‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S.-Sulpice [microforme] (volume 2)Chapitre 61 sur 251 · XIII. Après être sorti du collége d’Harcourt, il commença à · texte numérisé non relu

XIII. Après être sorti du collége d’Harcourt, il commença à

M. Olier étu- &.,; d dis là io. fréquenter les écoles de Sorbonne, où il eut encore les

logie en Sor- mêmes succès. Il se proposait de parcourir la carrière de nu la licence, et, pour s’y disposer, il suivit pendant plusieurs

(2) Vie Ms. de années les leçons des plus habiles docteurs (2). « La bonté

M. Olier, par M. de Breton. d divine, écrivait-il dans la suite, m’a donné pour maitres

vers bd des personnages des plus capables qu’il y eût dans l’U- » niversité; feu mon père n'ayant jamais rien épargné

(3) Mém. aut, » pour mon avancement dans les études (3).» Son père

de M. Olier,t4, p. 11. lui donna même pour précepteur particulier un docteur de

() Mém. aut. S0Tbonne, également recommandable pour sa pieté et pour de M. Olier,L sa science, et qui fut professeur de théologie dans cette

"De Vie Ms. de école (4). 11 paraît que c'était Nicolas Lemaistre (5) nommé

M. Olier, À M. Léschéstiér, ensuite à l’évèché de Lombez par Louis XIV, dont il était

ce devenu prédicateur (6). M. Olier retira de ses études de

tiana, 1. xt. grands avantages : la langue grecque, dans laquelle ilétait col. 327. ‘ 1: L . 4e (Gailiachris. fort versé (7), lui facilita beaucoup l'intelligence des divitiuna, t. 11. col. sun dé: : Ds ,.

465. — Linguas DCS Écritures, et en particulier celle des Pères grecs qu’il

subies Pre lisait dans leur langue originale ; et l’étude de la théologie a a callebat. — Mé- SColastique lui fut très-utile, pour acquérir non-seule-

FL ment la connaissance du dogme, mais aussi une certaine Our. par le intelligence des mystères de Jésus-Cnmst. Il pensait que fui Giryp. 9. 9. Ja scolastique, étudiée dans des vues pures et simples, était minicaine, 4 une excellente préparation à cette haute et sublime théoloue - ya gie. «J’estime la scolastique, disait-il, comme elle le mérite,

» et j'avoue que je lui suis beaucoup redevable pour l'intel-

» ligence et l'appui des mystères. Il est vrai que seule elle » ne saurait les éclaircir eten donner les véritables ouver- » tures,à cause que ces mystères étant cachés par l’ordre » exprès de Dreu,si lui-même ne les révèle, on ne les » peut connaître. Mais on re doit pas s’en prendre à la

» thé » pri » ui Les flatte quis, le mo:

prit et de gra saient siècle, de l'Ég taient profess qui po tion et à la cor tantôt c faire lu les pers cune 0€ pour lu brac, del au diocà sentemel de Cha trième à M. Olier entière par les soumit matières suite, ai ment, et comme |

urs nté res l’Ugné père r de Jour ‘ette nmé était s de était w’il ogie uleaine que était éolorite, ntelelle Uverrdre e les à la

