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Bibl. R. p. 78.
(2) Mémoir.de M. du Ferrier,
sentaient en foule dans l’église cathédrale, toujours pleine d’auditeurs aux instructions , soir et matin (1). Le fruit le plus éclatant fut la conversion d’un colonel Suédois au service de la France , qui commandait huit cents cavaliers, Frappé d’une maladie mortelle , il abjura l’hérésie de Lucher , détesta tous les maux qu'il avait faits à l'Eglise, reçut les sacrements avec une humilité comparable à celle du centenier , et, durant les trois jours qu’il vécut encore, il précha continuellement ses soldats *. Ils furent si vivement touchés de sa conversion et de ses paroles, qu'ils se convertirent tous eux-mêmes , et que leur ferveur devint bientôt, pour la ville d'Amiens, une seconde mission non moins efficace que la première. Jamais la miséricorde de Dieu n’éclata plus visiblement que dans la conversion de ces hommes de guerre; car, trois semaines après, ayant recu ordre de marcher à l'ennemi, ils furent surpris dans une embuscade, et tous taillés en pièces (2). Voici ce que M. du Ferrier rapporte de leur conversion. « Comme ils » ne pouvaient aborder nos confessionnaux, qui étaient » environnés deux heures avant le jour , ils venaient nous » attendre à la porte du logis , et nous accompagnaient » jusqu'à l’église, en disant , pour nous faire compassion, » leurs péchés tout haut, et depuis combien d'années ils » ne s'étaient pas confessés. Hélas ! disaient-ils avec » larmes , nous ne savons quand il faudra monter à che- » val; nous en irons-nous sans avoir été confessés ? et » mourrons-nous sans avoir eu l’absolution de nos crimes? » Nous leur disions qu’il nousétait défendu de faire passer,
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» par préférence , quelque pénitent avant son rang, quel- » que désir que nous en eussions ; mais Dreu permit que » ces bons Picards leur cédèrent volontairement la place. » Ces soldats étaient devenus si pieux et si exemplaires, » qu'ils allaient le soir prier en commun avec les habi-