Remarques historiques, t. 1. p
moins d'affection pour lui (1), surtout M. Olier , qui le vénérait comme un saint prêtre, tout consumé du zèle de la gloire de Dieu (2). I l'appelait même, duus ses lettres, son très-honoré Père (5), tant à cause de la charité avec laquelle il l'avait formé aux fonctions ecclésiastiques, que de la part si active qu'ileut, par ses conseils, à l'établissement de la nouvelle société.
Mais la personne da monde qui y contribua le plus, fut sans contredit Marie de Gournay, veuve de David Rousseau *, la même que nous avons déjà nommée plusieurs fois, et qu'il'est convenable de faire connaître ici. « Quoique cette pauvre femme, dit M. Olier, soit d’une » basse naissance , et d’une condition qu'on a presque » honte de nommer (4) , elle est toutefois le conseil et la » lumière des personnes de Paris les plus illustres par » leur extraction, et des àmes les plus élevées en ver- » tus et en grâce. Les princesses elles-mêmes ont re- » cours à ses conseils, el recommandent à ses prières » leurs affaires les plus importantes (5). Madame la du- » chesse d'Orléans , madame la princesse de Condé , » les duchesses d’Aiguillon, et d’Elbeuf, la maréchale » de la Chètre et plusieurs autres dames se tiennent » heureuses de la voir ; j'ai vu une dame de pareille con- » dition , qui n'osait même s'approcher d'elle. Je ne con- » nais point d'âmes saintes, qui ne s'estiment heureuses » d’appreudre de sa bouche les voies qu'elles doivent sui- » vre pour aller à Dreu; il n’y a point d'hommes apo- » stoliques!, de missionnaires , qui n'aillent s’instruire » auprès d'elle; et je n’en vois pas un qui n'en sorte » extrêment édifié. Le père Eudes, ce grand prédica- » teur, la merveille de notre siècle, est venu là con- » sulter souvent; le père de Condren, général de l'O- » ratoire, l'avait vueeL consultée pour lui-même. Made-
SÉMINAIRE DE VAUGIRARD, — MARIE ROUSSEAU.. 327 à les plus sin
moiselle Mance, que Dieu à suscitée pour aller aider meurent pas » à la fondation de l'église du Canada , n’a entrepris M. Olier , out consumé
» ce dessein, qu'après avoir reçu l'approbation de cette » sainte femme, et ne l'a exécuté que par ses conseils, elait même, » et par déférence à ses lumières. C'est elle qui con- » seille et qui dirige M. du Coudray , suscité visiblement » de DrEu pour les missions du Levant, et pour la défense » de l'Eglise contre les Turcs ;elle l’avertit de tout ce
tant à cause iux fonctions l'eut, par ses ociété. » qu'il doit faire, et tout s'avance par ses avis avec un ibua le plus, ve de David nommée plu-
» succès merveilleux. C'est elle encore qui sert de guide » à l'homme que Dieu à choisi pour l'établissement de
» l'église du Canada, M. le Royer de la Vauversière ; quoi- ‘onraitre ici.
2, soit d’une n à presque » conseil et la illustres par vées en ver-
» que ce grand serviteur de Dreu soit très-éclairé dans » les choses qui concernent sa mission , il regarde comme » une gràce signalée de converser avec elle, et de rece- » voir ses conseils sur les affaires les plus importantes » de ce pays. Ainsi en est-il de dom Jacques, Chartreux, » comparable par son zèle à Elie,et qui ose bien attaquer les a CHERE » plus puissants du siècle,pour leur reprocher en face leurs à ses prières adame la du- » de Condé,
» vices et leur orgueil; il se tient heureux de lui exposer » ses desseins , et les poursuit avec une nouvelle ardeur, » que celle Sainte femme à le pouvoir d'exciter ou de la taréstale » modérer par ses paroles. Un conseiller d'État suit s se tiennent pareille conle. Je ne con-
» eh tout ses conseils pour ia cause de Dieu, et par » ses avis il à procuré de grands biens à l'Eglise. C’est à la
» persuasion de cette sainte femme, que M. le Chancelier
ANIPAIISAR F ë 4, 9° . . one nt heureuses » travaille avec tant de zèle à lextirpation de l’hérésie , au
ive sui- ‘ s (S ‘ RE doivent sui » soutien de l'Eglise, et la gloire de la religion. Je passe
.] € te . » .