ÉTUDES DE M. OLIER. 19 » théologie, qui, tirant par la raison ses conclusions des » principes de la foi, ne prétend pas découvrir par là ce es us » qui ne saurait être ouvert que par une clarté divine (1). » p.477. Les succès qu’il obtint dans ses études, d'autant plus XIV. flatteurs pour ses parents qu’ils étaient plus justement ac- UN quis, leur inspirèrent bientôt le désir de le produire dans baye de Péle monde. Naissance, talents, réputation, qualités de l’es- ME ou prit et du cœur, tout en lui concourait à en faire un sujet zainville. de grande espérance ; et la haute considération dont jouissaient ses proches semblait, selon les fausses maximes du siècle, lui permettre de prétendre aux premières dignités de l’Église ou de l’État. C'était la perspective qu’ils lui mettaient souvent devant les yeux, et la piété dont ils faisaient profession n’était point assez pure pour écarter tout ce qui pouvait jeter dans son cœur des sentiments d’ambition et de vaine gloire. On lui parlait tantôt de se produire à la cour, et de se mettre sur les rangs pour parvenir; tantôt des démarches qu’on faisait, et de celles qu’il devait faire lui-même, pour seconder les vues qu’avaient sur lui les personnes puissantes. Son père, qui ne négligeait aucune occasion de lui donner de l'éclat (2), avait obtenu AD ve Ms. de pour lui, dès l’année 1695, l’abbaye de Notre-Dame de Pé- y. de Bièie. brac, de l’ordre des Chanoïines réguliers deSaint-Augustin, gu"",2:37 28 au diocèse de Saint-Flour, et qui lui fut résignée, du con- DORE le y, chap, sentement de Louis XIE, par Jacques d’Apchon, seigneur m1. p. 40. de Chanteloupe, prêtre de l’Oratoire, qui en était le quatrième «bbé commerdataire (3). Si les voies dont se servit mn + ' Je M. Olier pour procurer ce bénéfice à son fils n'étaient pas in-folio. Saintentièrement canoniques, il paraît qu’il fut induit en erreur 7" #95 par les casuistes qu'il consulta, et à l’avis desquels il se soumit comme à des docteurs plus experts que lui dans ces matières délicates. Son fils, qui en prit connaissance dans la suite, ainsi que nous le dirons, jugea l’affaire tout autrement,et regarda le traité par lequel il obtint cette abbaye comme l'ouvrage de la vanité, de l’avarice et du sacrilége.

(t)Mém. aut.

de M. Olier, À v.

Ce fut en 1626 qu’il en prit possession; un accident qui lui survint tout-à-coup dans ce moment, et qui mit sa vicen péril, lui parut être, dès qu’il eut connu la nature de ce contrat, un châtiment du Ciel, qui voulait avertir par là le fils d’expier la faute du père. « Je pensai mourir sur le » champ, dit-il, sans maladie ni incommodité précéden- » te. Tout le temps que j’ai gardé ce bénéfice, il a été pour » moi une source continuelle de peines et de traverses, » sans savoir ce que devenaient l’argent ni les revenus, » ct j'y ai souffert des persécutions étranges de la part de » gentilshommes armés contre moi pour avoir mon » bien (1).» On verra dans la suite comment fut réparée cette faute qu’il ne cessait de s’inputer.

Il n'avait que dix-huit ans lorsqu'il prit possession de l’abbaye de Pébrac; le onze octobre de la même année 4626, il fut élu chanoïne-comte honoraire de illustre chapitre de Saint-Julien de Brioude, titre d’honneur que partageaient les évêques de Mende et du Puy, et les abhés de Saint-Robert de la Chaise-Dieu, et de Notre-Dame de

® Le Clergé Pébrac (2). Enfin ses parents obtinrent pour lui, outre

de France, etc.

par Hugues du

le prieuré de Clisson, celui de Bazaïnville, au diocèse de

Voulant le pousser aux honneurs, ils désirèrent qu’il

M. Olier so 1. pas us x livre au minis- CXerçât déjà son talent pour la prédication. D’après la cou-

tre de la pré- tume, sa qualité d’abbé lui permettait alors de remplir ce

dication , fréquente monde,

et... à “3e ; ; Le ministère, quoiqu'il ne fût point encore prêtre, ni même

dans les saints ordres; et il fut tellement goûté dans ces premiers essais, qu’on voulut bientôt l’entendre dans les meilleures chaires de la capitale. Sa mère n’avait jamais eu por: ‘ui uaxs tendresse comparable à celle qu’elle portait à ses antres enfants ; ce}: était néanmoins ravie des éloges qu'eri donnait de toutes parts à son fils, et fondait sur lui ses plus flatteuses espérances. « Elle m’aimait beaucoup, » dit-il, tandis qu’elle me voyait marcher dans la gran- » deur et l’applaudissement du monde, comme, par exem-

versic ce tent

offrai qui fu la co leme Germ des de comm) Pour Dreu 4

pi lui ic en de ce par là sur le édens pour Jerses, venus, art de mon réparée

session me anillustre eur que 38 abbés Dame de 1, Outre ocèse de

nt qu'il s la coumplir ce hi même dans ces dans les amais eu portait à es éloges it sur lui eaucoup, la granar eXeM-

