LE PÈRE DE CONDREN DOIT FORMER M. OLIER
dequalité, appelés à concourir,de concert,au même dessein. « Ce bon père,dit M. Olier, connut ma façon de vivre, sans » que je lui en eusse rien dit, pour l'avoir crue trop com- » mune ; etilregardait comme sa principale vocation notre (4) Abrégé du » naissante société, qui devait réveiller , disait-il, le zèle NE QUE A » du clergé et celui de la congrégation de l'Oratoire (1). » ut st . 2) Annales de Ce fut peut-être pour seconder plus aisément ce dessein ,, ea de Dieu, que, d'abord, ilse déchargea dela conduite des col- A 7 Lau léges sur l’un de ses prêtres, puis du gouvernement même de l'Assemblie é onti POINT 0'û n U] ] 2 à à li à générale, ec. P. de la congrégation sur un vicaire-général (2), et se livra 48. 94. 46. tout entier à la direction des ecclésiastiques (3). Avant le A départ de M. Olier pour l'Auvergne, il avait déjà sous sa 267. — Oraison ” : tons. et los i uisait assidô Junèbre du père conduite ceux dont nous parlons, et les instruisait assidü- 4, Condren. Ms. ment dans des conférences particulières. Ils ne furent (4) Mémoires , , ie +, : : , de M. du Ferrier d'abord qu'au nombre de six : M. de Caulet, appelé l'abbé y}, sae- Gene’ de Foix, M. du Ferrier, les deux frères Brandon , M. Olier Hé fi a — ibl, Royale p.
et M. Amelote (4) ; et, comme presque tous; eurent beau- 44. coup de part à l'établissement du séminaire de Saint-Sul- (5)Vies de qua- ; . 2 tre Evéques en pice, il est convenable de les faire connaître en peu de gagés dans la
: ; 7 : DE cause de Portmots. M. de Caulet , abbé de Saint-Volusien de Foix , fils pu, d th pi
d'un président au parlement de Toulouse (5), et l’un des 114. premiers qui se mirent sous la conduite du père de Con-
dren, se faisait dès-lors distinguer par un désintéressement
et une mortification qui trouvaient peu d'exemples dans (6) Mémoires les hommes de sa condition. Sa rare vertu et sa piété tou- de M. du Ferrier, chèrent si vivement M. du Ferrier, jeune ecclésiastique, de arrivé à Paris en 1634, qu'ils l’attirèrent aussi sous la ON das conduite du général de l'Oratoire. « Il me procura cet RU EE » avantage, dit M. du Ferrier lui-même, aussi bien que viève, p. 7. 72.
tomiiié ,, , OMiar ra icone intié nn. Bibl. R.p.8. 77, » l'amitié de M. l'abbé Olier , qui a fini ses jours en répu D iponkenus
» lation de sainteté (6). » M. du Ferrier, fils d'un lieute- qu ss nant-général (7), et neveu du grand-maîñtre de Malte et Ms. Sainte-Ged'un des agents du clergé (8), n’était venu à Paris que 9) id, és dans l'espérance de s'élever aux honneurs par le crédit de RUE ses proches (9). Il trouva au sein même de cette petite so- p.19. |
(1)Récit de l'en. ciété de grands exemples de détachement dans la perh ed 70 {= ! . 1, . n , Le Lu que sonne de M. Brandon. L'afné, qui était veuf (1), avait quitté
tograp.dumême, [a charge de Conseiller-d'État ordinaire pour se consacrer
au service de l'Église; et le second, appelé de Bassancourt,
celle de Maître des Comptes pour embrasser d'abord l’état (2) Mémoires religieux *. Ce dernier, qui joignait à une grande fortune
Tr l'humilité et la simplicité dans un degré peu commun ,
ea était d'une humeur si douce et si agréable ,que sa personne
Rp. 44. et ses discours faisaient tout à la fois l'édification et les dé-
Me lices de ses amis. Enfin le sixième était M. Amelote (2),
pas Dent jeune docteur, recommandable pour ses talents (à), et que
de la maison St- le père de Condren avait placé auprès de MM. Brandon et
Honoré, 1. 1. p. : . ’ ‘
595. de Bassancourt pour leur enseigner la théologie. La manière dont le père de Condren se l'attacha fut tout-à-fait extraordinaire, Comme s’il eût été instruit des desseins de Dieu sur M. Amelote, dès qu'il le connut à Paris, il fit
toutes sortes d’avances pour l’engager à venir le voir, et
voulut, par les visites fréquentes dont il le prévint, l'obliger de lui en faire à lui-méme. Ce ne fut pas sans combattre beaucoup, que M. Amelote se rendit à ses poursuites; car, plus le père de Condren le prévenait, plus il éprouvait d’éloignement pour sa personne et pour sa doctrine. Enfin, vaincu par ses recherches continuelles , il lui demanda ce qu'il désirait donc de lui. Pour réponse, le père de Coudren lui donna un réglement de vie : ce réglement, bien différent de celui que M. Amelote s'était tracé à lui-même , devait lui imposer le sacrifice journalier de ses goûts les plus chers et les plus favoris. Dominé par le désir le plus immodéré de l'étude, il se mettait au travail dès quatre heures du matin, ne cessail qu'à onze pour aller entendre la sainte Messe, et passait encore l'après-diner en Sorbonne ; et son nouveau réglement jui interdisait, pendant un an, toutesorte de lecture et d'étude, (4) Récit de l'en- à l'exception de deux chapitres de l'Écriture sainte, chaque
