PROJET D'UN SÉMINAIRE A VAUGIRARD
» désir que pour procurer sa gloire (1). Il me marquait * encore par là l'union de cœur et la liaisun qui devait » être entre nous. Car lorsque je lui demandais abondance » d'amour pour ceux qui serviraient à son dessein , et que » je le priais pour tous nos Messieurs qui avaient com- » mencé Île séminaire à Chartres; sur lPheure, il me fit » connaître qu'il y en avait plnsieurs parmi eux qui n'é- » Laient pas appelés à ce nouvel emploi, et que la Provi- » dence voulait s’en servir ailleurs. Il me fut même dit : » Pour un tel, je veux m'en servir à autre chose. C’est celui » à qui Dieu faisait connaître mes misères, à qui moi-même » je les découvrais, et qui, pour lors, avec raison me ju- » geait inutile. Or, il est à remarquer que celui-là, qui est » sage admirablement, nelaissait pas d'empêcher la simpli- » cité, l'union et Pouverture de cœur que nous devions » pratiquer ensemble, et que depuis nous avons pratiquée. » Et cela s’est trouvé si vrai,que delui-même il s’est retiré, » pour aller ailleurs où il fait de grands fruits (2) ». M. Olier parle ici de M. Amelote, que Dreu appelait en effet à une autre œuvre, comme nous dirons dans la suite. Cependant la petite troupe des compagnons de M. Olier avait déjà quitté Chartres, et presque tous s'étaient retirés à Paris, où chacun vivait séparément (3). Découragés par le mauvais succès de la première tentative, et ne voyant pas d'apparence qu'une seconde hasardée dans un village fat plus heureuse, ils revenaient à l'avis de préférer l'œuvre des missions dont le fruit leur paraissait certain. Lors que M. Olier fut sorti de la retraite , ils s’efforcèrent de l'attirer à leur sentiment; mais les assurances que Dreu venait de lui donner, assurances qu'il voyait si conformes aux pressantes sollicitations de M. Picoté, son confesseur, et aux prédictions que lui avaient faites autrefois la mère Agnès , Marie de Valence, le père Ignace , Carme Déchaussé (4) et d'autres grandes âmes , ne lui permirent pas de douter que le moment de travailler enfin à l'œu-
(4) Vie Ms. de M. Olier par M.
deBretonvilliers , t Hp. 49, 50.
—Copie des Mcmoires aut. de.
Olier, 1. 111. p 7.8.
(2) Analyse du 11e cahier des Mémoires autographes de M.
Olier , par ZT.
Leschassier, — Abrégé du 11e cahier de cesATémoires, Ms. de M. Bourbon. — Vie Ms. de M.
Olier , par DE.
Leschassier , p.
14.— Vie du méme, par le père Giry, partie 1re, chap. xIT. Remarques historiques, LÀ. HE. p.
Dissolution de la Société de Chartres. M. Olier et deux autres se réunissent à Vaugi-
rard.
(5) Mémoires de W.du Ferrier, p. 453.
(4) 1Zém .autographes de M.
Olier , L. 1. p.
; Ë ki " À
(4) Mémoires aut, de M. Olier, Lt 11. pag. 526, etc. t.vVi. p.217.
(2) Copie des Mémoires aut.de M, Olier,t. x, p.
G.— Vie Ms. de D. Olier, par M.
de Bretonvilliers, til.
(3) Mémoir. de M, du Ferrier, p.154. — Ana fyse du 11e cahier des Mémoires aut. de AT, Olier.
(4) Mémoire de M. Baudrand. p.
(5) Analyse du 11e cahier, des Mémoires autog.
de M. Olier,
vre des séminaires ne fût arrivé. Marie Rousseau vint encore le confirmer dans cette persuasion , en l’assurant que l'établissement projeté serait le berceau d’une multitude de saints prêtres, et que Dieu le bénirait de la manière la plus inattendue (1). Au lieu de se laisser ébranler par les discours de ses confrères , il essaya de relever leur courage , par tous les motifs que sa confiance en Dreu pouvait lui fournir, sans leur découvrir toutefois les faveurs dont il venait de le combler. « Etant sorti de ma re- » traite , dit-il, et étant venu joindre nos Messieurs , tous découragés d’avoir vu échouer l’entreprise du sé- » minaire de Chartres, je ne pus m'empêcher de les ex- » horter puissamment à ce nouveau dessein ,et de leur » dire que nous n'avions qu’à commencer avec confiance, » et que Dieu, par sa bonté, nous porterait entre ses » bras comme de petits enfants (2), » Mais les associés de M. Olier n'étant point encore entièrement revenus de l'opinion si désavantageuse qu'ils avaient conçue de lui pendant ses épreuves, ne purent prendre confiance en ses discours. Tous, à l'exception de M. de Foix et de M. du Ferrier, se retirèrent, et renoncèrent à former entre eux une société comme auparavant, M. Amelote regardant aussi cette conjoncture comme une occasion naturelle poureffectuer la sépara tion qu'il méditait déjà à Chartres, se retira de son côté, et alla avec quelques-uns de ces Messieurs et d'autres ecclésiastiques à Caen, pour y prêcher une grande mission (3).
Sans différer davantage, M. Olier disposa toutes choses pour commencer au plus tôt l'établissement de
Vaugirard, et y mit tant de diligence , que la maison se trouva prête dès les premiers jours de janvier 1642 (4). Avant d'y entrer, il voulut faire une seconde retraite pour consulter Dreu de plus en plus, et se retira à la campagne le 26 de décembre, dans le même lieu où il avait été comblé de tant de faveurs (5). La maison qu'il avait louée
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