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» communauté , et se trouvant dans l'état qu'il avait souhaité, écrivit » au père de Condren pour prendre une dernière résolution sur sa » demeure dans la solitude. Le père de Condren l'en détourna forte » ment, sur ce qu'il reconnut que Dieu lui faisant estimer la retraite, » he lui imposait pas l'obligation de la garder , et lui donnait an con- » traire de la capacité et de l'inclination pour agir, Son désintéresse- » ment pour sa congrégation parut dans cette occasion, puisqu'il n'y a » point de doute que s'il lui eût conseillé d'entrer dans la congrégation » de l'Oratoire, comme il fit au père de Saint-Pé, il lui eût obéi (1)».
ACTES DU CARDINAL DE LA ROCHEFOUCAULD CONTRE LA RÉFORME DE CHANCELLADE.
NOTE 16. — Le cardinal de la Rochefoucauld , délégué en 1622 par le pape Grégoire XV, pour réformer, en France, les Chanoïines de saint Augustin , avait eu d’abord le dessein de les diviser en plusieurs congrégations ; et il semblait que la Providence eût suscité trois hommes doués de toutes les qualités nécessaires pour exécuter ce plan de réforme , le père Faure, à Paris, le père Gallet dans l'Anjou , et l'abbé de Chancellade en Guyenne (2).Ce dernier, dont la réforme était plus austère , et plus conforme à l'esprit primitif de l'ordre , avait été subdélégué en 1630, et avait même reçu du cardinal une commission expresse pour réformer les monastères des provinces éloignées : mais le père Faure, élu supérieur-général de la congrégation de Paris, crut qu'il était plus utile au bien de l'ordre, de ne faire qu'un seul corps, dont le chef-lieu serait la maison de Sainte-Geneviève, et parvint à attirer à lui, non sans peine , le père Gallet (3). {1 trouva plus d'opposition de la part de l'abbé de Chancellade , dont la vie dure et austère n'aurait pu s’allier avec la réforme mitigée des Génovéfains. Ceux-cf ne pouvant l’amener à se fondre dans leur réforme, et craignant qu celle de Chancellade, en grande réputation de ferveur, ne s'étendit bientôt dans toute la France, crurent devoir user de l'autorité du cardinal pour en arrêter les progrès , et le concordat de M. Olier avec l'abbé de Chancellade fut le prétexte dont ils se servirent, Sollicité par les Génovéfains, le cardinal entra volontiers dans le zèle de ces bons religieux contre la réforme de Chancellade (4). Son intention était dès-lors, quoiqu'il ne l’eût point déclarée par acte public, de ne former , selon les désirs du père Faure , qu'une seule congrégation de tous les monastères de France ; et il agit en conséquence, contre M. Alain de Solminihac, avec une activité et une promptitude que
(1) Vie du père de Condren. liv.
vi,
(2)Histoire des Chanoinesrégudiers, elc,t. 1. p.
(3)Histoire des Chanoinesrégudiers, elc,t. nt.p.
Alain de Solminihac.
(4) Hist. ele.
LOU, pag. 714.
x} Lettre de e Barrault y Alain de Solminihac du 21 oct. Air 4 rè tres aulogr'aghes de M, OI (er. p.
69 bis.
(2) Vieadmirable de sœur Agnès de Jésus, t.
u. Me
(3) Vie admirable de sœur Agnès,t. 1. préface.
la droiture de ses intentions pouvait seule justifier, En vain M. de Barrault, archevêque d'Arles, vint le supplier de ne rien ordonner avant d'avoir entendu l'abbé de Chancellade, il ne put rien obte-nir (14). Le 4er mars 1635, le cardinal déclara que tous les monastères des Chanoïines de saint Augustin ne formeraient plus en France qu'une seule congrégation , celle de Paris; et défendit de recevoir, sous prétexte de réforme, aucuns religieux qui ne seraient envoyés par cette congrégation; défense qui d'abord lia les mains à M. Alain de Solminihac : mais deux ans après, poussant les choses à l'extrémité, le cardinal ordonna , par sentence, l'union des monastères de cet abbé à la congrégation de Paris. En vertu de cette union, il était permis à chacun des religieux de M. de Solminihae de quitter leurs monastères pour embrasser la réforme des Génovéfains, ce qui devait être, et fut en effet , le sujet de grandes divisions et de beaucoup de désordres. Ces monastères,qui étaient au nombre de quatre,persévérèrent néanmoins dans leurs observances comme auparavant.
NOTE 17. — La mère Agnès ne priait pas seulement pour les missionnaires qui s'étaient joints à M. Olier; voulant augmenter autant qu'il dépendait d'elle le nombre des ouvriers évangéliques, elle donna à M. Olier un jeune homme qui servait les messes et était occupé à la sacristie du couvent de Langeac, afin qu'il fût employé à la suission après qu'il s’en serait autant rendu capable par ses progrès dans la science, qu'il l'était déjà par sa solide piété (2).
M. OLIER A CONTRIBUÉ PLUS QUE PERSONNE A FAIRE CONNAITRE LES VERTUS DE LA MÈRE AGNÈS.
NOTE 18. — « M. Olier , dit l’un des historiens de la mère Agnès, » a remarqué en elle des vertus et des grâces fort particulières , dans » le peu de temps qu'il a communiqué avec elle, et qu'il en a reçu le » dépôt de tous ses secrets. J'omettrai, ajoute-t-il, le témoignage » des personnes qui l'ont conduite : mais faut-il au moins queje dise, » que M. l'abbé de Pébrac, maintenant curé de Saint-Sulpice, lui » attribue, après la miséricorde de Dev, tout ce qu'il a de bons senti- » ments et d'affection au bien ; et qu'il n’en saurait parler que dans » une telle passion de reconnaissance, s'il est permis de s'exprimer » ainsi, que chacun juge bien que les secours et les avantages spiri- » tuels qu'il en a reçus , sont presque infinis, puisqu'il ne fait point de » fin à sa mémoire et aux ressentiments qu'il conserve (3) ».
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