‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S. Sulpice [microforme] (volume 3)Chapitre 288 sur 489 · SUR L'ABBESSR DE FONTEVRAULT · texte numérisé non relu

SUR L'ABBESSR DE FONTEVRAULT

NOTE 1.—Jeanne-Baptiste de Bourbon fille naturelle de Henri IV, fut prévenue, dès l'enfance, des plus singulières bénédictions, et oblint, à force d’instances, d’êtr" envoyée à l’abbaye de Chelles, où elle fut élevée saintement.Devenue, dans la suite, abbesse de Fontevrault, elle fit admirer dans sa personne les vertus d’une religieuse accomplie. Elle aimait la retraite, le silence, la prière, la régularité, la pénitence et la mortification ; souvent elle ne couchait que sur des ais, ou sur la paille. Elle pratiquait la pauvreté avec tant d’exactitude,que l'on compta un jour sur son habit jusqu'à sept ou huit pièces recousues ensemble. On la voyait laver la vaisselle , balayer le cloître et la cuisine , servir les ma‘des jnur et nuit, assister avec ferveur les mourantes sans ac— ception : personnes. Son affabilité lui gagnait le cœur de ses filles, et sa g + 6 our respect. Enfin, toutes ces vertus et ses belles qualités naturelles, encore plus que sa naissance, lui donnèrent un grand crédit auprès de Louis XHIT et de Louis XIV. A toutes ces heureuses dispositions du cœur , elle joignait une si grande facilité d'esprit , qu'elle faisait ses lectures ordinaires dans les ouvrages des Pères la tins , et composait des traités de philosophie et de théologie, que l’on “a conservait autrefois à Fontevrault. Elle mourut, le 16 janvier 1670, A de

, * s ; .. Madeleine Gauâgée de soixante-deux ans, après avoir été abbesse trente-trois 4ron, liv. mt. p

ans (1). 418. el suiv.

NOTE 2. — L'affaire qui appela la princesse Jeanne-Baptiste de Bourbon à Paris, en 1641 , et dont M. Olier espérait un bon succès , était la question célèbre de la juridiction de cette abbesse. On sait que le pieux fondateur de Fontevrault, pour honorer la très-sainte Vierge,et l’autorité que JÉSUS-CHRIST lui avait donnée sur saint Jean, lorsqu'il dit à:ce disciple bien-aimé : Voilà votre mère, avait voulu que les religieux aussi bien que les religieuses fussent soumis à l’abbesse, et que cette fille fût le général de l'ordre.Les religieux ayant élevé des ‘doutes sur la légitimité de ses priviléges, elle fut maintenue en

(1) Les Grandeurs de sainte Anne, par Huques de S. Fran- Çois, in-8o Paris, 1657. P. 168.

conséquence des bulles du saint Siége, par lettres patentes de Louis XIE, du G novembre 1641,conformément à l'avis de la Faculté de théologie de Paris de l'an 1541, et à celui des commissaires nommés par ce prince , au nombre de neuf, dont trois étaient évêques, trois conscillers-d'État , et trois docteurs de Sorbonne des plus savants , Cornet, Duval et Coquercl

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