LE PÈRE DE CONDREN L'ÉLOIGNE DE L'ÉPISCOPAT
jours avant sa mort qu'il commença enfin à leur en parler mi nt de ‘ N + , du Ferrier, clairement (1). Cette conduite pourra peut être sembler 154, oe,
à) Vie de M.
| Olier, par Le pè= mais ayant toujours ignoré le moment et Le lien marqués re Giry, part, 1.
CONTENT , sein si utile à l'Eglise ($) , il af chap, x, — le pour l'exécution d'un dessein si utile 4 Eglise (2) , Ïl af us hisrori-fecta de n’en parler jamais qé'en ternies couverts, de Etre tu pe peur que s’il venait à être connu avast le temps, l'etiniemi de tout bien ne s’efforçht de le faire échouer , en y préparant de loin des obstacles +, C'était, sans doute, par le même principe que saint Vincent de Paul avait coutume d'aflirmer qu'une bonne œuvre , divulguée avant le temps, était à moitié détruite.
Obligé néanmoins de répondre à M. Olier , qu'on pressait toujours d'accepter l'épiscopat , le père de Condren se
étrange dans un homme d'ailleurs si sage et si éclairé ;
contentait de lui dire : « Je vois en vous de grands em-
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» péchements à être évêque , et pour pouvoir prononcer » aflirmativement , je désirerais avoir des preuves plus
» manifestes de la volonté de Dieu.» M.Olier,sans pénétrer
plusavantdans la pensée de son nouveau directeur, croyait que ces empêchements venaient de son indignité;et ilattribuait le jugement contraire de saint Vincent de Paul à la trop bonne opinion que , par esprit de charité, il avait conçue pour sa personne. « Le père de Condren, dit-il, avec sa » candeur et son humilité ordivaires, me faisait faire de » fréquentes visites à Notre-Dame , pour me mettre en » état de connaitre la volonté de Dieu, qui devait être ex-
+ Le père de Condren, dans une lettre à M. Barthélemi de Donnadieu, évêque de Comminge , écrite en 1637, au sujet d'un sémiuaire que ce prélat voulut établir dans son diocèse, nous fait assez connaitre le motif de ce silence, « Vous vous souviendrez, lui dit-il, » qu'il n’en faut point parler. Les affaires de DIEU se conservent dans » le secret de son esprit : les publier au monde , c'est les exposer au » diable, qui peut les contrarier aisément, par ceux qui se laissent (1) Lettres el
écrits du père de
» conduire à sa malignité (4). » Condren. ms.
(1) Mémoires t.1 p. 97. 98.
(2) Cloysault, Vies Ms. LL EE Vie du père de Condren, v.iv.
» primée avec un peu plus de lumière qu’à l'ordinaire, à » cause ; comme je le pense , des grands défauts que ce ce second directeur remarquait en moi. Il était éclairé » comme un ange , et il jugeait que la vocation n'était » pas assez expresse pour passer par dessus les empêche- » ments qu'il reconnaissait en moi, comme défaut de ju- » gement , de conduite , de piété, de véritable zèle, de » science, d'expérience ; enfin de toutes les qualités né- » Cessaires à cette condition : comme aussi parce que
» Notre-Seigneur me donnait bénédiction dans les emplois » des missions, auxquelles il m'avait appliqué jusqu’à » cette heure. Ce qui me porte à croire qu'il désirait quel- » ques signes particuliers ou intérieurs ou extérieurs, et » pour lesquels il me faisait tant prier; c'était cette maxime » selon laquelle il se conduisait, savoir : Que dans les vo- » cations communes , S'il y avait de notables empêche- » ments, il fallait y avoir grand égard, par exemple aux » miens, dans la vocation commune que me manifestait ce » prélat, en me demandant lui-même pour successeur ; »* mais qu’au contraire il ne fallait avoir égard aux empê- » chements , quand les vocations étaient manifestes et
extraordinaires : ce qu'il eût voulu voir en cette ren- » contre pour fermer les yeux sur mes misères el mes
imperfections (4). »
M. Olier aurait pu cependant conclure que son nouveau directeur avait quelque autre motif en vue. Dieu a d'autres desscins sur vous, lui disait quelquefois le père de Condren; #/s ne sont pas si celatants ,ni si hororables que l'épiscopat, mais ils seront plus utiles à l'Eglise ®). Aussi saint Vincent de Paul, qui connaissait mieux que personne les dispositions intérieures et le mérite de M. Olier, l'ayant dirigé pendant quatre ans, ne laissait pas d'agir , autant pour seconder les pieuses intentions du prélat, que pour procurer à l'Eglise un évêque dont il concevait les plus hautes espérances. Il paraît même qu'il
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