‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S. Sulpice [microforme] (volume 3)Chapitre 2 sur 489 · XXI. KAL. DECEMB. MDCCCXXXX · texte numérisé non relu

XXI. KAL. DECEMB. MDCCCXXXX

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vi)

PRÉFACE

La divine providence qui appelle chacun des membres de l’Église à exercer quelques fonctions spéciales dans ce grand corps, leur donne toujours les dispositions et les talents nécessaires pour les remplir selon ses vues. Il est vrai que, parmi tant de vocations diverses, plusieurs ne sont pas manifestées avec une entière évidence, mais d’autres portent avec elles des caractères si visibles et si saillants, qu'il serait difficile de les méconnaître. Telle est d'ordinaire celle des hommes que Drev appelle à établir quelque société particulière, ou à opérer quelque renouvellement dans l’Église ; et rien sans doute n'est plus digne d’une philosophie vraiment chrétienne, que d’étudier la conduite de la divine providence sur ces hommes choisis, et de considérer en eux l’heureux mélange des dons de la nature et de la grâce, qui les ont rendus propres à réaliser ces grands desseins. C’est Le but que nous nous proposons dans cette Préface de la Vie de M. Olier , instituteur du séminaire et de la sociète de S. Sulpice, et l’undes ecclésias-

But de cette Préface,

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Divers moyens de renouvellement donnés à l'Eglise jusqu'au xve siècle;les saints docteurs, ensuite les ordres religieux.

(1) S.Ambros.

Hexam. lb. 1v.

cap. IL n. 52.

tip. 77—S.

August. in Psal.

—S.Greg.Magn.

Moral. lib.x vu.

in Cap. XXVI.

Job, cap. XVL p.343.-*Origen.

in Genes.hom.r.

p.55.--Hug. S.

Viet. in Genes,.

lib.rt.1.p.224.

—Euthymi Monachi Zigabentin Psal, t. IX. Bi bl, Par. p. 556.

et alii passim.

CRAUPRELT dbid.

(2,5. Anastn= sit Sina le He æam. bib, Pat.

LL IX. p. S74.

(3) Ve Hilic- Lert.Serm.p."s .

viij PRÉFACE.

tiques du second ordre, que Dieu suscita au xvu' siècle, pour procurer en France l’établissement desséminaires, et la réformation du clergé. Ces deux œuvres devaient avoir la plus grande influence sur la société chré tienne ; et, afin de mieux apprécier la sagesse de Dreu dans le choix des moyens qu’il employa pour les établir , il ne sera pas inutile de rappeler en peu de mots quel était alors l’état de l'Eglise ; et de montrer aussi comment Jésus-Curisr, son divin époux, toujours fidèle à ses immuables promesses , lui a ménagé dans tous les temps des secours proportionnés à ses besoins.

Les principaux traits de ce tableau seront fournis par M. Olier lui-même :

« L'Église , dit-il, figurée par la lune » dans les Ecritures (1), a, comme cet » astre, ses accroissemeunts > Ses temps de 5 perlection et son déclin, par rapport aux » mœurs des particuliers +. Aux deux

+ Mic enim temporaliter transit Ecelesia :.. .augeri et minui potest, aliquando transibit (1).

Unde tanquam luna quædam , per privationem seu lueis defectum, obseuros htæresun: defectus, et aflictiones inimicorum subit Eccle.ia ; animi deliquium ferè patiens, et tanquam deficiens, citd autem iterum refuigens aut lucem propriam recipiens (2).

Debetis attendere quod, sieut luna aliquanco clara est, aliquando obscura, ita sancta Ecclesia , que gerit similitudinem lunæ , qui illuminata à sole jnstitiæ illuminat noctem hujus seculi (5).

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PRÉFACE. ix

» premiers siècles, qui furent proprement »-le temps de sa naissance et de son » croissant, elle ne paraissait presque pas : » elle était dans l’obscurité, cachée dans » les cavernes , n’étant rendue visible que » par le sang de ses martyrs. Ëlle demeura » ensevelie de la sorte, l’espace de deux » siècles, accomplissant alors la prophétie » du Fils de Dev, qui avait dit d’elle, aussi » bien que de lui-même et de tous ses » membres : Si le grain defroment ne tombe » en lerreet ne meurt, il demeurera seul (1). » C’était la saison où le grain se pourris- » sait, pour germer el paraître ensuite.

