NOTORIÉTÉ DE L’APPARITION DE LA MÈRE AGNÈS
NOTE 4, p.86.—Quoique le témoignage de la personne favorisée
de quelque apparition soit seul absolument nécessaire (« dictum
: Fa nan vest visioneset apparitiones non posse probari, dit Benoît XIV (5), Dei Peatif.ete. ” nisi dicto vel scripto ejus cui facta dicitur visio seu apparidib. ut, cap. Lu, » io»), on ne laisse pas cependant d’appeler en témoignage tous mel ceux qui ont eu connaissance du fait, afin d’en fortifier la certitude de toute manière. Parmi les témoins qui déposèrent en faveur de
l'apparition de la mère Agnès à M. Olier, se trouvent des ecclé-
siastiques, des religieuses, la prieure de Langeac, Françoise des
Cinq-Plaies; la sous-prieure, Marie-Aimée de la Vierge, et autres ;
les personnes les plus considérables du pays, le marquis de Lan-
geac, Jean-Antoine de la Rochefoucauld, Melchior de Cat, sei-
gneur de Chillaguet-l'Estival ; Jean Morin, seigneur d’Aubiat; des
officiers publics, des artisans. « Zi omnes, dit le sous-promoteur
» de la foi, de re testantur in ipso seminario Sancti Sulpitii
» vulgatissima, atque in tota Gallia plané notoria, marimé
» cüm deposuerint de re quæ maximum reliquit vestigium
» post se, quod fuit conrersio cjusdem abbatis, et erectio su-
» pradicli seminarit; et comprobat etiam Vita ejusdem abba-
“dis (Olicr), émpressa Parisiis, ubi apparatio facta fuit, et
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» ubi fructus uberrimi ex dicto seminario in totam Gallicanam
» Æcclesiam in dies redundant (1). » (1) Responsio ad animudver-
NOTE 5, p.86.—D'aprèsles Mémoires de M. Olier, la mère Agnès PER Sn lui apparut, tenant d’une main un crucifix, et un chapelet de u. 67, vu. l'autre. Toutes les gravures que nous avons vues de cette grande servante de Dieu, et même celle d’Edelinck, la représentent mal à propos, le chapelet attaché au côté et la main droite posée sur sa poitrine ; son ange gardien, toujours représenté à côté d'elle sous la figure d'un enfant, devrait soutenir d’une main lextrémité du manteau de la prieure, et tenir de l’autre un mouchoir.
Quelques graveurs se sont contentés de jeter sur ses bras la queue du manteau sur lequel ils ont représenté les instruments de la passion, parce que, en effet, la mère Agnès éprouvait, tous les vendredis, une participation des douleurs du Sauveur dans sa passion. On conserve, au séminaire de Saint-Sulpice, un ancien tableau peint sur toile, de treize pouces de hauteur sur dix-sept et demi de largeur, où il semble qu'on ait voulu représenter le fait de l'apparition avec toutes ses circonstances particulières. La mère Agnès debout, revêtue de la robe et du scapulaire de laine blanche, du manteau et du voile noirs, a les mains croisées sur la poitrine, et tient de la droite son crucifix, et de la gauche son chapelet. Derrière elle, et un peu de côté, on voit son ange, le genou droit en terre, soutenant de la main gauche la queue du manteau et portant de la droite un mouchoir blanc. Il a les ailes baissées, les cheveux flottanis, et est revètu d’une espèce de tunicelle blanche sur une robe de même couleur. A l’autre extrémité du tableau, on reconnaît M. Olier, aux traits de sa figure bien caractérisés ; il est assis dans un fauteuil et est re.ftu de sa sontane, sur laquelle paraissent son collet blanc et se: manchettes simples, ainsi qu’une espèce de manteau alors en usage. On ne prétend pas, cependant, que ce tableau offre les iraits naturels de la mère Agnès ; ses historiens nous appreanent que, malgré les soins empressés du marquis de Langeac jour ja faire peindre après sa mort, et la diligence que fit Solvain, peintre du Puy, que ce seigneur avait mandé, il fut réellement impossible de la pein- (2:7'ie admidre, son visage s'étant enflé de telle sorte qu’il n’était plus du tout ee Hé reconnaissable, quoiqu’il fût parfaitement beau dans cet état ; en ss, tn, liv. vi, sorte que le peintre se vit contraint de retourner au Puy sans a Me avoir rien pu: faire (2). Immédiatement après le départ de cet 445, pur M. artiste, le visage d’Agnès reprit son état naturel. AN AttE p.18.ms. — L
4 è D 4 . , , , 41: Vie le l ère NOTE 6,p.87.—Le Père Massonlié, qui fut témoin d'une partie "4e, pur M, des discussions concernant la béatification de la mère Agnès, écri- de Lantages.
