‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S. Sulpice [microforme] (volume 3)Chapitre 187 sur 489 · LA MÈRE DE BRESSAND · texte numérisé non relu

LA MÈRE DE BRESSAND

» nées, Comme je les finis par la fête de l'Assomption. » Notre-Seigneur n'a toujours fait cette grâce, de me » donner, en ce jour, des témoignages du bien qu'il vou- » lait opérer en mon âme. Désirant donc m'obliger, par » ce retardement dans le pays, à fortifier l'ouvrage qu'il » m'avaii fait commencer, il me retint an lit par sa mi- » séricorde le jour de la Nativité de notre sainte maîtresse; » ce qui continua assez long-temps * (1). »

M. Olier, retiré alors à son prieuré de Clisson , avait dessein d'y demeurer jusqu’à son entier rétablissement, lorsque la mère Marie-Constance de Bressand , assistante du monastère de la Visitation de Nantes, lui envoya un exprès pour l’inviter à venir se rétablir dans cette ville, en l’assurant qu'il y trouverait, poux sa santé, toute sorte de secours. Cette religieuse avait eu le bonheur, avant son entrée en religion, de se mettre sous la conduite de saint François de Sales, et d'apprendre de sa bouche le genre de vie auquel Dreu l'appelait *. Le respect de M. Olier pour la mémoire du bienheureux évêque de Genève , et la consolation qu'il goûtait à s’eutretenir avec les personnes qui l’avaicut particulièremert connu , lui firent accepter avec joie à proposition dont nous parlons ; et , dès qu'il put faire le voyage, il se rendit à Nantes. La mère de Bressand , en l’invitant de la sorte , ne pouvait cependant lui donner d'autre logement que la petite maison du jardinier ; mais elle savait que c'était le servir selon son goût ; et il se félicita d'occuper alors un logement tout semblable à celui que saint François de Sales avait eu à Lyon, pendant sa dernière maladie. Comme sa convalescence fut longue, il eut tout le temps de s’édifier , en entendant raconter à cette sainte fille toutes les particularités de la vie du bienheureux évêque, dont elle avait été témoin pendant plusieurs années ; et il y prenait une satisfaction incomparable , disant qu’il souhaitait former sa conduite sur ce saint prélat (2).

(1) Mém. aut, de M. Olier, p. 155.

(2) Vie de da mère de Bressand, in-12, 1676. p.

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Sainte liaison de M, Olier et de la mère de Bressand. Ses rapports avec la sœur Boufard,

(1) Vie de laimè re de Bressand, p. 29.

La mère de Bressand croyant retrouver en effet dans M. Olier quelque chose des vertus, des lumières et des grâces de saint François de Sales , ne mit point de bornes à son estime pour lui; elle le pria même de la conduire dans les voies intérieures, et se dirigea depuis par ses conseils. L'auteur de sa Vie rapporte qu'elle avait conservé avec grand soin toutes les lettres de M. Olier ; mais que, craignant de ne pas lui survivre, elle les brüla presque toutes, pour dérober ainsi la connaissance des grâces dont Dreu la comblait. « Plusieurs ecclésiastiques, » qui communiquaient avec elle, ajoute-t-il, en faisaient » une grande cstime ; mais, par-dessus tous les autres, ce » grand serviteur de Dieu, M. l'abbé Olier dont la » sainteté est si connue aujourd'hui dans l'Eglise. » Aussi ni donna-t-il tous les détails de sa conversion et de ses divers rapports avec la mère Agnès (4) : tant elle lui avait inspiré de confiance par sa simplicité, sa droiture et l'élevation de ses sentiments.

Durant son séjour à Nantes, M. Olier eut aussi les rapports spirituels les plus intimes avec une autre grande servante de Dieu, la sœur Marie Boufard, dont là Vie a été pareïillement donnée au public. Cette fille, née à Nantes d’une honnête famille, mais réduite à une grande pauvreté par la mort de son père, et devenueenfin maitresse d'école, était en si grande réputation de sainteté , qu'on la consultait de toutes parts pour connaitre la volonté de Dreu sur les affaires les plus importantes. Dès son enfance , elle avait été singulièrement prévenue de la grâce; et Dreu lui avait inspiré des dispositions assez semblables à celles que nous avons vues en M. Olier, surtout un tendre amour pour la très-sainte Vierge, et une dévotion extraordinaire pour le très-saint Sacrement, qui lui aurait fair désirer d’être lampe pour se consumer entièrement à sa gloire. Comme les faveurs et les grâces dont Dieu la comblait, passaient tout-à-fait l'ordre com-

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