‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S.-Sulpice [microforme] (volume 2)Chapitre 68 sur 251 · SUR LA SAINTE MAISON DE LORETTE · texte numérisé non relu

SUR LA SAINTE MAISON DE LORETTE

NOTE 12, p. 24. — On sera bien aise de trouver ici un précis de l'histoire de la translation de la sainte Maison de Lorette. Ce fut

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sous le pontificat de Célestin V, et lorsque les Chrétiens avaient entièrement perdu les saints lieux de la Palestine, que la petite maison, où s’est opéré le mystère de l'Incarnation dans le sein de Marie, fut transportée par les anges, de Nazareth dans la Dalmatie, ou l’Esclavonie, sur un petit mont appelé Tersato. Les miracles qui s’opéraient tous les jours dans cette sainte Maison, l'enquête juridique que des députés du pays allèrent faire à Nazareth même, pour constater sa translation en Dalmatie, enfin la persuasion universelle des peuples qui venaient la vénérer de toutes parts, semblaient être des preuves incontestables de lu vérité du prodige. Di&u voulut néanmoins en donner une nouvelle, qui eût en quelque sorte l'Italie et la Dalmatie pour témoins. Après trois ans et sept mois, la sainte Maison fut transportée à travers la mer Adriatique au territoire de Recanati, dans une forêt appartenant à une dame appelée Lorette ; et cet événement jeta les peuples de la Dalmatie dans une telle désolation, qu’ils semblaient ne pouvoir y survivre. Pour se consoler, ils bâtirent, sur le même terrain, une église consacrée à la Mère de Dieu, qui fut desservie depuis par des Franciscains, et sur la porte de laquelle on mit celte inscription: Hic est locus in quo fuit sacra Domus Nazarena quæ nunc in Recineti partibus colitur. 1 ÿ eut mème beaucoup d'habitants de la Dalmatie qui vinrent en Italie fixer leur demeure auprès de la sainte Maison, et qui établirent la compagnie de Corpus Domini, appelée pour cela des Æsclavons, jusqu’au pontificat de Paul HE,

Cette nouvelle translation fit tant de bruit dans la Chrétienté, qu’il vint de presque toute l’Europe une multitude innombrable de pèlerins à Recanati afin d’honorer la Maison dite depuis de Lorette. Pour constater de plus en plus la vérité de cet événement, les habitants de lu province envoyèrent d’abord en Dalmatie, et ensuite à Nazareth, seize personnes des plus qualifiées, qui tirent sur les lieux de nouvelles enquêtes. Mais DrEu daigna eu montrer lui-mème la certitude en renouvelant deux fois, coup sur Coup, le prodige de la translation dans le territoire même de Recanati. Car, au bout de huit mois, la forêt de Lorette se trouvant infestée d’assassins qui arrêtaient les pèlerins, la Maison fat transportée à un mille plus avant, et se plaça sur une petite hauteur qui appartenait à deux frères de la famille des Antici ; et enfin ceux-ci ayant pris les armes lun contre l’autre pour parlager les offrandes des pèlerins, la Maison de Lorette fut transférée dans un endroit peu éloigné, et au milieu du chemin public, où elle est restée, et où a été bâtie, depuis, la ville appelée Lorette.

La translation miraculeuse de cette sainte Maison étant incon-

testablement démontrée, les souverains Pontifes ont établi une fête pour en célébrer la mémoire.

On lit dans le Martyrologe Romain, au 40 décembre: Lauretiin Piceno, Translatio sacræ domdûs Del genitricis Mariæ, in qua Verbum caro factum est ; et, dans la sixième leçon de l'Office, ces paroles qui y furent ajoutées sous le pontificat d’Innocent XII : « Ipsius autem Virginis natalis domus, divinis mysteriis conse- » cruta, ab Infidelium potestate in Dalmatiam pris, deinde in » agrum Lauretanum Picenæ provinciæ translata fuit, sedente » sancto Cœælestino V ; tandemque ipsam esse in qua Ferbum » caro factum est, et habitavit in nobis, tum pontificiis diplo- » matibus et celeberrimâ totius orbis veneratione, tum continuñ » miraculorum virtute, et cœlestium beneficiorum gratiâ com- » probatur. Quibus permotus Innocentius XIE, quà ferventiùs erga » Matris amplissimæ cultum fidelium memoria excitaretur, ejus- » dem sanctæ domûs translationem anniversariâ solemnitate in » tota Piceni provincia veneratam, Missâ et Officio proprio cele- » brari præcepit. »

Cette addition ne fut faite qu'après l’examen le plus sévère, dans la congrégation des Rites, en 1699. La fête, établie d'abord dans toute la Toscane, fut ensuite célébrée, par l'autorité de Benoît XIE, dans l’état de Rome, la république de Venise, et enfin dans tout le royaume d’Espagne et les Etats catholiques qui en dépendaient,

Benoît XIV (De Festis B. Mariæ Virg. cap. xv1. De Festo Translationis sanctæ domûs Lauretanæ) fait voir que la vérité de cette histoire est appuyée sur les fondements les plus solides, et prouve invinciblement qu’on ne peut la révoquer en doute. Les preuves principales sont :

4° Les constitutions de Paul Il, de Léon X, de Paul HE, de Paul IV, et de Sixte V.

20 Les miracles presque sans nombre qui se sont opérés et s’opèrent encore tous les jours dans la sainte chapelle de Lorette : « De miraculis autem quæ quotidie in sacra illa domo contingunt, » probantque locum illum eumdem esse in quo ineffabile Incar- » nationis Verbi mysterium impletum est, ea sunt propè innu- » mera, ibique continuè succedentia, atque ita nota, ut de iis di- » cere hominis sit abutentis otio suo. » Zbid. n. 2.

3 Le témoignage des écrivains les plus recommandables, comme Canisius, Baronius, Rainaldus, Tursellinus, Turrianus, Benzonius, Angelita, etc., et surtout Martorellus qui rapporte, dans son Theatrum sanctæ domûs Lauretanæ, les paroles de témoins qui, dans un examen solennel, attestent tenir de leurs

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ancètres, qu'ils avaient vu, de leurs propres yeux, la sainte Maison portée dans les airs, et venir se ‘placer au lieu où on la voit actuellement.

4 Le rapport des trois commissaires envoyés par Clément VIH, pour comparer les dimensions de la sainte Maison de Lorette avec celles des lieux où elle était située auparavant, soit en Dalmatie, soit en Galilée, et qui les trouvèrent parfaitement conformes. Benoît XIV, après avoir cité et adopté ces autorités différentes, ajoute : « Sed temperare nobis ipsi nou possumus, quin nonnihil » dicumus de eo quod quidam, ut eruditi acrisque ingenii sibi » famam parent, semihianti ore mussitant, sapientioribus magni- » que nominis criticis hujus non probari veritatem historiæ. v Il oppose à ces faux critiques, Bollandus, Papebrock son continua (D Histoire du teur, le P, Alexandre, Théophile Raynaud, Baillet lui-même, le diocèse de Pa. P, Honoré de Sainte-Marie, Graveson, Guido-Grandus, Calmet, are ro Muratori, etc., qui tous admettent comme incontestable la vérité © Mu de de cette histoire. France , avril C’est sur le modèle de la sainte Maison de Lorette, renfermée 4274078 dans la magnifique église du même nom, qu'a été construite la pratique du chechapelle dite de Lorette, qu'on voit à Issy, dans la maison du "7 de la croix

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