‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S. Sulpice [microforme] (volume 3)Chapitre 210 sur 489 · CONVERSION DE M. DE QUÉRIOLET · texte numérisé non relu

CONVERSION DE M. DE QUÉRIOLET

* NOTE 11. — Les personnes jalouses de connaitre tout ce qui peut inspirer une vive confiance en Marie, nous permettront de faire iei une courte digression pour rappeler un trait ignoré jusqu'à ce jour, etbien propre à montrer son amour et sa puissance. Dailleurs nous suppléerons en quelque sorte par là, une lacune que le dernier des historiens de M. de Quériolet a regreté de ne pouvoir remplir. «eut à » Paris, dit-il, des conférences particulières avee le père de Condren » etsaint Vincent de Paul, mais ses historiens ne nous en ont pas » conservé le détail {3, ». «Voici, en abrégé,rapporte M. du Ferricr, » ce que M. de Quériolet nous dit en nous faisant le récit de sa con- » version. Vous resterez d'accord, Messieurs, après avoir eu con- » naissance de mes crimes effroyables , que je suis un exemple de R plus extraordinaire miséricorde de Dieu. J'ai passé ma vie jusqu'à

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» l'âge de trente cinq ans dans la pratique de toutes sortes d'abomi-

nations , et dans la profanation des sacrements que je recevais pour paraitre catholique et vertueux. Après quelques années, je me trouvai saisi d'une haine si étrange contre la personne de JÉsus- Cunist, que je sortis du royaume pour aller à Constantinople me faire ture. J'avais appris qu'un chiaoux du grand Seigneur était à Vienne pour négocier quelques affaires avec l'Empereur : je fis diligence afin de l'accompagner à 5on retour, mais l'infinie miséricorde de DrEu en disposa autrement, quoique ma malice l'eñt de

» nouveau horriblement méprisée, comme je vais vous dire, Traver-

sant une forèt d'Allemagne, je tombai la nuit entre les mains de

» voleurs qui tuèrent d'abord deux hommes que je menais; me

voyant moi-mème couvert de leurs feux, je fis alors le vœu d'aller à Notre-Dame de Liesse , si DIEU me garantissait de ce danger, Il m'en garantit en effet, Mais hélas... je continuai mon impie résolution, et me hâtai pour joindre le chiaoux que je ne trouvai plus à

Vienne, Dans l'espérance de latteindre, car il n'y avait qu'un jour

qu'il était parti, je pris un bateau sur le Danube,et le suivis jusqu'à

la frontière de Hongrie, où on nr'arrèta, ne m'étant point muni de passeport.

» Je descendis à Venise, à cause des commodités fréquentes qu'on

y rencontre pour Constantinople , et je m'enrôlai pour soldat de

cette république dans la garnison de Malamoque, d'où partent les

vaisseaux, Mais DtEu permit que, durant six semaines, il n'en sortit

aucun du port, et, dans l'ennui où j'en étais, je quittai la garnison

sans congé pour revenir en France ; ne considérant pas le péril que

je courais en désertant, Lorsque je fus à Paris, on nr'apprit la mort

. de mon père, que l'affliction de mon malheureux voyage avait sans

doute avancée, Alors je me fis huguenot par intérèt, et comme je

, n'avais aucune religion , et que ma famille n'offrait des avantages

pour me ramener à l'Eglise, je me relis aussi catholique. Je contiuuai mes communions sacriléges avec une débauche épouvantable.

L'excès du vin, quoique je ne m'enivrasse pas, me jetait aussi

» dans une humeur si fâcheuse que j’eus beancoup de querelles ; j'a-

vais une soif continuelle du sang humain, et je tuai plusieurs per-

» sonnes en rencontre et en duel ; et, pour me mettre à couvert de Ta

justice, j'achetai une charge de conseiller au parlement de Rennes, quoique je n'eusse aucune connaissance du droit. » Pendant ces désordres abominables, Dieu me préserva deux fois

de la mort, mais je n'en devenais que plus furieux et plus impie.

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