‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S.-Sulpice [microforme] (volume 2)Chapitre 67 sur 251 · n°12 el · texte numérisé non relu

n°12 el

(3) Cornel, à Lapide, Comm.

in Num. caput XXIV, p. 879.

b » | NOTES

par M. de Cambis (1), et dans d’autres ouvrages dont l’énumération serait superflue. On peut remarquer ici que saint François de Sales, l’un des hommes de ce siècle qui désirèrent fe plus ardemment de voir s'établir en France des compagnies vouées à l'institution du clergé, parut être destiné par la Providence pour manifester leur vocation à ceux qui devaient donner commencement à une œuvre si importante ; il pressa vivement Pierre de Bérulle de jeter les fondements de l’Oratoire, établi primitivement pour cette fin. Ce fut lui aussi qui fit connaître au cardinal de Retz la destinée de la communauté naissante de M. Bourdoise, lui prédisant que Dieu avait de grands desseins sur elle (2) ; et ces exemples peuvent autoriser à penser qu’il a connu aussi la vocation de M. Olier, suscité de Dieu pour concourir au même dessein. On sait d’ailleurs que saint François de Sales était souvent éclairé de lumières prophétiques, lorsqu'il célébrait les saints mystères (3); et cette circonstance est remarquable, puisque ce fut au sortir même de l’autel qu’il fit à madame Olier la réponse dont nous parlons; réponse si ferme et si précise, et donnée avec tant d'assurance, qu’à moins de supposer une lumière d’en haut, elle serait dans li bouche d’un homme si sage, et dans une circontance si grave et si religieuse, un acte de témérité bien étrange, pour ne rien dire davantage, ct tout-à-fait inconciliable avec le caractère bien connu de ce grand saint. :

NOTE 7, p.12. — M. de Bretonvilliers, dans la ie manuscrite qu'il a composée de M. Olier, s'exprime de la sorte en rappelant la réponse de S. François de Sales, touchant la vocation de M. Olier : « Ce grand serviteur de Dieu, après avoir offert et représenté » cette affaire durant quelques jours à Notre-Seigneur, tout éclairé » d'en haut, répondit à la mère qu’elle n’appréhendât aucune- » ment, que Dieu s'était choisi cet enfant pour sa gloire, qu’il » s’en servirait un jour pour le bien de son Eglise, et qu’elle » changeût dorénavant sa crainte en actions de grâces vers la bonté » de Notre-Seigneur, pour la faveur qu'elle lui faisait de vouloir » prendre un de ses enfants à son service. »

(4) Cette histoire n’a jamais été imprimée ; on en conserve le manuscrit original dans la bibliothèque du grand séminaire de Notre-Dame-du-Puy.

(2) Histoire de Pierre de Bérulle, fondateur de la congrégation de lOratvire, par M. Tabaraud. Paris, 4847, in-8e, div. m1, n° 4, p. 474,472. — La Vie de M. Bourdoise, premier prétre de la communauté de S. Nicolas du Chardonnet. Paris, 4744, in-4v, liv. 11, pag. 440. — Archives du royaume, section histurique, carton no 393, volume in-folio : abrégé de l'origine de la communauté et séminaire de Saint-Nicolas du Chardonnet, composé en 1647.

(3) La Pie de l’illustrissime ct révérendissime François de Sales, par le R. P. Louis de la Rivière, de l'ordre des Pères Minimes. Rouen, 4634, in-8°, div. av. chap. 53, page 624. chap. 46; page 685; chap. 5, pag. 615; chap, 50, pag. 604; chap, 47, page 590. .

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DU LIVRE PREMIFA, 33

Le Père Giry s'est exprimé à peu près de la même manière, comme on l’a rapporté. Voyez aussi la #le de M, Oller, par le Père de Saint-Vincent (1). L'auteur de l’Htstotre des Ordres (1)L'Ann. Dom. Monastiques met à peu près la même réponse dans la bouche de onu r à saint François de Sales. « Les parents de l'enfant, dit-il, lui aue — Remarques » raient peut-être fait quitter l'état ecclésiastique, si saint Fran- rt tout, pe » Çois de Sales ne l’eût empêché, assurant madame Olier que » Dieu, dont il avait imploré les lumières, lui avait fait connaître » qu’il avait choisi cet enfant pour sa gloire et le bien de son » Eglise ; la priant non-seulement de ne point faire attention à » ses doutes, mais même de lui donner son fils, du consentement » de M. Olier, afin qu’étant auprès de lui il pût se former aux » vertus ecclésiastiques (2). » (2) Histoire des Grandet, dans la 1e de M. Olier,qu’il composa sur celle publiée Pted hs par le Père Giry et sur les traditions recueillies par lui au sémi- sjres, in-4e t. naire de Saint-Sulpice, où il avait fait ses études ecclésiastiques, vin. p.432. s'exprime en ces termes : « Saint François de Sales, étant à Lyon, » alla voir un jour M. Olier, intendant de la province du Lyvn- » hais. Madame Olier fit venir son fils pour saluer le saint prélat, » et lui dit : Je vois ce jeune homme d’un caractère si vif et si » bouillant, que je doute fort que nous en puissions faire un bon » ecclésiastique. Le saint, ayant regardé attentivement le jeune » Olier, l’embrassa, et dit à sa mère : Madame, Dieu a choisi » votre fils pour travailler à sa gloire et pour le bien de son

» Eglise ; il veut en faire un saint prêtre (3). » (9) Vies Mas. de Grandet, 1.

