‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S. Sulpice [microforme] (volume 3)Chapitre 260 sur 489 · CES ÉPREUVES DISPOSENT M, OLIER À L'AMOUR DES MÉPRIS · texte numérisé non relu

CES ÉPREUVES DISPOSENT M, OLIER À L'AMOUR DES MÉPRIS

NOTE 5. — « Durant mes peines, il me semblait, dit M. Olicr, que

Du voulait que je fusse comme enfermé dans un tombeau, vivant

» dans un esprit de mort à tout, soit pour l’intérieur, soit pour l'exté-

rieur ; que je n'eusse aucune sorte d'élévation ni de consolation, ne

(1) Le xvu.Di-

| és vu manche après la » vœu, à notre divine maitresse, de lui dire, un an durant, le chape- Pentecôte,

(2) Mém. aut.

? le M. Olier, 1.

» temple et son tabernacle (2), » I <

(sMbid. p.185.

mérifant, au contraire, qu'abjection, humiliation, anéantissement fier, par. de

Bretonvillicrs.t

et croix perpétuelle (5). Au sortir d'une mission, nousallâmes, selon 14, p, 410. 4.2.

notre coutume, à Notre-Dame de Chartres ; et il m'arriva, ce qui

w'est ordinaire, de chercher secrètement quelque soulagement à ma

superbe humiliée et à mon amour-propre, en désirant d'aller à pied,

de compagnie av € une personne de grand mérite, et quelques autres

qui la suivaient : mais la Providence ne le permit paint. Voyant alors que j'étais indigne de cette sainte conversation, je m'en allai seul, comme un pauvre excommunié, comblé cependant de beaucoup de grâces ; car je me trouvai aussitôt l'esprit rempli d’une grande lumière, sans presque me sentir moi-mème dans la marche, tant elle me remplissait de joie. Je voyais alors l'horreur de la superbe et son énormité, puisqu'elle dérobe à Dieu l'honneur qui appartient à lui seul, et dont il est si jaloux , que bien qu'il se com munique tout entier à sa créature, jatiais il ne lui communique son honneur. J'en demeurai si convaincu, j'étais si pénétré du mépris et de la confusion qui sont dus à l'homme, que je ressentais des joies non pareilles, lorsqu'en esprit je me voyais foulé aux pieds de tout le monde, plongé dans la boue et les ruisseaux des rues, prêt à déclarer mes péchés à la face de l'Univers, ne désirant que de l'honneur pour Bieu, et pour moi du mépris. L'esprit de mon divin maitre me préparait par Là à supporter les injures et les affronts. Un jour, pendant la Semaine sainte, je vis plusieurs personnes se moquer de moi dans une action publique de religion ; cette humiliation

n'aurait rien pu sur mon esprit, S'il n'eût été intérieurement dé-

(t) Mém. aut.

de M. Olier,t.r.

p. 120, 121.—VTe de M. Olier, par M. de Bretonvildiers, t.1V. p.502.

Fo Mémoires aut. de M. Olier, 14 p. 201,

(3)lbid. 1 p.

2 9. Vie de H.

Olier par M. de Bretonvilliers.te AV. p. 520.

» laissé de Div, et comme abandonné au sentiment de ma superbe » et de mon amour-propre, et si le démon ne se fut mis de la partie, » pour m'exciter par ses secousses à me fâcher, à m'inquiéter, et à con- » cevoir des sentiments d'aigreur et de colère. Cependant, m'aban- » donnant alors à l'esprit de Drœu, et m'unissant à sa force pour résis-

» ter, je me sentis délivré tout-à-coup, après avoir adhéré un peu de » temps à cette force divine, Tout cela s'évanouit done, et je n'ai pas » souvenir d’avoir eu, depuis, quelque peine à souffrir les injures et » les mépris qui me sont dus, me voyant injurié, tantôt par un de mes » proches, tantôt par une servante, ce dont eux-mèmes étaient trèsétonnés (1). »

NOTE 6. — «Lorsque le Saint-Esprit se retirait sensiblement de

moi,dit M. Olier, lanature corrompue produisait des effets étranges : » El semblait alors que je fusse abandonné de D'eu et comme possédé » par le démon de l’amour-propre et de la superbe ; et sentant en » moi ces malheureux effets, je craignais toujours de n'agir que par » orgueil, quoique le père de Condren me dit que ce n'étaient là » que des effets de la nature viciée (2). Etant avec nos messieurs, je » me sentais quelquefois tout enflé de superbe et d'arrogance , il me » semble qu'il en paraissait quelque chose dans mon extérieur et dans » la posture de mon corps, ce que je n'avais pas éprouvé avant ces » peines intérieures ; pourtant cela se faisait de soi-même, sans que » j'y participasse en rien. Je ne crois même pas que, durant tout ce » temps, j'aie eu des pensées de superbe. J'avais bien , de temps en » temps, de légères pensées de faire dé grandes choses pour Dieu, » comme de prècher par les villages, de convertir les peuples , » parce que de saintes âmes m'avaient assuré que Dieu voulait se » servir de moi pour faire diverses œuvres dans son Eglise : je ne » 'arrètais cependant point à ces pensées, je les rejetais au con- » traire soigneusement , de peur de la moindre superbe. C'était en » effet ce que je craignais le plus, parce qu'il me semblait que Dieu » me voulait du mal à cause de mon orgueil, et qu'il désirait que je » travaillasse à m'en purifier, mais ce qu'il y avait de déréglé dans » mon extérieur portait nos messieurs à me juger plein de su- » perk-2(3,.»

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