‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S. Sulpice [microforme] (volume 3)Chapitre 188 sur 489 · LES SOEURS BOUFARD ET DE LA ROUSSIÈRE · texte numérisé non relu

LES SOEURS BOUFARD ET DE LA ROUSSIÈRE

mun , et qu'elle craignait extrêmement Pillusion, elle fut * NoTE 5. , | , à ‘ è (1) Vie de la ravie de pouvoir s'ouvrir à M. Olier; et ce serviteur de 4,55 Marie Mi-

Dieu, trouvant en elle un esprit solide, un jugement ‘ele Board, : dE in-8o. Nantes, droit, une simplicité rare, profita de ces heureuses dis- 1700.—Vies des se e + Do saints de Bretapositions pour la conduire dans la voie ordinaire des ,5e, 1838. 2. v. grandes âmes, la confiance aveugle et l'humilité * (1). Pas: 505. I futaussi témoin d'une faveur bien extraordinaire que VL i r s a ER N Venus de la recevait de Notre-Seigneur une religieuse de la Visitation, sœur de la dévorée parcillement d'une faim insatiable pour la divine Ronssière. Eucharistie, et qui s'appelait Françoise-Madeleine de la Roussière, fille d'un gentilhomme d'Anjou. Dans l'abrégé de ses vertus, que les religieuses de la Visitation de Nantes firent imprimer après sa mort, elles s'exprimaient

de la sorte : « C'était une de ces âmes qui ne respi-

rent que Dreu, et n’aspirent qu'à lui à chaque instant ; » mais la veille de ses communions, ce n'était qu'ar- » deurs el <oupirs continuels pour le pain de vie. Elle » en paraissail tout en feu, jusqu'à en avoir le visage » baigné de sueur, au milieu même de l'hiver. Notre- » Seigneur à bien fait voir le plaisir qu'il prenait à en- » trer dans cette sainte âme. Nous l'avons appris de » plusieurs ecclésiastiques, qui l'ont communiée , entre » autres de feu M. l'abbé Olier, qui, étanten cette ville, » el logeant dans la petite maison de nos jardiniers, di- » sait souvent la Messe en notre église , et communiait » nos Sœurs. Un jour il demanda à notre très-honorée » mére de Bressand comment se nommait une des sœurs » qui avait une rougeur au visage, (c'était une marque » qu'elle avait eue en naissant; ) et, après qu'on la lui » eutnommée, ildicqu'il fallait bien que ce fütune àme très- » pure, puisque la sainte hostie s'était détachée de ses » doigts, et avait été d'elle-même dans la bouche de cette » chère sœur. Un autre ecclésiastique, le recteur de la » paroisse de Nort , qui est encore vivant, demanda , il n'y à pas long-temps, si la religieuse qui avait une

(1) Abrégé des vertus de notre très = honorée sœur de la Roussiére.in-40.p.5.

M.Olier consolide la rélorme de la Ré-

grippière.

(2) Lettres aut.

» marque au visage m'était point morte ; que c'était » assurément une Sainte ; qu'il la croyait telle , ayant » vu la sainte hostie voler dans sa bouche en la com- » muniant (1). »

Cependant la maladie de M. Olier traînait en longueur plus qu'on n'avait cru d’abord. Il écrivit au père de Condren le 27 octobre de cette année 1638. « Mon très-ho- » noré père : depuis le départ de M. Boudet, je n'ai pas » eu un moment de santé parfaite; une rechute, qui m'a » long-temps affaibli, a prolongé ma maladie. C’est une » fièvre tierce qui a été celte année une espèce de conta- » gion en Bretagne, occasionnée , à ce qu'on dit, par les » extrêmes chaleurs qui ont précédé cet été. Le pauvre » M. Vialur , (je vous mande ceci en secret, car je pense » qu'il ne désire pas que madame sa mère le sache , ) est » atteint de la même fièvre; mais la différence est qu'il

de M. Olier, p. ” à pris Son mal au champ de bataille, et non pas

» moi (2). »

M. Olier profita de son séjour à Nantes pour affermir à réforme qu'il avait si heureusement commencée à la Régrippière. IL visita plusieurs fois ces religieuses, et leur écrivit fréquemment des lettres pteines de ferveur, qui ne leur furent pas moins utiles que ne l'avaient été ses discours et sa présence. Ces lettres contribuèrent à Paftermissement de leur conversion, surtout en fortifiant le gcnéreux courage de l’une d'elles, la sœur de Vauldray, que M. Olier appelle la marque et le sceau de son apostolat, et qui paraît avoir été cette même religieuse dont les exemples trop funestes avaient entraîné toutes ses sœurs dans le mépris des règles et l'amour du monde. Sa conversion futanssi durable qu'elle avait été sincère;et, depuis, elle conserva à plus profonde vénération pour M. Olier. | qu'elle regarda toujours comme l'instrument de sa sanc-} tification." Enfin, avant de se séparer de cette communauté, | il donna encore des avis de vive voix à toutes celles qui!

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avaient profité de la gràce du salut, et leur laissa par écrit des maximes propres à conserver parmi elles la vigueur de la discipline.

Au commencement du mois de janvier 1639, il crut être assez rétabli pour reprendre le chemin de la capitale. Depuis qu'il avait vendu son équipage , il faisait ses voyages à cheval ; mais l’état de convalescence où il se trouvait, joint à la rigueur de la saison , ne lui permet- {ait pas alors de voyager de la sorte. « Je faisais deman- » der à mon Dreu quelque ouveriure , dit-il, pour sortir » du pays,ne voyant pas que je pusse me hasarder à » faire ce voyage à cheval dans cette saison, et à l'issue » d'une si longue maladie. Alors, par une providence » manifeste de Dieu, un homme de condition, sachant » mon embarras, me fit offrir de me ramener avec lui » dans un carrosse à six chevaux, en me priant seulement » de consentir qu'il s’arrêtàt à une abbaye un peu écar- » tée du chemin, ayant à traiter avec l’abbesse. Jamais » circonstance n'avait été plus favorable ; car cette abbaye » était celle de Fontevrault, et j'avais grand besoin d'y al- » ler aussi moi-même pour en voir l’abbesse, afin de con- » solider la réforme de la maison où j'avais travaillé, et » qui dépendait de cette abbaye (1). » Le changement que venaient d'opérer la présence et les exhortations de M. Olicer avait d'ailleurs besoin, pour se maintenir, de quelque main habile à manier les esprits et à gouverner les cœurs. Il savait que , dans le voisinage de Fontevrault, entre autres religieuses , il y en avait une qui réunissait toutes les qualités nécessaires pour conduire cette œuvre à une heureuse fin. Il profita donc de la circonstance pour la demander à l'abbesse, et il obtint; ce ne fut pas sans peine , à la vérité : mais les grands fruits que retira la maison nouvellement réformée, de la translation de cette fille, aussi prudente que pieuse, justifièrent, aux yeux de l’abbesse , la démarche de M. Olier, et rendirent

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