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le père de Condren, son successeur, forma M. Olier et ses compagnons, « Dans ses conférences, dit M. du Fer- » tvier, il nous abreuvait aqgué4 sapientiæ salutaris (\), » s'appliquant à nous donner les principes de l'esprit chré- » tien,et à nous expliquer, selon saint Paul, la nécessité de » mourir à nous-mêmes, pour ne plus vivre que de la vie » de Jésus-Cnrisr, Comme je m'étais nourri des maximes » du siècle, je ne comprenais rien de ce qu'il nous disait, » et ce ne fut qu'au bout de six mois que je commencçii à y voir un peu de jour (2). »
M. Olier avoue aussi qu'il avait peine à comprendre celte doctrine , tant elle lui paraissait élevée (3) ; et ce fut
Ca
pour lui en donner une connaissance parfaite,et le mettre réellement dans cet état de mort à soi-même et de vie nouvelle , que Dreu le fi passer par les peines extraordinaires et les humiliations accablantes dont nous allons faire le récit, Elles l'instruisirent beaucoup plus que n'avaient fait jusqu'alors tous les docteurs et tous les livres, et lui fournirent même, en grande partie, la doctrine renfermée dans ses ouvrages, dont le récit de ses peines est la clet nécessaire, et comme l'introduction.
Lorsque le père de Condren l'associa à la compagnie dont nous avons parlé , M. Olier était entouré de l'estime et de la vénération universelle (4). Le bruit de ses travaux apostoliques (5), la sainteté de sa vie , le refus qu'il fit, sur ces entrefaites , de la coadjutorerie de Chàlons, sa naissance même, qui semblait donner un nouveau lustre à ses vertus, lui avaient attiré une estime si grande, qu'elle était pour lui une sorte de martyre. Sans cesse il avait à combattre la vanité, et toutes les saillies de l'orgucil, dont Dieu permettait qu'il sentit plus vivement alors les alteintes. « C'était Ià, ajoute-t-il, la plus grande de mes » aMlictions, de me voir au milieu de mille filets, dont l'a- » mour-propre ct les respects humains n'environnaient » de toutes parts. Je me souviens que, dans mes confes-
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ÉPREUVES DE M. OLIEN, 255
sions , lorsque j'en venais là, j'étais tout désolé, et
» première vue que Dieu me donna de l'impureté de mes » actions , ce fut dans une maladie que j'eus en Auvergne , en 1637. Alors Notre-Seigneur commença à m'ouvrir les » yeux,et me fitconnaitre que mes œuvresne valaient rien,
. étant toutes pleines d'amour-propre. Je ne le croyais pas
» auparavant, mais depuis je le reconnus à la satisfaction
» et au goût que j'y recherchais (2). Dans la retraite que je
» fis, l'année suivante, je connus la laideur de mon intérieur: » je le voyais comme le corps d'un serpent pourri, de la » corruption duquel sortiraient mille bêtes impures, et s'é- » leveraient quantité d'insectes venimeux. J’entendais par » là que de notre fonds naissent,à tout moment, mille pen- » sées importunes et grossières. C'était , en effet , le sujet » ordinaire de mes afflictions ; car me sentant attiré à l’u- » nion avec Dieu, et soupirant après la paix de l'âme, ces » pensées venaient à tout moment troubler cette douce
» ces paroles du prophète : Mon Dieu, créez en moi un » cœur pur, clrenouvelez mon esprit selon la droiture
» je reçus dans l'esprit l’idée de l'âme consommée en » Dieu, et j'éprouvais un puissant attrait pour aspirer à » cet état, Me promenant quelquefois seul dans le jardin » après nos repas, celte même idée me revenait à l'esprit, » tellement que les veux élevés au ciel, et tout baignés de » larmes, je disais : {ie divine, vie divine, quand sera-ce » donc que jene vivraique de Dieu? Je trouvais cet état » si beau, si admirable, que je n’eusse craint de souffrir
» éloigné pau mes défauts et mes vices, j'avais souvent de-
1) Momuires
» tout baigné de larmes, O mon Dieu ! mille morts 4, de M. or. » plutôt que d'agir pour un autre que vous (4). La tt be 112
(2) Hbid, 44
(5) Ibid, Lx.
