‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S. Sulpice [microforme] (volume 3)Chapitre 286 sur 489 · VAUGIRARD, == LUMIÈRES DE M OLIEN · texte numérisé non relu

VAUGIRARD, == LUMIÈRES DE M OLIEN

(1) Meém, aue,

vivement touché,et dans des dispositions sincères de com- de M. Olier L.n.

ponction et de pénitence (1),

« Le jour de saint Jacques , qui futun vendredi, je préchai sur l'Évangile du jour , où il est parlé de la mère des enfants d: Zébédée, et de la demande ambüieuse qu'elle avait faite pour eux à Notre-Seigneur. Pendant mon discours, je vis paraître devant moi une de mes cousines, très-mondaine, (Madame Dolu de Dampierre) accompagnée de deux de ses enfants. Elle venait me les présenter (à Vaugirard), pour que je les poussasse aux dignités de l'Église. Alors , sans savoir sa demande , que

» je n'appris qu'après la prédication, je commençai à

parler contre la vanité et l'intérêt grossier du monde, qui portent à faire tant de pareilles sollicitations ; car, sans la superbe et l'amour propre, les autels de Jésus-Curisr seraient déserts, et les églises abandonnées. Je me sentis porté, par un mouvement particulier, à dire que les demandes semblables à celles de la mère de saint Jacques, étaient refusées de Dieu et de notre Seigneur Jésus- CurisT, étant si opposées à ses maximes et aux vérités de son Evangile ; qu’au reste si cet apôtre eût été en ma place,et füt monté dans cette chaire, il eût prêché contre sa propre mère, et se fût condamné lui-même de lui avoir suggéré la demande qu'elle avait faite pour lui. Je me souviens que nos messieurs, me voyant parler avec tant

(1) Mém. aut.

de. Olier, 1.1, P. 438. 439.

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* de zèle etde force contre la vanité de cette mère qui » cherchait la grandeu:, {rar tout ce qui ressent le monde » CL Sa superbe me met hors de moi) et m’entendant dire que son propre fils prêcherait contre elle-même, s’il * montait en cette chaire , pensaient que je parlais de ma » mère, qui ne peut souffrir la bassesse de l’état que j'ai » embrassé...Or,après le sermon,recevant la visite de cette » même personne, je lui dis hautement ses vérités, en * présence de son mari, lui remontraut spécialement que »* son exemple et sa conduite étaient la cause de la vanité »* de ses enfants. Elle fut vivement touchée, jusqu’à se voir * obligée de répandre des larmes : ce qui ne m'empêcha * pas de refuser nettement sa demande pleine d’ambition * et de vanité (1). »

Les petitsenfants, pour la sanctification desquels M.Olier avait toujours eu une si tendre sollicitude , participaient aussi, Selon la faiblesse de leur âge , aux douceurs de ce céleste aliment. « Me disposant , dit-il, pour aller à la pro- * menade, j'avais pensé, devant Dieu, d'aller dans un cer- * tain lieu du village, lorsque l'un de nos messieurs me » dit: Allons dans un tel endroit. Je me soumis par obéis- » sance, m'abandonnant au bon plaisir de Dreu; mais »* celte mêmepersonnes’engageant insensiblement ailleurs, » nous allämes dans le lieu auquel j'avais pensé d’abord. » Là je me promenais avec un homme de Dieu, dans une » belle allée du jardin; et comme je sentais que mon » maître voulait quelque chose de moi, je fis assembler les » petites écoles (de Madame de Villeneuve), et fis un dis- » cours pour les maîtresses, qui sont fort spirituelles, et * aussi pour les petits enfants. Cela se faisait avec paix ct * douceur. Les paroles qui me semblaient sortir de mon * cœur touchaient sensiblement tout le monde , et moi- » même j'en étais tout embaumé. C’est une eau précieuse » que Dieu distille par ce vase de terre, ce canal de plomb. » Je me souviens que je parlai du Saint-Esprit , et je trouve

cette mère qui essent le monde m'entendant dire

elle-même, s'il je parlais de ma

de l'état que j'ai u la visite de cette t ses vérités, en spécialement que ause de la vanité ée, jusqu’à se voir qui ne m'empêcha pleine d’ambition

in desquels M.Olier tude , participaient k douceurs de ce céour aller à la proaller dans un cernos messieurs me e soumis par obéissir de Dieu; mais insiblement ailleurs, vais pensé d’abord.

