‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S. Sulpice [microforme] (volume 3)Chapitre 141 sur 489 · COT · texte numérisé non relu

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LE PÈRE DE CONDREN L'ÉLOIGNE DE L'ÉPISCOPAT. 135 fit exprès le pélerinage de Notre-Dame de Chartres , afin d'obtenir , par l’intercession de la très-sainte Vierge , et dans cette même église où M. Olier avait si heureusement éprouvé ses faveurs , les lumières nécessaires pour connaître la volonté de Dieu sur lui (1). D'un autre côté, l'évêque qui sollicitait M. Olier, revint encore lui-même à la charge , et continua long-temps ses poursuites (2); ce qui retint M. Olier à Paris, et l’'empêcha malgré lui d'aller reprendre plus tôt ses missions. « Quoique ce » prélat , dit-il, pour la personne duquel j'ai une grande » tendresse , me témoignât tant de confiance , j'avais » quelque aversion pour lui dans ce temps-là , à cause de » ses poursuites que je n’agréais pas ; comme aussi parce » qu'il me semblait qu'il me faisait perdre le temps à » Paris, me sentant toujours pressé de m'en aller travailler » aux missions , dans lesquelles Notre-Seigneur m'avait » donné grande bénédiction , à moi et à tous ceux que » j'avais accompagnés dans ces contrées (3) ».

Plus on sollicitait M. Olicr , plus il se croyait indigne d'être évêque, sentiment qui se fortifiait de jour en jour, à mesure que , selon l'avis du père de Condren , il continuait de consulter Dieu dans l’oraison. « Le jour de la Purifica- “tion , ajoute-t-il, après avoir prié à l’oraison du matin "en grande sécheresse , et sans occupation quelconque » du mystère... il me sembla qu'il fallait que je fusse con- » sommé en Dreu pour répondre au dessein de ce prélat , » CC que je n'étais pas, et par conséquent qu'il n’était pas : temps d'y penser : d’où vient que je dis à mon père di- » recteur , que je ne croyais pas que cette affaire se fit en- » core, Mais que, dans un an, elle se ferait, espérant que, » dans un an, Dieu me ferait la grâce de me consommer » en lui, ce qui n'est pas encore , quoiqu'il y ait beaucoup » d'années (4).» Enfin M. Olier fut confirmé de nouveau dans la conviction de son indignité , au moment même où l'affaire fut rompue , malgré le zèle de saint Vincent de

(1) Abelly, iv.

Lt, Chap. IX.

Olier, par le père Giry, part, 1.

chap. vr.

(3) Mémoires aut. de M, Olier, t.1. p. 99.

L'affaire de l'évèché est r'ompue.

RE

(1) Mém, aut.

de M. Olier,t.r.

(2 La Vie de A. Olier, par le père Giry. part.

re. chap. vi — Année Dominicaine,etc.— Remarques historiques, Le HE p.

Union conslante entre S.- Vincent dePaul et M. Olier.

(5) Abrégé du 9e cahier des Memoires de M. Olier.

(#Oraison fuanëbre de S.Vincent, p. 5. — Vie du même par Collet, lv. 1v.t.

Lp. 415.— Vic du méme, in-192, 1787. an 1645.

p. 511. — lie marques historiques sur l’église deSaint-Sulpice.

— Vie de M, Olier par le pére Giry, part. 11, Chap. 1v.

13h PARTIE L. LIV. IV, — 1635.

Paul , qui s'efforçait toujours de la faire réussir. «Je me » souviens , dit-il encore , que comme mon premier direc- » teur, qui avait bien meilleure opinion et espérance de moi » que le dernier , s’entre-mélait de cette affaire, un jour qui » devait être celui de la conclusion , je me retirai pendant » ce temps dans l’église de Saint-Germain-des-Prés , pour » prier notre bon Duev qu'il fiten cela sa sainte volonté ; » et il me sembla encore , que pour tenir cette sainte et di- » vine condition de l'épiscopat, je devais étre dans un état » de pure et parfaite union avec Dieu , si éloigné de mon » élat grossier et sensible (1).» Enfin M. Olier fut délivré (2), ce jour là même, de cette affaire , et à la satisfaction du père de Condren , sans qu'on sache les circonstances particulières de son dénouement. Il se contente de dire , dans ses Mémoires, qu'il en fut délivré par la rupture qu'il plut à Dieu d'en faire *.

Telle fut l'occasion qui fit passer M. Olier de la conduite de saint Vincent de Paul sous celle du général de l'Oratoire. En s'adressant à ce dernier , il ne diminua rien de la vénération singulière qu'il avait eue jusqu'alors pour son premier guide ; et quoiqu'il se crût obligé d’obéir au père de Condren , il ne cessa pas d'avoir aussi saint Vincent de Paul pour directeur (3), et de se conserver toujours dans son union et dans sa société *. Gette union était même si publique et si connue, que l'illustre archevêque de Cambrai, écrivant en 1706 à Clément XE, pour solliciter la canonisation de saint Vincent de Paul, témoigne que M. Olier , qu'il appelle x homme abandonne à la grâce de Dieu et tout-àa-fait apostolique , demeura attaché à saint Vincent autant par une intime amitié que par la vénération qu'il portait à sa personne , le regardant comme la source d’où devait jaillir, en France, le renouvellement de la grâce apostolique de la prédication *. M. Olier l'honora en effet comme son père , et, durant tout le reste de sa vie, il continua à lui donner ce nom (4). Nous verrons

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