vait de Rome à M. Leschassier : «On ne saurait croire jusqu'où va » la critique des consulteurs ; toutes les diflicultés qu'on oppose » aux canonisations des Saints, servent beaucoup pour fermer la » bouche aux hérétiques, et ils sont convaincus maintenant que » si, après l’Ecriture sainte, il y a quelque chose au monde qui » mérite qu’on y ajoute foi, c’est la sainteté de ceux que l'Eglise » déclare mériter ce titre, après les diligences qu’on a faites pour
(4) Archives » prouver la vérité de leurs vertus ct de leurs miracles (4). » du séminaire S. Sulpice. — Lett. du 28 oct.
4703. — Carton LA SANCTIFICATION DE M. OLIER ET L'ÉTABLISSEMENT DES SÉMI-
mère Agnès. , NAIRES SONT REGARDÉS COMME DES EFFETS DE L APPARITION DE LA MÈRE AGNÈS.
NOTE 7,p.87.— Benoît XIV, après le cardinal Bona, pren.nt pour (2) Benedict. base les visions et les révélations de sainte Thérèse (2), adopte a , de serv en conséquence l'avis des auditeurs de Rote, conçu en ces termes : ee EURE « Quod fuerint veræ… facilè nobis persuasum fuit, primd ex vir- » tutibus heroicis istius beatæ virginis : ilem ex effectibus resul- » tantibus ex ïisdem visionibus, nempe, humilitate profundà, et » incremento a:noris divini et reliquarum virtutum, nec non utili- » tate et ædiicatione proximorum. Si post visiones et apparitio- (8) Ibid. cap. » nes, dit Benoît XIV (3), humilitas, obedientia, cæteræque LI, n. 3. » christianæ virtutes non modà perseveraverint, sed ad subli- » miorem gradum ascenderint in ea persona cui contigerunt vi- » siones et apparitiones, de earum qualitate supernaturali et divina
» non erit ullo modo dubitandum. »
NOTE 8, p. 87.—e clergé de France, dans sa lettre de 4730 au pape Clément XII, s'exprime de la sorte: « Piæ virginis cultum » eù propensiüs prosequimur, quod ipsa in Christo, si ita loqui » fas est, genuerit illum Christi sacerdotem insigne cleri nostri » decus et ornamentum, Joannem Jacobum Olier : quem dum illa » ad perfectioris vitæ studium incitavit, quam bene de Ecclesia » merita sit dicere quis sufficiat 7... Ex seminario enim Sancti » Sulpitii (quod suam huic piissimo saccrdoti debet originem) » veluti ex arce quadam, religionis virtutumque ommium scholà , » prodeunt innumeri tum antistites, tum cujuslibet gradûs cle- » rici verbo potentes et exemplo.. ad omne opus bonum instructi.»
Les prêtres du séminaire de Saint-Sulpice disaient, dans leur lettre au Pape, du 6 décembre 1702: « Joannem Jacobum Olier » precibus suis Christo genuit, atque sic mater nostra verè effecta
cher » M » et » €C » ri » Tr » g » d
«€ » di » Jes » rit » an
” À » est (1). » Dans une autre lettre du 4° juin 1700 : « Hanc eam- (1) Seramarium | + dem, Beatissime Pater, tanquam matrem nostram agnoscimus ‘“?2” i"troduc- SC s dione causæ, etc.
| » ct veneramur (2). » @) Archiv. du u 4 sém. de S. Sul- De L Une autre lettre du mois de septembre 4701 porte : « Sum- F4, FPS AE a (2 » mum in illo Dei famulo perfectionis studium, singularem pie- | 1se 4
| » tatis et ecclesiasticæ disciplinæ restaurandæ zelum, in instituen- LS 4 dis clericis labores indefessos, virginis Agnetis precibus ac suspiriis deberi arbitrantur. » Cette lettre est signée de MM. Les-
chassier, de la Chetardie, Julien de Tanoarn, de Baluze, Le Boiteux, Dyserand et autres.