de Dieu, dans une je sentais que Mon ,jefis assembler les neuve), et fis un disit fort spirituelles, et > faisait avec paix tt laient sortir de moi | le monde, et moiest une eau précieuse e, ce canal de plomb.

nt-Esprit, et je trouve

VAUGIRARD. — LUMIÈRES DE M. OLIER. 83h47

» une suavité toute extraordinaire à le faire connaître aux

» âmes. J'apprends toujours, en exhortant, quelque chose

» de nouveau que je ne savais pas, comme il nr'arriva ce

» jour-là. Aujourd'hui encore, parlant à nos messieurs du » sujet de la Transfiguration, je sentais comme un principe » de force et de lumière qui m'élevait au-dessus de moi- » même, pour dire ce que je n'avais nullement prémédité. » Je suis toujours et plus ému et plus recueilli après la » parole, qu'auparavant * (4). »

La petite communauté, composée d’abord de trois membres, dont M. de Foix avait été jusqu'alors le supérieur, en compta bientôt jusqu'à vingt. Quelques-uus demeuraient au presbytère pour le service de la paroisse , dont le curé Fes était toujours absent (2); les autres étaient réunis dans p, 154. d la maison de M. de Rochefort, où ils pratiquaient en commun, et au son de la cloche, les divers exercices de la journée. L'après midi on faisait une conférence sur l'Écriture sainte, et c'était ordinairement M. Olier qui y avait la parole ; aucun de ces messieurs n’osant plus parler lorsqu'il se trouvait présent.Les lumières que Dieu lui donnait, dans cel exercice,ravissaient de plus en plus la compagnie;

à la fin, M. de Foix ne put souffrir de se voir revêtu de la charge de supérieur , dont il se réputait indigne ; et il n'y eut qu'une voix pour la déférer à M. Olier. « Avant » hier, à la conférence de l'Écriture sainte, écrit ce dernier, » il fallut expliquer un chapitre très-dificile de saint Jean, » OÙ il est parlé de la Samaritaine. Je recevais tant de lu-

(1) Mém. aut, de M, Olier, LE.

M. Olicr est choisi pour être supérieur. Ses

sentiments d'humilité.

» mières en l'expliquant, que tous ceux qui m'écoutaient » donnaient des témoignages de leur satisfaction et de » leur surprise; les messieurs de notre compagnie suriout, » ne pouvaient s'imaginer que ce fût moi-même qui leur » parlt de la sorte, vu qu'autrefois ils me faisaient tous » la Jeçon , et paraissaient plus entendus que moi en » toutes choses. C’est ce qui me réjouit; car ma plus grande » joie est de voir que chacun est convaincu que ce que je

4 * puis dire n’est pas de moi, mais de Drevu seul, et qu’on se | :: » y ait croyance ; et que chacun vive selon les maximes hi » chrétiennes qu'il plaît à Dieu de m'enseigner tous les » jours. Je me suis réjoui, et je me réjouis encore, en

» voyant que ce qui se fait journellement dans Ja petite * compagnie, n’est point attribué à personne de nous, ÿ » etqu'ilest évident que Dreu seul fait ici toutes choses ; TER * car il n’est pas un de nous qui puisse donner sujet au | + monde de dire : Un tel a fait cette œuvre. O! que Dreu

| #“ soit béni, qui veut seul se glorifier dans son ouvrage ! | Le

| » Je vois quelquefois mon néant, et celui de toute la com- nt

| » pagnie, avec une lumière si pure et si claire ; je suis si éler l » fort convaincu de notre incapacité et de notre impuis- fit a | »* sance à rien faire pour Dreu, qu'il me semble que tout Elle » va se perdre, que toute la société va se ruiner, n’y ayant et la

. rien en nous qui puisse nous faire subsister un instant. paul

» Ces vues de notre néant, qui me remplissent de méfiance "he

|: » de nous-même, me font reconnaître Dieu comme l’u- ts pl {t) Mémvires * Nique conservateur de notre société, pour tous les mo- cepti Ho: au. de M. Olicr, » ments de sa subsistance (1). » el sn

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