‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S. Sulpice [microforme] (volume 3)Chapitre 193 sur 489 · LE PÈRE BERNARD. M. BOURDOISE · texte numérisé non relu

LE PÈRE BERNARD. M. BOURDOISE

circonstances , un an après la mort du pauvre prêtre, le

jour de l'octave de la Fête-Dieu, M. Olier assistant une

multitude de ces malheureux , au parvis Notre-Dame, et

leur donnant à tous des marques de sa tendresse et de son

respect pour les membres souffrants du Sauveur : on les

voyait lever les mains et les yeux au ciel, et on les enten-

dait dire avec attendrissement : l’oilàa le père Bernard ; ts

il est ressuscité (À). Nous verrons même , dans la suite , t. HP. 154

l'un de ces pauvres, le frère Jean Blondeau, domestique

du père Bernard, s'attacher, après la mort de ce dernier,

à M. Olier , en qui il croyait avoir retrouvé son saint et

charitable maître. XL.

Durant le séjour que M. Olier fit cette année à Paris, Ps er

après son retour de Bretagne , il se lia d’une étroite amitié oo Pa CR

avec un autre grand serviteur de Dieu, Adrien Bourdoise, (2) Vie de M.

instituteur de là communauté de Saint-Nicolas-du-Char- NO E oi

donnet, à Paris (2).Cet homme, qu'on a comparé à Elie pour PrREA Jr in-

l'ardeur de son zèle, et à Jean-Baptiste pour sa sainte

liberté à reprendre les petits et les grands *, se consumait * NOTE 12:

de douleur en voyant les scandales de son temps, et sur-

tout le dépérissement de la discipline ecclésiastique. La

Providence semblait l'avoir suscité, dans ces temps mal-

heureux, afin que par l’âpreté, la rudesse et les clameurs

souvent importunes de son zèle, il réveillàt, comme malgré

elles, tant de sentinelles endormies de la maison du Sei-

gneur ; et c'est avec beaucoup de raison que M. Maillard,

l'un des disciples de M. Olier, mort supérieur du sémi-

naire de Saint-Trenée à Lyon, et qui avait connu particu-

lièrement M. Bourdoise, en a tracé ce portrait, qui le peiat

au naturel. « On pouvait lui appliquer, dit-il, les paroles

» que les Scribes et les Pharisiens adressèrent à Notre-

» Seigneur , dans un esprit de malice : Nous savons que

» vous êtes véridique , et que vous enseignez en vérité la

» voie de Dieu, sans avoir égard à qui que ce soit ; ef non

» est tibi cura de aliquo. I était sans respect humain,

î La

» disant à chacun la vérité sans crainte , sans déguisement,

» quoique d'une manière assez singulière. Il est vrai

» que cette manière paraissait choquer la prudence hu-

» maine, mais elle était pleine de la prudence des saints ;

A At A » el tout en excitant quelquefois à rire , elle ne laissait pas in-40, p.752. » d'avoir de très-bons effets (4). »

Le: trait dont nous allons parler en est lui-même une

preuve. M. Olier, accompagné de M. de Foix et de M. du

Ferrier , alla un jour à Saint-Nicolas pour visiter M, Bour-

doise , et célébrer ensuite la sainte Messe dans cette église,

* NOTE 15 Je modèle des paroisses de Paris *. M. Bourdoise, qui con-

naissait le zèle et la piété de ces ecclésiastiques, désirait

se lier particulièrement avec eux. Ravi d’une conjoncture

(l ‘1 si favorable, il chercha quelque prétexte pour les entrete- | : nir de la vie des clercs ; et son esprit, si fécond en expé- IP dients, lui en fournit un tout à propos : car, après leur vi- ‘ site qu'il reçut fort honnêtement, lorsqu'ils en vinrent à

| lui demander la permission de célébrer la sainte Messe

dans l'église de la paroisse, « alors, dit son historien , pour

, » avoir lieu de leur parler, il leur refusa net la faveur de

PA AA re » célébrer, » alléguant qu'il y avait dans leur extérieur

me TR quelque chose qui n'était pas entièrement conforme à la

\ 512. modestie ecclésiastique (2). On aurait peine à comprendre comment l'extérieur si pauvre et si exemplaire de M. Olier

| Kj put donner quelque lieu à une correction de ce genre, si (3) Vie impri- l’on ne savait que le zèle de M. Bourdoise alla jusqu'à re-

mée du même , procher un jour à saint Vincent de Paul de n'être qu'un

AP pH homme timide et pusillanime, et même, en se servant d’une

pit Fe : de ces expressions qui iui furent toujours familières, de

| 295.in-12. imp. l'appeler une poule mouillée (3). On peut bien croire que he Eee M. Olier, pénétré de si bas sentiments de lui-même, témoigna une humilité semblable à celle que saint Vincent de Paul fit paraître en cette occasion ; qu'il se confondit et s’accusa de n'être qu'un misérable pécheur , indigne de monter à l’autel; et ce qui montre que tels furent ses

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iguisement, Il est vrai udence hudes saints ; : laissait pas

i-méme une et de M. du ter M. Bourcelte église, ise , qui conues, désirait conjoncture r les entreteond en expéaprès leur vien vinrent à sainte Messe storien , pour tla faveur de eur extérieur conforme à la à comprendre re de M. Olier e ce genre , Si lla jusqu'à ree n'être qu'un servant d'une amilières, de ien croire que lui-même , téint Vincent de confondit et r, indigne de els furent ses

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