» L'Eglise était ce beau grain de froment, » qui, après avoir été enseveli, devait se » multiplier par toutle monde, s'élever de » ses propres ruines, el se dilater par une » sorte de résurrection dans toutes les par- » ties de l’univers.

» Après deux siècles et plus de persécu- » tions effroyables, elle fut tirée de des- » sous le boisseau , pour être mise sur le » chandelier. Sa lumière commenca à luire » en Occident dans la puissance ecclésias- » tique etséculière, en la personne de saint

Præsens Ecclesia, propter augmentum et decrementum, lunæ com-

(1) Joan. xuK.

(t)ApudV.Be-

/ Du e paratur (1). dam.inPral.105.

LOL P 90, A NO PRE PES ; TT . ER (2; $, tsidori.

Ecclesia, in ista adhuc mortalitate carnis constiluta, propter ipsam Iispal. de Cyclo pasch.cap.xxvi p.52. ,

, aliquando he, que ilmutabilitatem , lunæ nomine significatur in Scripturis (2).

PRÉFACE

Silvestre et de Constantin ; et ce fut alors comme son premier éclat. Mais bientôt ce croissant parvint à sa perfection et à sa pleine lumière ; car, en ce temps, outre les conciles de Nicée et autres, parurent ces grands flambeaux de l'Eglise, parmi les Grecs : saint Athanase, saint Antoine, saint Basile, saint Grégoire de Nazianze, saint Grégoire de Nysse, saint Epiphane; et parmi les Latins : saint Ambroise, saint Hilaire, saint Martin, qui, docteur en sa manière , éclaira sans paroles et sans écrits toute la chrétienté , par l'éclat de ses vertus ; enfin, dans le même temps, vinrent aussi le grand saint Augustin et saint Jérôme , qui achevèrent de mettre dans sa pleine lumière l'Eglise, alors éclairée de tous ces flambeaux , et des autres qui brillèrent au quatrième et aucinquième siècle.

» Cette ferveur dura jusqu’au sixième ; après quoi l’on vit déchoir les choses, et la piété s’affaiblir. Pour Ja réveiller, Dieu suscita saint Grégoire-le-Grand, comme aussi saint Benoît , ce saint patriarche, qui renouvela la ferveur de l'Eglise, et remplit, l'espace de trois ou quatre cents ans, par ses enfants, les chaires des docteurs et les sièges des évêques et des pas-

teurs de l'Eglise. Après le dixième siè-

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PRÉFACE. xi

cle, la piété se ralentissant toujours davantage, saint Bruno et saint Bernard furent suscités de Duev, pour la renouveler ; puis, un siècle après, saint Dominique, saint François d'Assise ; plus tard, saint François de Paule; et ensuite la ferveur s’affaiblit, et les mœurs déclinèrent de plus en plus, jusqu’au seizième siècle,

» Ce fut un des temps les plus déplorables pour l’Église : car on vit, à cette époque surtout, les hérésies se former , et envelopper des nations entières; grand nombre de religieux, déréglés dans leurs mœurs, tomber dans l’apostasie; des prêtres et des prélats ignorants et vicieux couvrir l'Eglise d’opprobre et de scandales ; et, pour tout dire en un mot, ces nations infortunées , livrées à tant de déréglements , semblaient n’offrir plus que l’image du chaos du monde en sa première confusion. Alors Dieu assemble , par son amour et sa miséricorde sur les hommes, un célèbre concile qui décide dela foi, donne des règles aux monastères, et prescrit deslois pour la réforme duclergé:

et , afin que cela s’accomplit , la divine sagesse suscite, presque en même temps, de saints personnages qui rallument la foi parmi les peuples, renouvellent la fer-

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Au xvic siè»

cle. Moyens de renouvelle ment général :

40 pour les peuples, 2 pour les

religieux.

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