» occupation (3). Souvent je me sentais porté à prononcer P: 141. 142.
ee x (4)Psaume 50, » du vôtre (h), et la Providence inspirait à mes confes- v. u.
ju 4 (5) Mém, @ur.
» seurs de me donner pour pénitence ces mêmes paroles % 5) de à ç
“ , 7 r po . CPI it alihi » à réciter (5). Immédiatement avant mes grandes peines, P: 222 et alibi,
(6) Ibid. , x, quoi que ce pût être pour y parvenir (6). M'en voyant P- 156.157,
ne
» mandé à Dieu de mc faire enfin pratiquer les vertus so- » lides : Mon Dueu, lui disais-je, faites-moi la grâce (4) Mémoires , d'entrer pour un an ou deux dans quelque noviciat,où je aut. de DT. Olier, . ; Ù à | I | que TAL,Où ji t.1.p. 205. » puisse être bien exercé dans la pratique des vertus (1), » Au mois de juillet 1638, dans la retraite que je fis avant » d'aller en Bretagne, je demandai à Dieu, avec confiance, » deux choses assez peu préméditées , qui me venaient » comme d’elles-mênes à l'esprit : la première , qu'il m'o- » tt, par sa bonté, les peines extérieures que je souffrais, » comme les procès et la persécution de diverses person- » nes. Car ces peines du dehors étaient pour moi un sujet »* continuel de déplaisirs et d’amertume, tant à cause de m4 » profession, qui doit m’éloigner des affaires, que de mon » peu d'intelligence pour les démêler, comme aussi de là » perte de temps qu'elles occasionnent,et de la paix de l'âme » qu'elles interrompent , surtout Gans les commencements; » Ctje demandai à Dreu de changer ces peines extérieures (2) Mém. ant. à ar ee ; à “Baraio Dane de M. Olier, ta, * © des peines intérieures qui me purifieraient davan p. 141 —Vie de » tage, La seconde demande que je lui fis, fue d’ôter de AT. Olier, par le ; : à A x père Giry. part. ” l'esprit des hommes la bonne estime qu'ils avaient conçue dre, chap. xL.
Remarques historiques, L. it. » Vaise qu'elle avait été bonne jusqu'alors. Peu de temps
p. 518. 519. — M RUE , Vie de M, Otier, ” Après , il plut à Dreu de m'accorder lun et autre, par
de moi sans fondement, et de la leur donner aussi mau-
par M. de Be, son infinie miséricorde : je ne puis assez l'en remercier tonvilliers, t. 1v.
4 P.578.579.380. » pour les grands biens que mon âme en à ressentis (2)+.
Î (3) Catéchisme + Ceux qui n'ont jamais considéré Ta conduite de Du, à
pins re l'égard de quelques âmes choisies qu'il a voulu élever à une grande
re Surin. tr.
part. chap. VI perfection (3), auront licu d'être surpris, peut-être mème scandalisés
| FE (4)Préface sur du genre d'épreuves extraordinaires que nous allons décrire. Les au-
IE d'IMmsiruclion
[He pastorale de M.
5 Here teurs, entre autres dans le père Surin, que Bossuet appelle un homme \ i ‘ re Là .
tres n’y verront rien qu'ils n'aient déjà lu dans plusieurs bons au-
os consommé dans la spiritualité (4), et dont il a approuvé le Gatéchisme (à). È «3; Ibid, p.69». l (4) à apl 6 di Ce récit, fait par M. Olier, ct étroitement lié à toute la suite de sa vie, ; ,
mettra d’ailleurs la vérité de ces sortes d'épreuves dans un plus grand
jour, et en sera lui-même une nouvelle preuve contre l'excès de ceux
« Vou » j'étais :
» notre » NOUS !
» que p » cile à » l'appre » n'est I » l’homn » OUVrag » SOrliS » SouYen » cette vi » qui pre » CONSET\ » VErLU S » À mon :
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