Â'° MISSION D’AUVERGNE
prodige de sainteté, et, aprenant qu’elle était de l’ordre de Saint-Dominique , il commença à penser que c'était peut-être la personne qui lui était apparue, vêtue, en effet, à la manière des religieuses de cet ordre. Enfin, après de nouveaux témoignages de la haute vertu de la mère Agnès qui lui furent donnés à quatre lieues de Langeac, dans la (0 Deposiion ville de Brioude (1), il résolut d’aller la visiter dès que les 4e ta mère des travaux de la mission lui en laisseraient le loisir. nr Les ouvriers apostoliques arrivèrent à Pébrac, sans que IV. la difficulté des chemins (2) ni les fatigues du voyage eus- es a ME sent diminué l’ardeur de leur zèle. Ce village, situé dans Olier dans les les gorges d’un torrent appelé la Dège, qui se jette dans L'AL MN de la lier, est entouré de montagnes escarpées et de rochers af- (2) L'année freux, qui en rendent l’accès extrêmement difficile. Dès que Phare) les missionnaires y furent arrivés, ils se livrèrent à l’œu- ste t. vre qu: ‘es avait attirés dans ces lieux sauvages. On aurait peine * : Agurer tous les travaux qu’ils entreprirent et qu’ils «°:‘arent, allant de paroisse en paroisse, de bourgade en bourgade, à l’exemple du Sauveur du monde et de ses premiers disciples, pour y annoncer le royaume de Du, et ramener les brebis égarées qui y étaient en grand nombre. M. Olier prêchait tous les jours, et ne descendait de chaire que pour aller achever au confessionnal les conversions que la force et l’onction de ses paroles avaient commencées dans ses instructions publiques. On vit encore alors combien il chérissait les pauvres, par les œuvres de miséricorde qu’il exerçait à leur égard. Il les rassemblait, comme un père eût rassemblé ses enfants, les servait de ses propres mains, tête nue, et se nourrissait de leurs restes. Après le repas, il allait visiter tous ceux à qui il pouvait être utile, les consolant, les exhortant et gagnant ainsi, par sa douceur, ceux qui, au mépris de la grâce de la mission, ne s'étaient point rendus à la force de ses paroles. Enfin, non content d’avoir consacré aux œuvres
du zèle toutes les heures du jour, au lieu de réparer ses
8% PARTIE 1, LIVRE NI, — 1634, forces par le sommeil de la nuït, souvent il en passait une partie considérable en prières (1).
(t)PieMs.de Cefutun nouveau sujet de joie pour M. Olier, au milieu M a. de tant de bénédictions, que de n’être pas considéré par le D CHA peuple comme chef de cette entreprise. Personne ne pen-
née Dominicai- sait, en effet, qu’il en fût le mobile et le soutien, le voyant ne, e«. — Re: .
marg. histori. Xercer auprès des pauvres les fonctions, en apparence, les
0 "PE: plus humiliantes ; et chacun déférait cet honneur à M. Per-
rochel. « J'ai demandé à Dieu cette grâce avec instance,
» dit-il, de ne jamais passer que pour un rien et pour un
» homme de néant que je suis; ce que j'ai acquis par sa
» bonté : car j'ai toujours été traité de la sorte , n’ayant ja-
» mais eu d'extérieur qui annonçât autre chose de moi.
» Dans mon premier voyage d'Auvergne, où je menai en
» carrosse, dans ces déserts sauvages, des personnes de
» condition, entre autres M. Perrochel, on demandait qui
» était celui qui conduisait tant de personnes de qualité ;
» on ne pouvait jamais éroire que ce fût moi, et l’on indi-
» quait M. Perrochel, qui passait déjà en ce pays, quoique
(&) Mémoires ? alors il ne prêchât point encore (2), pour ce qu’il est,
NE » comme il l’a montré partout, savoir : un ange envoyé
#0. : » de Dieu, un apôtre, enfin une vive image de Notre-Sei-
de Hi tom. y» gneur (3) +.»
Y. En se livrant ainsi aux travaux de la mission, M. Olier
Le Le ne perdait pas de vue le dessein qu’il avait formé d’aller à
te à M. Olier Langeac, pour savoir si la mère Agnès ne serait pas la ser-
UE vante de Dreu qui lui avait apparu durant sa retraite. De
tablissement Son côté, Agnès n'’ignorait rien de ce qui concernait
des séminai- M, Olier. Au moment où la troupe des missionnaires était
(à) Mém. aut, partie de Paris, elle avait eu connaissance de son voyage (4), d: V.Olier, ta, . : s ô
». 85.— L'an. €t. depuis ce jour, elle n’avait cessé de parler à ses sœurs
née Dominicai- Ge l’arrivée prochaine de l’abbé de Pébrac, et toujours
ne, elc. — Remirg-hist.t.un, je is + Notre bienheureuse sœur Agnès, écrivait M. Olier, cette grande ANR Olirr, servante de Jésus-Christ, et si éclairée, me dit une fois, parlant de
t.n.p.187. M. Perrochel: C'est un homme tout à Dieu (5).
avec les gieuses témoigns n'avait Elles 50 surnatur vergne, © cette per monastè Dès q que loisi enfin la de la sa l’hôtelle:
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M. OLIER RECONNAIT LA MÈRE AGNÈS. 85 avec les sentiments d’une joie extraordinaire, Ces religieuses ne pouvaient comprendre comment leur Mère témoignait tant d’estime pour un ecclésiastique qu’elle n’avait jamais vu, ni eu l’occasion de connaitre (1). (1) Pie de ta Elles soupçonnèrent qu’elle avait eu quelque lumière; . D vu LS surnaturelle à son sujet; et l’arrivée de M. Olier en re vergne, qu’elles apprirent bientôt, les confirma toutes dans cette persuasion, non moins que sa première visite au monastère.