Jance du père A- . ‘ T méloté: Did, jour * (4), l’un de l’ancien, l’autre du nouvean Testament,
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les, il lui deir réponse, le vie : ce réglemelote s'était rifice journavoris. Dominé se mellait au sait qu'à onze assait encore réglement fui re et d'étude, ainte, chaque n Testament,
LE PÈRE DE CONDREN L'ÉLOIGNE DE L'Épiscopar, 129
qu'il lirait à genoux et sans commentaire, adorant , dans le premier, Dir le Père, préparant le monde à la venue de son Fils, et, dans '* second, écoutant Jésus-Christ qui veut du bien nous instruire lui-même, Ce réglement n'était pas y. du Ferrier, particulier à M. Amelote : les autres disciples du père re de Condren le suivaient également (1). Bibl. R, p. 42, Ce saint personnage , éclairé de Dieu sur leur voca- ds 1. di tion (2) et sachant que les instituteurs des séminaires Condren empèdevaient demeurer dans le simple état de la prêtrise , afin de ne d'offrir à leurs disciples un modèle du détachement qu'ils STI à s'eflorceraient de leur inculquer , les détourna con- M. du Ferrier, p. stamment de l'épiscopat *. Un jour qu'il fut prié par le 7 7 0 ardinal de Richelieu de lui faire connaître les sujets qu'il croirait le plus propres à cette dignité, si importante à l'Eglise et au royaume, il lui en nomma quelques-uns , et ajouta qu'il en connaissait d’autres trèscapables, mais qu'il ne les nommait pas à son Eminence , (3) Mémoire sur Notre-Seigneur ayant résolu de se servir d'eux pour un CRETE grand dessein (3). Ce ministre ayant promis au grand- se maître de Malte un évêché pour son neveu, l'abbé du Ferrier , le père de Condren dit à ce jeune ecclésiastique bo en le prenant sous sa direction : {{ ne faut plus penser à M. au Ferrier , 3 ° Vos + Ms. Bibl, Sainteétre évéèque , Dieu veut vous donner à fuire quelque Geneviève, D. MA. chose qui ne sera pas moins utile à l'Eglise (h).Ce far —Bibl. Rp. 45. dans les mêmes vues, et par la crainte que M. Olier ne sortit des voies de la Providence sur lui, que , dès qu'il apprit qu'on parlait de le faire évêque, il lui écrivit, comme on à vu ,'d'interrompre ses missions d'Auvergne et de pariir sans délai pour Paris ; el jamais là conduite de Dieu ne parut plus sensiblement sur M. Olier , que dans l'ordre qu'il reçut alors de se mettre sous la direction du général de l'Oratoire : car s’ileût continué de s'adresser à saint Vincent de Paul , il eût , selon toutes les apparences , accepté l’épiscopat sans balancer.
Quoique ce grand saint fût rempli de tant de grâces et
(4) Recueildes lettres de saint Vincent de Paul, tr p.ter2.
(2) Cloysault, vies Mss, — Vie du père Gibieux, tp. 163.
Le père de Condren persévère 18 mois dans son refus, sans en faire
connaitre le vrai motif,
de dons divers pour l'utilité des âmes , il ne connaissait point encore la vocation de M. Olier touchant l'établissement des séminaires ; et ce qui est bien remarquable , il ne savait pas que lui-même ni sa société dussent un jour avoir part à leur formation. Aussi, dans le projet de bulle d'institution de sa compagnie, qu'il envoya à Rome, il ne fit aucune mention des séminaires (4), cette bulle, donnée en 1632 , n'en fait point mention non plus * ; et même lorsqu'il commença dans la suite à réunir des enfants, dans l'espérance de les former à l'état ecclésiastique, ce fut sur les exhortations réitérées du père de Condren, et par manière de simple essai (2). Ne soupçonnant donc point que M. Olier dût un jour avoir part à cette œuvre, qui, d'ailleurs, semblait être désespérée et sans ressource, il ne négligea rien pour l'engager à prendre la conduite du diocèse qu'on lui offrait. Ille pressa vivement, au nom du prélat dont nous avons parlé , et il continua de le solliciter pendant dix-huit mois, jusqu'à ce qu'il eût perdu tout espoir sur cette affaire, c'est-à-dire jusqu'au mois de mars 1636. S'il eût connu les motifs qui faisaient agir le père de Condren d'une manière tout opposée , sans doute il n'aurait pas fait tant d'instances ; mais ce père ue les manifestait à personne. Non moins fidèle à tenir achés les ordres secrets de Dieu, qu'à les découvrir dans le temps marqué par la Providence , il n'en parlait qu'en termes couverts à ceux mêmes qui devaient en être un jour les exécuteurs. On vient de voir avec quelle réserve il en avait dit quelque chose au cardinal de Richelieu ; il s'exprima toujours à cet égard d'une manière également obscure pour ses disciples , quoiqu'il leur part souvent d'une œuvre tres-utile à l'Eglise pour laquelle Dieu les avait destinés. La vénération profonde qu'ils portaient à sa personne les empéchait de lui demander quelle serait donc la nature de cette œuvre ; et, comme nous le dirons dans la suite, ce ne fut que huit
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