V. M. Agnetis a
Jesu , n° 93, p.
Agnès, et que le sous-promoteur de la foi, après avoir répondu à toutes les difficultés , conclut que sa vérité est tout-à-fait indubitable : Dubitari nequaquam potest
—Cette discussion peut servir de réponse à ce que Nicole a écrit , en se
quin vera fuerit apparitio (1). Mais considérons ici avec jouant sur cette
plus d’étendue les suites qu'elle a laissées après elle, et que Benoit XIV appelle la pierre de touche pour discerner ces sortes de faveurs.
L'apparition est certainement divine, dit ce grand pape, si celui qui en à été favorisé fait ensuite de grands progrès dans l'humilité , lobéissance , et s'élève jusqu'au comble des vertus ; surtout si l’apparition est encore le principe de grands avantages pour l'édification publique. * D'après cette règle, on ne peut contester la vérité de l'apparition de la mère Agnès ; Car, depuis ce moment, M. Olier fit, dans les vertus sacerdotales , des progrès étonnants, comme la suite de sa vie le montrera , et il servit utilement l'Eglise par l'institution des séminaires : deux œuvres qui eurent pour principe cette même apparition.
Aussi le clergé de France, considérant comme le propre ouvrage de la mère Agnès, tant là haute sainteté de
M. Olier que ses œuvres pour le bien de l'ordre sacerdotal, a-1-il, plusieurs fois, allégué, comme motif principal de là canonisation de cette grande servante de Dieu, les services qu'elle avait rendus par là à l'Eglise *. Nous regrettons de ne pouvoir rapporter ici les témoignages nombreux que nous avons recueillis, mais nous ne saurions tire les sentiments des ecclésiastiques du séminaire de Saint-Sulpice, sans violer un devoir sacré de justice et de
matière.
Le ciergé de France attribue à la mèreAgnès la sanctification etles œuvres de M. Olier.
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(1) Mém. sur ce quis'est passé jusqu'en l'année 4757, touchant la béatification de la mère Agnès , — carlon : mère Agnes.
PieVIEa donuc les effets de cette appari tion pour fondement à son décret en fa veur des vertus de la mère Agnes,
reconnaissance. Depuis M. Olier,et,à son exemple, ils l'ont toujours vénérée comme leur mère , et l'ont considérée comme une avocate qui intercède sans cesse pour eux auprès de Dreu. « C’est elle, disaient-ils dans une lettre à Clé- » ment XI, pour solliciter sa canonisation, c'est elle qui a » acquis à l'Eglise M. Olier, notre instituteur ; elle qui, par » ses prières , à fait prospérer ses travaux pour JÉSus- » Curisr ; elle, enfin , qui autrefois à aidé notre société par » ses prières auprès de Dieu, et qui maintenant encore la » la protége et l’affermit, par son intercession puissante , » partout où elle est répandue.
Le général de l'ordre de saint Dominique écrivait au ape au nom de tous les siens : « C’est sur les avis de la » mère Agnès, comme sur des ordres venus du ciel, que » M. Olier a fondé l'institut du séminaire de Saint-Sulpice, » qui à donné naissance à tant d’autres séminaires en » France , et dont les évêques tirent de si grands fruits ; » avantages qu'ils reconnaissent ouvertement être dus, » dans le principe, à la mère Agnès,»
« La mémoire de cette servante de Dieu, écrivait le car- » dinal de Noailles au souverain pontife, sera toujours en
bénédiction , surtout parce qu'on lui doit le dessein
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qu'exécuta M. Olier en instituant des maisons cléricales » pour le renouvellement de l'esprit sacerdotal, alors re- » froidiet presque éteint.» Lorsqu'en 1757 on fit de nouvelles démarches à Rome , elles furent encore fondées sur ce motif. « L'Eglise de France , écrivait l'évêque de Saint - » Flour au cardinal de la Rochefoucauld, paraît prendre » un intérêt particulier à la béatification de la mère Agnès, » parce qu'on attribue à cette vierge d'avoir communiqué » à M. Olier, fondateur du séminaire de Saint-Sulpice , le » désir de cette haute perfection dans laquelle il à lui- » même fait de si admirables progrès (1).»