NOTE 8, p. 43. — M. Olier nous apprend que ce fut par les t. p: 428.

avis et le conseil de saint François de Sales qu'il porta la soutanv, quoiqu'il eût cependant déjà reçu la tonsure avant de connaître ce prélat, et qu’il possédât même un bénéfice, C'est que, selon la mauvaise coutume de ce temps, les ecclésiastiques ne portaient point l’habit de leur état. Lorsque M. Eudes, qui avait déjà reçu les ordres mineurs, se présenta au Père de Bérulle pour entrer dans l’Oratoire, celui-ci, après quelques légères épreuves, lui fit prendre l’habit ecclésiastique, parce que, dit l’un de ses historiens, il suivait innocemment la coutume alors généralement reçue (4). On 141 ie du Père voit en effet, dans la Vie de M. Bourdoise, qu’il n’y avait pres- on que personne, même parmi les curés et les antres bénéficiers, **°”""" 7 qui portât la soutane hors de l’église ; et que M. Bourdoïse ayant commencé à la porter tous les jours, dès qu'il eut été tonsuré, on fit d’une pratique si louable le sujet des plus messéantes rail- (5: pie de leries (5). Enfin, ce qui est plus étrange encore, la plupart de ceux M. Bourduise ; qui recevaient la tonsure n'avaient pas même de soutine durant ah, cl de PA celte cérémonie, jusque là que, vers l'année 4626, l'évêque de 445, 416.

11) Wie Ms. de M, Bourdoise , in-4e, p. 368, 309, 407.

(2) Vie Ms. de M. Olier, par M.de B.Tom.1, P.18.—Mémoire sur M.Olier,par M.Baudrand.….

(3) Mémoires aut.de M.Olier, t.1,p.136.—Co- Pie des Mémoires de M. Olier, tom. 1, p. 27.

(4) Panégyrique Ms.de M.de Sules, Exorde,

(8) Histoire du B. François de Sales, par Auguste de Sales, p. 580, 583, 587.

Tarse, coadjnteur d’Avranches, conférant les ordres dans la chapelle de l'archevêché de Paris, sur trois cents prétendants à la tonsure, il n’y en eut qu'un seul qui fût en soutane, et encore c'était M. Bourdoise qui l’avait envoyé (1).

NOTE 9, p. 14. — M. de Longue-Terre, l’un des historiens de saint François de Sales, et d'après lui l’auteur de la 7’4e anonyme de ce saint, publiée à Paris, en 4687, in-4°, ainsi que Marsollier dans la sienne, rapportent que madame Olier était accompagnée de ses filles lorsqu'elle se présenta à saint François de Sales pour recevoir sa bénédiction. Cette circonstance, si elle est véritable, ne peut infirmer la certitude du fait que nous rapportons, attesté par les Mémoires du temps (2), et par le propre témoignage de M. Olier : J'ai eu l'honneur, dit-il, de recevoir la bénédiction de M. de Genève à sa mort (3). I dit pareillement dans son Panégyrique de saint François de Sales : J’at eu le bien de recevoir sa bénédiction durant sa vie et à sa mort (4).

NOTE 10, p. 15. — Dès que saint François de Sales eut rendu le dernier soupir, une multitude prodigieuse de peuple s’empressa d'aller baiser ses pieds, et la famille Olier ne fut pas des moins ardentes à lui donner des marques publiques de sa vénération. M. Olier, comme Intendant de la province, ordonna de l’embaumer : il fit même tous ses efforts pour enrichir d’un si précieux dépôt la ville de Lyon, qui ne le voyait sortir qu'à regret de ses murs ; ce fut lui, en eflet, qui, au moment du transport, défendit aux porteurs de passer outre, et qui leur commanda, au nom du Roi, de laisser le corps à Lyon, jusqu’à ce qu’il constât de la volonté du défunt. Mais deux députés du chapitre d’Annecy ayant apporté à M. Olier le testament du saint Evêque, il se vit contraint de céder. « Les députés, dit Auguste de Sales, l’enlevèrent tout » à la même heure, sans s'arrêter à faire des cérémonies, de » crainte qu’il n’arrivàt quelque autre empèchement et quelque » sédition de la part du peuple (5). »

NOTE 11, p. 17. — M. Olier rapporte qu’il avait eu dessein, étant jeune, d’entrer dans un autre ordre que celui des Chartreux. Il ne nomme pas celui de saint François, mais il le désigne équi valemment, en disant que la fête du fondateur tombait au mois d'octobre. On sait d’ailleurs qu'il eut toute sa vie une grande affection pour saint François d'Assise, dont il paraît qu’il embrassa le tiers-ordre.

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