2PIOeR= 290 | » sous silence non-seulement beaucoup d’ecclésiastiques AN SANSRURS » de la condition du père de Condren, et du père Eudes,
li n'en 80Ple » mais des personnes de tout état ; je parle des plus con-
and prédica- » sidérables de Paris : je les connais et ie les vois, mais ‘enu la con-
» leur réputation n'empêche de les nommer. Quand on néral de l'O-
» voit ces serviteurs de Dreu et ces hommes apostoliques, ième, Made-
que Dieu donne maintenant à l'Eglise de France, venir
(1) Mém. aut.
de M. Olier, tu, p. 48. 49, 50, D1.57.223.224.
et alibi,
(2) Mém. au, deM.Olier tp,
(3) Ibid. 1. nu.
(4) Mém. au.
de M. Olier, t.
VLp.217.t.ur. p. 326. verso.
M. Olier est l'un des héritiers de l'esprit du pèrede Condren.
» consulter cette sainte âme et se faire comme un devoir » de suivre ses avis ,; on croirait voir la très-sainte Vierge » qui gouvernait autrefois l'Eglise, et conduisait tous les » apôtres après l’Ascension du Sauveur (1). »
Cette sainte veuve , qui depuis long-temps demandait à Dreu la réforme du clergé de France , et le renouvellement du faubourg Saint-Germain (2), était aussi destinée, par la Providence , à concourir à la formation de la compagnie et du séminaire de Saint-Sulpice. « Lorsque du- » rant mes peines, dit M. Olier , j'étais abandonné, dé- » laissé et baffoué de tout le monde ; lorsque chacun me » regardait comme un homme qui avait perdu l'esprit
» el un réprouvé , elle seule soutenait que je n'étais point » ce qu'on prétendait ; elle et M. Picoté croyaient que » j'appartenais à Dreu (3). » Mais après la retraite de M. Olier à Vaugirard , et lorsqu'eile vit que Dreu avait rendu à son serviteur ses anciens dons, ec lui en avait même communiqué de nouveaux , elle n’eut pas de repos, qu’elle n’eût enfin détrompé, à son sujet, les anciens compagnons de ses missions, Elle alla trouver ces messieurs , les pria chacun de venir à Vaugirard pour conférer avec lui , les assurant qu'ils seraient eux-mêmes frappés de le voir et de l'entendre. « Et ce fut elle, dit M. Olier , qui » acheva de les désabuser et de les délivrer de leurs » préventions contre moi. Cette sainte âme travailla par » ses prières, ses veilles, ses mortifications et une multi- » tude de soins et d'autres peines, à nous rassembler enfin » à Vaugirard , nous qui étions de pauvres errants , de » pauvres aveugles , de pauvres brebis sans pasteur : et, » éclairée du dessein de Dreu sur nous , elle nous déclara » Sa volonté sainte dans les ouvertures que la Providence » Lous offrait (4). »
Pressés, en effet, par cette grande servante de Dev, et désirant connaître la vérité par eux-mêmes, plusieurs de ces ecclésiastiques, qui avaient été témoins des humi
liati vOy£ leur l'ava hor!t étai avet van,
» M » M prit par plus étai
mme un devoir ès-sainte Vierge luisait tous les D, »
mps demandait L le renouvelleaussi destinée, tion de la com- « Lorsque dubandonné, déque chacun me
perdu l'esprit je n'étais point è croyaient que 5 la retraite de que Dieu avait , € lui en avait it pas de repos, es anciens comces messieurs , r conférer avec s frappés de le M. Olier , qui livrer de leurs ne travailla par ns et une multiassembler enfin res errants , de ns pasteur : et, le nous déclara : la Providence
vante de Dieu, imes , plusieurs ioins des humi