Enfin le même motif, allégué tant de fois, a déterminé le pape Pie VIT à déclarer solennellement, le 17 mars 1808 ,
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déterminé le mars 1808 ,
CERTITUDE DE L'APPARITION DE LA MÈRE AGNÈS. 89 qu'elle avait pratiqué les vertus dans un degré héroïque. « Toutes les bouches publiaient en France, lit-on dans le » décret de ce jour , que la très-éminente vierge Agnès de » Jésus, avait, dans une vie qui ne fut que de trente-deux
, ans , fourni une longue carrière par l’exercic£ Parfait de » toutes les vertus chrétiennes , mais surtout qu'elle était si embrâsée du feu de la charité, la plus excellente des verlus , que , quoique cachée dans le monastère de Lanseac, néanmoins, par la vivacité de ces flammes qui s'échappaient au-dehors, elle avait produit des conversions admirables hors de son monastère , même dans des pays , éloignés, et jusque dans la ville de Paris, au grand avanage et à l'honneur de la piété, de la religion et du clergé, Surtout de celui de France. On s’est convaincu
combien ce bruit était conforme à la vérité, par les en-
quêtes qui ont été faites dans les formes usitées sur cha-
cune de ses actions : les pièces qui les contenaient ayant
été compulsées et soumises à une discussion sévère...
En conséquence, Sa Sainteté a déclaré et jugé, que la vé- uérable Agnès de Jésus a pratiqué les vertus dans un » degré héroïque. » La sanctification de M. Olier et l'établissement des séminaires sont, comme ilest aisé de le remarquer, le motif principal de ce jugement ; car, dans toute la suite des pièces qui furent compulsees auparavant, et soumises à une sévère diseussion , On ne trouve d'autre conversion , opérée à Paris, par la mère Agnès , que celle de M. Olier, ni d'autre service important rendu par cette servante de Dieu au clergé, surtout de l'Eglise de France, que l'établissement des séminaires que M. Olier entreprit par son ordre. Au reste , les termes mêmes du décret indiquent assez clairement le fait de cette apparition , quoiqu'avec la réserve usitée dans les jugements du saintsiége sur les vertus : en effet, ces flammes ardentes de charité, qui, s’échappant de Ia mère Agnès , allèrent au loin et jusqu’à Paris opérer celte conversion admirable ,
90 PARTIE I. LIV, Il, — 1634.
tandis que cette sainte fille demeurait cachée dans son monastère , se rapportent directement au fait de l'apparition , et ne tombent que sur ce fait, comme on le voit par toute la procédure.
He Qi Mais la suite du récit que nous avons interrompu en céleste que Confirmera encore la vérité, et montrera, dans l'union AA À de la mère Agnès avec M. Olier , l'ouvrage de la misérigoes et M O- corde et de la sagesse divines. Cette union de grâce, qui avait pour fin d'élever le serviteur de Dreu à la perfection A) Vies. ib. la plus éminente,et de faire passer en lui le zèle dont brûp. 112.115. lait la mère Agnès (1), n’est pas «ans exemple dans l’histoire des hommes apostoliques. Elle est tout-à-fait semblable à celle que l'Esprit saint avait formée entre saint Jean-de-la-Croix et sainte Thérèse, et dont le but était aussi de communiquer, au réformateur du Carmel, le zèle de cette vierge séraphique, et de le rendre, par :£$ exhortations, le digne instrument des desseins de Dieu. On peut admirer ici la conduite de la divine providence : pour préserver les hommes apostoliques du poison de l'orgueil, qui corrompt jusqu'aux œuvres les plus saintes, elle leur associe quelquefois , comme cause nécessaire de leurs succés, les instruments les plus faibles en apparence ; elle attache à la prière ardente d'une simple femme, la gràce divine qui éclaire, touche et convertit : effets que toute l’éloquence et tous les moyens humains s'efforceraient vainement de produire. Telle est la part que Dieu à voulu donner quelquelois à plusieurs saintes femmes dans les travaux des hommes apostoliques , incapables qu'elles étaient de remplir dans l'Eglise un ministère publie : telle est aussi celle que la mère Agnès à eue dans ceux de M. Olier,et c’estle principal fondement des éloges du clergé
