CONVERSION D'UN COLONEL SUÉDOIS
NOTE 920. — Dieuse servit du ministère de M. Meyster, pour opérer la conversion du colonel Suédois , qui eut des résultats si salutaires , pendant la mission d'Amiens. Nous en donnerons ici les détails en les empruntant à M. du Ferrier, qui nous les a conservés dans ses Wémoires, « J'étais, dit-il, avec M. Meyster, à l'entrée de la » nuit, dans l’église des Carmélites, où nous avions donné rendez- »vous à des pénitents,qui, depuis plusieurs jours, n'avaient pu abor- » der nos confessionnaux ordinaires. Voyant la nuit arrivée, nous
» revenions chez nous, lorsque en chemin , il me demanda si je vou-
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» Jais que nous visitassions un colonel Suédois malade ; je lui dis » que j'étais prêt à l'accompagner partout, et nous entrâmes dans » un logis où pendait l'enseigne du Mouton noir. M. Meyster de- » manda à lhôtesse si un colonel madale y logeait, et s’il pou- » vait le voir. Elle fit d'abord difficulté , le colonel lui ayant expres- » sément défendu de laisser entrer aucun prêtre dans sa chambre ; » mais comme M. Meyster l’assurait que le malade ne s'en fâcherai: » pas, et que d’ailleurs l’hôtesse avait une grande vénération pour » nous, elle n'osa pas s'opposer davantage à nos désirs. Nous en- » trâmes dans une salle basse à plain-pied , où nous trouvâmes le » malade dans son lit,et quinze ou vingt cavaliers avec sa femme qui » se chauffaient ; ils nous saluèrent civilement, et M. Meyster s'ap- » prochant du lit du malade, lui dit en allemand, qu'ayant appris sa » maladie, il venait lui offrir ses services ; en mème temps, un jeune » homme bien fait n'abordant, me témoigna, en latin, la joie qu'il » éprouvait en nous voyant venir, parce qu’il espérait que son co— » lonel pourrait, par nos discours, connaître enfin la vérité de la re- » ligion catholique. Je le priai de me servir d'interprète, et de m'ex- » pliquer en latin ce qu'ils disaient en allemand ;ille fit à mesure
» qu'ils parlaient.
» Leur discours ne fur pas long, le malade répondit à M. Meys- » ter qu'il n'avait pas besoin d'éclaircissements en matière de reli- » gion, qu'il était content de celle dans laquelle il était né et avait » vécu jusqu'alors, et qu'il le priait de le laisser en repos sur ce » point. J'écoutais cela avec douleur, lorsque M. Meyster, changeant » de batterie, dit au colonel : Monsieur, voulez vous que je vous » montre quelque chose de beau? Et demandant qu'on apportât une » lumière, il tire une petite boite à portrait dans laquelle était l'i- » mage de la sainte Vierge en miniature , fort bien faite, de la » grandeur d'un écu; il la montre au Suédois, et lui demande com- » ment il la trouve, Elle est fort belle , répond-il, C’est, continue » M. Meyster, la mère de Notre-Seigneur JÉsus-CuRisr , la sainte » Vierge Marie, saluez-la ; le colonel lève son bonnet et la salue. » M, Meyÿster se tournant alors vers moi me dit : Puisqu'il a salué la » très-sainte Vierge, demandons-lui sa conversion : elle nous » l’accordera, par la miséricorde de Dieu, dont elle est la mère ; » et ayant dit au malade que nous allions prier pour lui, il ft » mettre à genoux tous les assistants, quoique la plupart fussent » hérétiques.
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