‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S. Sulpice [microforme] (volume 3)Chapitre 208 sur 489 · POSSESSION DE LOUDUN · texte numérisé non relu

POSSESSION DE LOUDUN

NOTE 9. — La publicité qu'on donna, mal à propos, aux exorcismes des Ursulines de Loudun , y attirait la foule comme à un spectacle, et chacun en raisonnait à sa façon, ainsi qu'on à fait depuis. Les mécontents , par la haine qu'ils portaient au cardinal de Richelieu, ne virent dans cette possession qu'une intrigue de cour, ménagée adroitement, pour pallier aux yeux du peuple la vengeance cruelle et atroce de ce puissant ministre, qui, disaient-ils, avait fait expirer dans les flammes le curé de Loudun, auteur, non d'une vraie possession, mais d'une chanson satyrique centre sa personne. Le roi voulut se faire instruire de cette affaire fameuse , et, en conséquence, on envoya à Loudun des hommes très-exercés dans la conduite des âmes, pour informer sur la nature de la possession. De ce nombre fut M. Picoté, l’un des compagnons de M. Olicr, qui contribua beaucoup à l'établissement du séminaire de Saint-Sulpice et que nous ferons connaitre dans la suite de cet ouvrage. EH alla à Loudun en doutant que cette possession fût réelle; et, après l'examen , il demeura si convaincu de sa vérité,qu'il dit : « Je ne doute plus que le démon seul n'en soit l'auteur,non moins que des épreuves du saint homme Job(2).» Ce fut aussi l'avis de M. Meyster, envoyé de son côté à Leudun par l'évèque de Saintes; et ce qui se passa lorsqu'il était présent aux exorcismes montre la haute réputation que ce célèbre missionnaire s'était acquise, et la dévotion extraordinaire qu'il avait envers la mère de DIEU, au crédit de laquelle il devait sa conversion ct sa persévérance (3). On rapporte encore que M. de Foix étant présent à ces exorcismes , le démon, sprès lui avoir reproché son humilité et son amour pour les pauvres, déclara que cet ecclésiastique avait de grandes obligations à saint Joseph, par le crédit duquel il avait obtenu bien des grâces, pour lui et pour les autres, qui devaient se sanctilier par ses soins (4).

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