ÉTUDES M, OLIEN, 21 » ple, quand j'avais du train, que je prèchais avec gen- » tillesse, que je composais ces beaux sermons à la mode, » tout pleins de vanité, do pointes d’éloquence et de cu- » riosité; et que je ne disais rien contre les mœurs du » monde, à savoir, l’avarice et la superbe (1).» (1) Mém.aut. Ce fut, en effet, vers ce temps que M. Olier commença à ue \ fréquenter les Grands, et à s'engager dans les divertissements du monde, Ses parents, pour lui frayer un chemin aux honneurs, lui prodiguèrent tous les moyens de paraitre avec éclat. Il avait un grand train, deux carrosses, une maison nombreuse, et goûtait les agréments de la société avec toute la liberté que prenaient les gentilshommes de son rang. La vivacité de son esprit, ses manières nobles et aisées, les agréments de sa personne, la considération ® Mém. sur dont jouissait sa famille, alliée à tout ce qu'il y avait de plus M! Haud/ah élevé dans la magistrature (2); tous ces avantages le firent Pt: La Pie

de M. Olier, rechercher dans les sociétés du monde, dont la fréquen- pur te pos oe

tation faillit lui devenir funeste, Enfin ses parents ouvri- L'Anée Domi. , , Aicaine, etc. —

rent les yeux, et se repentirent d’avoir voulu le sacrifier à Remarques hist.

leur vanité en le jetant au milieu de tant de périls. our le

Sa mère surtout, qui avait une grande horreur du péché, XVI.

fit, pour la conversion de son fils, des prières ferventes ; pacte

elle répandait chaque jour beaucoup de larmes devant Diu, là conversion

et ne cessa de gémir et de prier jusqu’à son entière con- RE

version (3). Plusieurs saintes âmes à qui Div inspira, vers (3) Mém. aut.

ce temps, les mêmes sentiments de zèle et de dévouement, Le “ait

offraient pour lui les plus ardentes prières. L'une d’elles,

qui fut l’instrument de sa conversion, quoique alors il ne

la connût point, priait continuellement pour le renouvel-

lement du clergé et spécialement pour le faubourg Saint-

Germain qu’elle habitait, C'était une âme de grâce, comblée

des dons du Ciel les plus extraordinaires, et favorisée des

communications les plus intimes avec la Mère de Dreu.

Pour faire éclater davantage les richesses de sa bonté,

Du était allé la choisir dans la classe la plus obscure,

et dans l’une des professions les plus avilissantes aux yeux du monde. C’était Marie de Gournay, veuve de David Rousseau, l’un des vingt-cinq marchands de vin de (1) Remarques Paris (1). Nous aurons occasion d’en parler souvent dans one cette histoire; elle doit d'autant plus justement y trouver place, qu’on lui est redevable, après Dieu, de l'établissement du Séminaire et de la compagnie de Saint-Sulpice, comme aussi de presque toutes les œuvres de zèle et de charité auxquelles le serviteur de Div se livra jusqu’à la mort. Elle était destinée à obtenir, par ses prières, la première conversion de M.Olier, c’est-à-dire, son établissement dans la vie de la grâce, ainsi que celle de plusieurs jeunes abbés de qualité que nous ferons connaître bientôt; et c’est sans doute cette sainte veuve que désigne un historien, en parlant ainsi de ces ecclésiastiques : « Un jour qu'ils reve- » naient de la foire Saint-Germain, une pauvre femme les » aborda dans la rue, et leur dit : Hélas, Messieurs, que » vous me donnez de peine! Il y a longtemps que je prie » pour votre conversion. J'espère qu’un jour Dieu m’exau- (2) Vies des » era (2). » Les prières de Marie Rousseau ne furent pas nese inutiles. M. Olier, alors âgé de vingt ans et demi, com- Royal A. mença à en ressentir les effets, et éprouva des désirs tu.p. 416 passagers de rompre entièrement avec le monde, et de mener une vie parfaite, quoique pendant dix-huit mois ces al None, & désirs fussent toujours impuissants (3). Durant ce temps, np. 306. et lorsque cette sainte femme priait de la sorte, « Du » permit, dit M. Olier, que nombre d’abhés (nous étions » cinq ou six, dont je suis le pire) allâmes à côté de l’église » Saint-Sulpice, dans la maison voisine de la sienne, et » qui n’en est séparée que par une muraille. Et c’est une » chose bien remarquable comme tous ces jeunes mes- » sieurs, qui étaient considérables dans le monde, ont » depuis tout quitté pour suivre Jésus-Carisr et faire pro- » fession de ses maximes. Pour moi, je reconnais être re- » devable de ma première conversion à cette sainte âme ;

» et]

» nai

» que

. D Sail » tra » Sert » don » légè » vais » dive » tou) » tion:

» tais » jusq » je fu Il ét prendr de Dre inspiré Passio faire u tait rie le disti dre l’h ses thè!

