LE M. BOURDOISE ET MADAME DE VILLENEUVE
NOTE 11, — Pendant que M. Olier, M. de Foix et M. du Ferrier étaient à Vaugirard, madame de Villeneuve, occupée dans ce village à la formation de sa communauté, fut malade à l'extrémité et fit son testament, assistée de M. de Foix. « Comme il tardait de revenir, dit » M. du Ferrier, nous l’attendimes pour diner; et, lorsqu'il fut venu,
» il s'excusa de son retardement, témoignant combien il était édifié ; » des bons sentiments de cette dame. Pendant le repas, M. Bour-
» doise, qui dinait avec nous, S'informa du lieu qu’elle avait choisi | » pour sa sépulture, et, ayant su que c'était dans la paroisse, il S'en » émut d'une étrange façon. Vous dites, S'écria-t-il, que c'est une | » femme pieuse, et elle a l'orgueil de dédaigner le cimetière où les pauvres » sont enterrés. O7! quelle chrétienne superbe en mourant, qui dédaigne | » d'être avec les petits et les simples. Dieu nous garde d'être abandonnés de k | ‘4 » lui jusqu'à ce point. Ah! monsieur, ne dites plus que vous en avez bonne » opinion, et gémissez pour son aveuglement. M. de Foix n'avait pas » fait de réflexion sur ce point, que M. Bourdoise regardait comme si
» considérable, et croyant raccommoder les choses, il ajouta : dans la
» paroisse, id est, dans le cimetière. Alors M. Bourdoise, prenant l’asur » Siette sur laquelle M. de Foix mangeait, l'ôta de devant lui et la mit » à l'extrémité de la table,en lui disant : Monsieur, mangez ce qui est sur
» votre assiette, devant vous , id est, au bout de la table. Nous ne pûmes
» nous empècher de rire; el, comme dans son ardeur, M. Bourdoise » ne mangeait plus, je lui dis que c'était assez et qu'il fallait diner.
ho » Alors, pour me corriger à mon tour, il s'adressa à un serviteur qui (2) Hémoïr.de n ; ee | M. du Ferr , » était derrière moi, et lui dit : Ne mangerez-vous pas ce qui est sur mon p.156.— Vie dedl. à FR : i HER à ; : 4 Bourdoise, Ms » assiette, s'il reste? Qui, dit-il. Hé bien, continua M. Bourdoise , si je * in—4s p. 7S — , , . - ot ; Vie dl même. * achève pas mon diner, rien ne sera perdu ; mais si je demeure en silence, in-folio. pag. ; : : 3 ; : :
Ms PASS» ce garçon ne vous dira pas ce que je vous dis moi-même sur un objet aussi
754, A APN Ÿ- » important (2). L'auteur de la Vie imprimée de M. Bourdoise, qui, d'aprèsles Mémoires de M. du Ferrier,rapporte quelque chose de ce trail(5), suppose : qu'il eut lieu à la paroisse de Saint-Sulpice, à Paris ; mais il parait que
ce fut à Vaugirard, où demeurait alors madame de Villeneuve , et où ces messieurs excrçaient les fonctions curiales. Quoi qu'il en soit, madame de Villeneuve releva de cette maladie, et profita de la correction de M. Bourdoise ; car, dans un autre testament qu'elle fit, on lit
ces
» je » A la ] me dar à I
pas que Notre 1). »
UVE,
et M. du Ferrier * dans ce village émité et fit son it de revenir, dit rsqu'il fut venu, ien il était édifié epas , M. Bourelle avait choisi a paroisse, il s'en il, que c'est une ère où les pauvres int, qui dédaigne ‘re abandonnés de ous en avez bonne Foix n'avait pas zardait comme si l'ajouta : dans la ise, prenant l’asvant lui et la mit ngez ce qui est sur . Nous ne pûmes r, M. Bourdoise u'il fallait diner, un serviteur qui ce qui est sur mon , Bourdoise, si je rmeure en silence, sur un objet aussi e, qui, d'aprèsles trait(5), suppose nais il paraît que illeneuve , et où qu’il en soit, maila de la correcqu'elle fit, on lit
GET ORNE, EP t
(1) Testament d à 33 : : : de Mme de Vil- » je décéderai, dans un cercueil de bois, comme les pauvres, sans fencuve.— Abré- Pa ‘ k =. t gé de sa Vie Ms.
» aucune cérémonie (1}.» Cependant, en 1650, année desa mort, M. de fa-40 p. e, (2) Vie Ms, de , damême, p. 66, mentaire, que, malgré la clause de son testament , elle fût inhumée + Archives du ee si AI Le ; oyaume, Visidans l'église des religieuses de la Visitation, rue Saint-Antoine, talon de la rue
! saint Antoine.
à Paris (2).
ces paroles : « Je désire être enterrée au cimetière de la paroisse où
la Marguerie, son gendre, obtint de M, Molé, son exécuteur testa-