DÉCLARATION DU PÈRE DE CONDREN
» après avoir continué à me parler, jusqu'à midi, il me » dit alors : Frère Martin se fâcherait : remettons la suite » à demain matin. I alla donc dire la sainte Messe ; je me » retirai, et ne l'ai jamais plus revu. Car, y étant retourné » le lendemain , je trouvai qu'il était midade d’une inflam- » nation de poitrine ; el comme les médecins avaient dé- » fendu qu'on le fit parler , il ne me fut pas possible de » pénétrer jusqu'à lui.
» Pendant sa maladie, qui ne dura que huit jours, je ra- » Contai à mes amis ce qu'il m'avait dit, et où il avait ter- » miné son entretien. [ls furent bien aises de cette décla- » ration que je leur faisais de sa part; seulement M. Ame- » fote témoigna quelque surprise de ce que le père de » Condren ne Jui en avait jamais parlé. Comme la ma- » Jadie devenait périlleuse, et que je craignais qu'ilne mou- » Lt sans achever de n'instrüuire, je nr'avisai, le soir des » Rois, d'envoyer au père Bouchart, qui était toujours au- » près de lui, un billet par lequel je le priais de conjurer » le père de Condren, si Dreu lanpelait à lui, de laisser » SON esprit et Sa lumière à quelqu'un, sur le sujet dont il » AVail commencé de nrentretenir, »
M. du Ferrier envoya ce billet la veille même de la mort du père de Condren , et nous verrons bientôt l'effet dont il fut suivi. Avant de mourir, ce grand homme parut affligé des maux que lhérésie du Jansénisme devait causer à l'Église : « Ce qui me fait gémir, dit-ilà ses pères réunis, « c'est le schisme que je prévois, et qui paraîtra dans deux » ans », prédiction que l'événement justifia à la lettre (D ; et comme s'ileûüt voulu éloigner ce fléau de sacongrégation, illa bénit en faisant à Jésus-Curisr cette prière : « Venez » Seigneur JÉSUS, et vivez dans vos serviteurs dans la » plénitude de votre force et dominez sur la puissance en- » nemie, vous qui vivez et régnez dans les siècles des siè- » cles (2). » Sa vie avait été une image très parfaite de
Mort du père de
Condren.
(4) Lettres aut.
de M. Olier, p.
(9) Annales de l'Oratoire , pag.