à aller tres da de libe depuis il avait de bac père a ses étu qu'ave par ses

VOYAGE À ROME. 23 » et Dreu m'a obligé plusieurs fois, devant que de la con- » naître, de dire tout haut à nos Messieurs : Il y a quel- » que personne qui est la cause de ma conversion. La . » sainte Vierge, sous la protection de laquelle j'étais né, » travaillait de toute part, et mettait en prières toutes ses » servantes particulières pour ce sujet. Je commençai » donc de naître alors à Dieu, par désir et par affection » légère, sans pourtant quitter tout-à-fait le péché. J’a- » vais peine à aimer le monde, et ne pouvais y trouver de » divertissement véritable; mais toutefois je retombais » toujours, malgré tous les attraits de Dreu, ses sollicita- » tions perpétuelles, les punitions journalières que je sen- » tais après mes fautes, et la fréquentation des sacrements, » jusqu’au temps que j’allai à Notre-Dame de Lorette, Où yém. ant. » je fus entièrement conçu à la grâce (1). » “ M. nn Il était dans ces dispositions lorsqu'il résolut d'entre- FX vIt,

FREE | ee M. Olier va prendre le voyage d'Italie, dessein qui vint assurément | Rome our

de Dreu, comme la suite le fit voir, mais qui ne parut être y apprendre la inspiré à M. Olier que par le désir d’une gloire mondaine.

languc hébraique.

Passionné alors pour les sciences, il ambitionnait de s’y

faire un nom. La connaissance de la langue grecque n’é-

tait rien à ses yeux, il aspirait à un genre de mérite qui

le distinguât de la foule, et il conçut le dessein d’appren-

dre l’hébreu, pour soutenir en Sorbonne quelqu’une de

ses thèses en cette langue. Ce fut le motif qui le détermina

à aller à Rome (2), pensant qu’il trouverait d’habiles mai- à ssestatres dans cette capitale, et qu’il s’appliquerait avec plus #4" Vous de liberté à l’étude, en s’éloignant ainsi de ses amis. Déjà, p. 4%. depuis trois ans, il fréquentait assidûment la Sorbonne;

il avait même soutenu l’acte de tentative, et pris le degré © 1b. fs de bachelier (3). Ayant donc résolu ce voyage, que son caine, ete. Repère approuva volontiers, il se vit obligé d'interrompre M9" ne

ses études. Grand nombre de docteurs ne le virent partir #4 7/59 Ms: er ;

qu'avec peine, persuadés qu’il aurait pu soutenir un jour ne te , at “ts onvittiers !

par ses grands talents la réputation de l’Université. «Un p.%.

» de mes maîtres, écrivait-il dans la suite, et qui est main- » tenant professeur en Sorbonne, m’a toujours témoigné » ses rogrets que je n’aie pas poursuivi m2 licence, C’est » pareillement ce que m'ont témoigné quantité de per- » sonnes, qui, par mon premier acte de tentative, avaient » conçu quelque espérance de-moi, quoique je n’y eusse » pas bien fait; comme aussi à cause qu’ils m’avaient vu a} Ni. out. » soutenir en philosophie des thèses en grec, lesquels ip. 471. » actes je ne fis jamais qu’à force de prières (4). »

