn à Se vie acheva ses études. Il eut pour professeur de philoso-

phie un des plus habiles maîtres qui fussent alors, Pierre

Padet, professeur au collége d’Harcourt, sous lequel avait

étudié Alain de Solminihac, évêque de Cahors et aupa-

ravant abbé de Chancellade (5). Les succès de M. Olier ré- (5) Fie de M. pondirent aux espérances qu’il avait données jusqu'alors; ue. 1665, et, à la fin de son cours, il soutint avec des applaudissements liv-1-ch-1v.p.25. universels un acte public, en latin cten grec, sur touie la

philosophie. Son professeur rendit même ce témoignage à

1) Vie Ms. de K " olier, par la capacité de son élève, que, dans ses thèses comme dans

: l . #5". « sie ; Nas réponses aux difficultés, il avait réussi aussi bien qu’il

villiers,t. 4. p.

” était possible de le faire (1).

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