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4) Mémoires de M. du Ferrter, p. 253. cl suiv,
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Ainsi, dans l'une de ces circonstances , après d'horribles blasphé+ » mes que j'avais vomis contre Dieu, la foudre tomba sur ma cham- » bre pendant que je dormais,et en emporta le couvert et le plancher, » ct mème le ciel de mon lit, en sorte que je me sentis couvert d'une » ondée de pluie qui accompagna le tonnerre : je me mis à blaspho- » mer de nouveau, défiant le tonnerre et celui qui l'avait lancé. Il me » revint cependant quelques remords, et j'eus la pensée de me con- » vertir, j'allai même prier les Chartreux de me recevoir dans leur » ordre, mais le troisième jour, je les quittai sans leur dire adieu; et
dès-lors, je devins absolument athée, étant persuadé qu'il n'y avait ni Dieu, ni Paradis, ni Enfer, ni Démons (1) ».
M. de Quériolet en était venu à cette affreus2 extremité lorsqu'il se rendit à Loudun., Dans le voyage , il avait entendu parler des possessions de cette ville, qu'il regardait, selon son expression, comme des supercheries de Bohémienes, ne croyant pas même à l'existence des démons; et il y alla, par amusement, comme s'il fût allé à une vraic comédie. Mais la miséricorde divine l'y conduisait pour le terrasser et le convertir.Il s'était approché de très-près afin d'être témoin de l'exorcisme ; lorsque la possédée, qu'on exorcisait alors, se tournant vers lui, le démon, par la bouche de cette fille,se mit à vomir d’effroyables blasphèmes contre Dieu, l'accusant d'injustice, de ce qu'après avoir réprouvé tant d'anges pour un seul péché, il voulait faire miséricorde au plus méchant des hommes, qui en avait commis une infinité de bien plus horribles ; et de ce qu'il lui avait arraché des mains ce misérable, ce blasphémateur , cet athée, lorsqu'il fit à Notre-Dame de Liesse, ce vœu qu'il n'avai jamais accompli et quoiqu'il ft indigne des bienfaits de cette Vicrge.
Ce reproche d'avoir violé un vœu, dont M. de Quériolet n'avait jamais parlé à personne, plus formidable que la foudre, brisa sur le champ la dureté jusqu'alors invincible de ce cœur. Abimé dans un océan d'amertume , il gagna une chapelle voisine, et à, tombant la face contre terre , il donna un libre cours à ses pleurs. On crut qu'il était malade, on voulut le relever, mais ses larmes firent connaitre la nature de son mal. Après avoir passé la nuit prosterné sur le pavé de sa chambre, en l'arrosant sans cesse de ses larmes, il fit le lendemain sa confession générale; et, commençant sa nouvelle vie par le pélerinage voué à Notre-Dame de Liesse, il renvoya d'abord ses domestiques, donna aux pauvres tout ce qu'il avait avec lui, se revêtit luimême de l'habit d'un pauvre , et fit tout le voyage nu-pieds, nu-tèle ;
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demandant l'aumône et pleurant sans cesse ses péchés, De Liesse, f alla de la même manière à la sainte Baume,en Provence,atin d'obtenir, par l'intercession de sainte Madeleine, quelque part de son esprit de pénitence et de son amour pour Jésus-Cunisr. EH revint à Rennes dans le même état, et persévéra jusqu'à la mort dans la rigueur de sa péni-
tence et de ses humiliations, s'étant condamné à ne jamais regarder
que la terre, faisant huit ou dix heures d'oraison par jour et ne prenant presque aucune nourriture depuis le jeudi à dimauche à la mème heure (1).
(1) Mémoir, de du Ferrier, el suiv.
midi jusqu'au , P.