XVII. C'était une conduite bien miséricordieuse sur M. Olicr, Es Re que cette attention de la Providence à ne le laisser user de est menacé de Ses talents et de ses dons naturels, qu’autant qu’il recourait perdre la vue. à celui qui en est la source, et à ne lui permettre de satis-

faire sa vanité qu'après lui avoir fait confesser son néant. Ce ne fut pas une moindre faveur du Ciel que le dessein qu’il forma du voyage de Rome. Il y allait dans l’intention d’acquérir la science qui enfle, et Du l’y conduisit comme saint Paul à Damas, pour l’abattre, le terrasser, et en faire un vase d’élection. Il ne permit point que M. Olier se pro- “urât des connaissances et des protections parmi les grands, ni qu’il fréquentât les savants et les curieux que le goût des arts y attire de toutes les parties de l’Europe. Il y était venu pour y apprendre la langue hébraïque, et Dœu voulut qu’il éprouvât, en arrivant, un affaiblissement des yeux, qui lui interdit tout-à-fait cette étude, et qui lui fit même craindre de perdre entièrement l’usage de la vue. Les médecins ne négligèrent rien pour le rétablir; mais toutes les ressources de leur art furent employées inutile- UN Où ment, Dieu lui en réservant une plus efficace dans la propar M: de Bre- {ection de la très-sainte Vierge. Il inspira donc à M. Olier

tonvillicers,t.nr.

p. 4et5.— La de faire vœu d’all èleri à 2), lieu où PE de ne aller en pèlerinage à Lorette (2), lieu où,

par le père Gi- selon une tradition incontestable, se trouve la maison dans , 4 parti | . k 3 pu, e laquelle s’est opéré le mystère de l’Incarnation, et qui est

es 2, Célèbre dans tout le monde chrétien par des miracles sans

P. 34. nombre *.

Cf chemin habit d pèlerin un hon était pl journée soutena fatigue délassai de toucl tait plu d’une vi contraig le rédui ment le accès, il le press:

pondire se traîn:

affaibli chait du rieures ; en Mari ot les fa cut de 1 impress exciter » dit-il, » plit to Aussi gnaient témoig n prostern sainte

PÉLERINAGE A LORETTE. 25 Ce fut vers la fin du mois de mai 1630 qu’il se mit en

XIX, M. Olier va

chemin, au fort des chaleurs du pays. IL se couvrit d’un à piou de Rome habit d'hiver, par esprit de nénitence , et commença son à Lorette,

pèlerinage à pied (1). Un voyage de cinquante lieues pour un homme de sa condition, et déjà affaibli par lesremèdes, , était plus qu’il n’en fallait pour l’épuiser dès les premières journées ; néanmoins ses entretiens avec Dieu et Marie le soutenaient ct le soulageaient, jusqu’à lui faire oublier la fatigue du corps. Tantôt il récitait le chape! : ; tantôt il se délassait en composant, à la louange de eine du ciel, de touchants et pieux cantiques. Mais lors e lui restait plus qu’une journée de chemin à fair, 1 ut attaqué d’une violente fièvre, occasionnée par la fatigue, et qui le contraignit de s'arrêter, comme si Dreu eût voulu d’abord le réduire à cet état pour lui faire éprouver plus sensiblement le pouvoir de sa sainte Mère. Délivré d’un premier accès, il crut retrouver toutes ses forces dans le désir qui le pressait d'arriver au terme de son voyage ; elles ne répondirent point à son ardeur: il ne put s’y rendre qu’en se traînant pour ainsi dire sur la route, tant il se trouva affaibli dès la première lieue (2). Cependant plus il appro-

(1 Mém. aut,.

de M. Olier, t,

(2) Wie Ms.de

chait du saint lieu, plus il goûtait de consolations inté- #° 90e 2e"

de Breton-

rieures ; et ces grâces sensibles, augmentant sa confiance Une P.

en Marie, lui faisaient croire qu’elle agréait ce pèlerinage ct les fatigues qu’il endurait pour lui plaire. Dès qu'il apercut de loin l’église de Lorette, il éprouva tout-à-coup les impressions les plus tendres, et tout ce que l’amour peut exciter de plus vives émotions. « Je sentis alors mon cœur, » dit-il, comme blessé d’un coup de flèche, ce qui me rem- » plit tout du saint amour de Marie (3). »

(3) Mém. aut

e FA Sp è : de M. Olier, Aussitôt qu’il fut arrivé à la ville, ceux qui l’accompa- «, 1. p. 495.

gnaient s’empressèrent d'appeler un médecin ; mais il leur témoigna, de son côté, une si vive impatience d’aller se prosterner aux pieds de l’image miraculeuse de la trèssainte Vicrge, qu’ils n’osèrent y mettre obstacle. Il s’y

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