Dès que les exercices de la mission lui laissèrent quelque loisir,et peu après son arrivée en Auvergne, il prit enfin la route de Langeac. Tout ce qu’il entendit raconter de la sainteté de la mère Agnès, dans cette ville et dans l’hôtellerie même où il s’arrêta, fortifia de plus en plus le pressentiment qui l’avait amené, et lui donna un nouveau désir de voir cette fille extraordinaire (2). Une au- (2) Summa- ‘ rium, etc. test.
tre circonstance l’étonna au-delà de tout ce qu’on peut xiv. Dépositions imaginer, ce fut de recevoir, dans l’hôtellerie même, la Goyur ”"” visite d’une tourière que la mère Agnès lui envoyait pour le saluer de sa part (3). Cette attention, qui semblait n’a- (3) 16id. test. voir rien que d'ordinaire, offrait à M. Olier une occasion go toute naturelle de rendre sa visite à la prieure qui l'avait 55,4 Séra ainsi prévenu : mais il fut privé ce jour-là de l’avantage de s’entretenir avec elle. Agnès ne put venir au parloir : elle témoigna cependant, par une distinction qui étonna (4) Mém. uut. beaucoup ses sœurs, l'estime singulière qu’elle faisait de * un cet ecclésiastique ; car elle leur remit son chapelet, en les je Me, de M.
Jj P M.
chargeant de le lui donner de sa part (4). Après plusieurs de Arelonvit.
voyages à Langeac, où M. Olier s’était toujours inutile- : He ment présenté au parloir *, la prieure vint le trouver. ‘ NOTE Elle entra, accompagnée d’une de ses religieuses, le voile AL baissé sur le visage, selon la coutume de son ordre, et lui
parla d’abord comme à un ecclésiastique qu’elle paraissait
ne connaitre que par le bruit des œuvres de zèle auxquel-
les il se livrait dans le pays. M. Olier, désirant savoir
84) PANTIM 1, LIVRE 11. — 1634.
8, enfin si la mére Agnës n’était pas la personne qui lui
,.110 PU ) Déposit.de AVait apparu, la pria de vouloir bien relever son voile * : hu elle le leva aussitôt (1), et ce moment fut comme une ou-
phins.— Sum- verture aux communications les plus secrètes sur tout ce mariywm , elc,
es. 7 si is se passait dans ces deux grandes âmes. M. Olier, frappé Louis Condéré, de revoir à Langeac la même personne qu’il avait vue à Fig de 8.-Ju- Paris (2), lui dit sur-le-champ : Ma mère, je vous ai vue xl: en lu ailleurs, Agnès lui répondit : Cela est vrai, vous m'avez
uv, — L'an Vue doux fois à Paris, où je vous ai apparu dans votre re- 4 Anse traite à Saint-Lazare, parce que j'avais reçu de la sainte Lo ve er Vierge l'ordre de prier pour votre conversion, Dieu vous ". , ue ayant destiné à jeter les premiers fondements des séminaires posit. de la mère du royaume de France (3).
sr Tel fut l'objet principal de la mission d’Agnès. Cette
é Se sainte fille a eu trop d'influence sur la vocation de M. Olier de la mère POUF ne pas faire ici une digression touchant l’apparition 1 ere que nous avons décrite, et qui fut l’origine de leurs rappar les deux POrts mutuely, Le fait est certainement un grand miracle ; re ue be et il est d'autant plus permis de demander les preuves de alle sa certitude, qu'il est plus étonnant : car, d’après les pro-
cédures faîtes pour la béatification de la mère Agnès, ce
fut par une apparition réelle et corporelle que cette grande
servante de Div, éloignée de plus de cent lieues de Paris,
se rendit deux fois visible à M. Olier, dans la maison de ue ds #; Saint-Lazare ?,
Ce qui exelut tout doute à cet égard, c’est le témoignage de M, Olier, les dépositions de vingt-quatre témoins auriculaires, au noinbre desquels étaient les personnes de Langene les plus qualifiées et les plus recommandables ; et la pleine notoriété du fait par toute la France dans le
a Ra 5, dernier #ièele*, notoriété attestée encore par les tableaux de cette illustre vierge, presque toujours représentée dans ce trait, comme le plus connu et le plus extraordinaire de sa vie, On pourrait alléguer aussi les circonstances de
l'apparition, où Von ne voit rien que de digne de Drev, et
{ de trè qui e tion 1 n’est] appar parmi mère répon tout-à vera d’éter Benoi sortes
L’a si cel dans des ve de gra cette “la mè
les v suite par l’ pour Au ouvra M. O0] tal, :
de la servi yrett breu taire Sain r'ecol
GERTITUDE DE L'APPARITION DE LA MÈRE AGNÈS. 87 de très-conforme aux apparitions divines ; enfin l’examen qui en fut fait par la Congrégation des Rites, avec l’attention la plus sévère et toute la rigueur accoutumée *. 11 *“ notre 6 n’est pas inutile, en effet, de faire remarquer ici que cette P di apparition est l’objet d’une savante et solide discussion, parmi les procédures concernant la canonisation de la mère Agnès, et que le sous-promoteur de la foi, après avoir répondu à toutes les difficultés, conclut que sa vérité est tout-à-fait indubitable : Dubitari nequaquam potest quir. vera fuerit apparitie * ‘\.7 considérons ici aver Dlus (1) Responsio d’étendue les suites quelle :issées après elle, e: jue un Benoît XIV appelle la pierre de touche pour discerner ces ##4wct. causæ,