(2) Vie de la | ; . ; :
mère Agnès , in- l'eprésenter l'abondance des consolations célestes dont l'un
po et l’autre furent inondés (2). M. Olier , apprenant de la
bouche de la mère Agnès les destinées qu'il devait remplir
de France ,que nous avons rapportés”. [serait difficile de se
dans VI était de rités ÇA sa soun de ses \ plus dot tion d'u Aussi vécut el teur de plusieur prières faisant 1 à mouri elle lui ajoutant chrétien était de cations € de toute en lui l vertu dé exemple » marqu » fonde » dans t que de
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UNION DE LA MÈRE AGNÈS AVEC M. OLIER. 91 dans l'Eglise , en demeura tout confondu ; et, sachant qu'il était depuis trois ans l’objet de tant de larmes et d'austérités (2), il ne mit aucune borne à sa reconnaissance el à sa soumission envers elle. Agnès de son côté, au comble de ses vœux , répandit en actions de grâces les larmes les plus douces (2), et sentit naître dans son cœur loute l’affection d’une mère pour M. Olier.
Aussi profita-t-elle du court espace de temps qu'elle vécut encore, pour perfectionner, dans le cœur du serviteur de Dieu , l'ouvrage qu’elle avait commencé depuis plusieurs années par ses austérités et par la ferveur de ses prières (3). Tantôt elle le reprenait charitablement, en lui faisant remarquer ses imperfections, tantôt elle l’exhortait à mourir entièrement à lui-même ; et, en toute occasion, elle lui insinuait la nécessité de cette mort intérieure, ajoutant qu'en cela consistait le fondement de la vie du chrétien. Enfin son langage et son vœu le plus ordinaire était de lui souhaiter beaucoup de souffrances , de mortificationset de croix (4) ". Voulantle mettre en participation de toutes ses grâces , elle s'efforça surtout de faire passer en lui l'amour extraordinaire qu'elle avait de l'humilité , vertu dont elle lui offrait, dans toute sa conduite , des exemples qui peuvent passer pour héroïques. « J'ai re- » marqué en elle, écrit M. Olier , une humilité si pro- » fonde , que je ne crois pas la pouvoir découvrir ailleurs * dans un pareil degré, On ne pouvait l’affliger davantage que de l'estimer ou de la louer , jusque-là qu'un jour,
ayant Vu, dans une lettre, qu'on y disait quelques paroles à son avantage, elle en tomba malade d’affliction jusqu’à l'extrémité et demeura long-temps »1 lit. Le désir qu'elle avait d'étouffer toute louange la portait à dire d'ellemême des choses incroyables , et dans des termes qui effrayaient tous ceux qui l’écoutaient. Les lettres qu’elle *mécrivait en étaient toutes pleines : elle disait avec joie
"ses défauts , et les découvrait avec des sentiments d’hu-
(1) Vie adnirable de sœur Àgnès de Jésus, L.
ul. ve ch re
(2) Vie Ms, de M, Olier, par M.
de Bretonvilliers, tu p. 110. — L'Annce Dominicaine , ibid. p.
La mère Agnès excreeM.
Olier à la mortification et à l'humilité.
(3) La Vie admirable de sœur Agnès de Jésus , t. 1. Ms,
(4) L'Ann. Dominicaine ,etc.— Remarques historiques, Lt. HE.
p. 459. — Vie Ms. de M, Olier, par M. de Bretonvilliers, LE.
milité si profonds, qu'elle fondait en larmes et qu'elle eut ou voulu se pouvoir cacher sous terre : je l'eusse prise à
» ses discours, et à sa manière d’exagérer ses fautes, pour