MARIE ROUSSEAU
NOTE 12. — Marie de Gournay, née à la campagne, de parents obscurs, eut toujours d'elle-mème l'opinion la plus basse, ne voyant
(3) Mém, aut.
de M. Olier, tu, Dieu(s). Elle épousa David Rousseau, l'un des vingt-et-un marchands p. 582.
rien d'aussi méprisable que sa personne dans tous les ouvrages de
de vin de Paris ; et, quoi qu'elle jouit alors d'une honnète aisance,
elle ne diminua rien de son amour pour la pauvreté. Regardant son LARLAIEE IS de corps comme un fumier (4), c'était son expression, elle ne pouvait souf= ve p. 59.
frir de se voir revètue d'habits neufs, n'en portail jamais que de vils
et de très-communs, et ne se nourrissait presque que de restes, dont {5 ppid à. 1.
on n'avait pu retirer aucun profit (5). La vue de son néant et de sa P: #25: 5 VE per. petitesse, toujours présente à ses yeux, la portait à se refuser tout ; jusque là que la moindre dépense pour elle-mème lui était in- & HU on. supportable (6). Sa grande étude fut toujours d'imiter la très- p.558.
sainte Vierge, et d'unir ses dispasitious intérieures à celles dont cette créature incomparable accompagnait toutes ses actions. De peur d'occuper quelque place dans l'estime des hommes, clbe évitait tout ce qui aurait pu lui donner la réputation d'une personne de piété; et, durant les vingt ans qu'elle passa dans son cabaret, servant continuellement le publie, elle ne témoigna jamais, ni par ses paroles, ni autrement, le moindre sentiment de DIEU, quoiqu'elle fût sans cesse unie à lui, Toutefois, elle ne laissa pas d'être utile au bien spirituel des personnes qui fréquentaient sa maison ; car elle y convertit,avec les paroles les plus simples et les plus communes, une multitude de pécheurs obstinés jusqu'alors daus le mal. Entin, son extérieur répondait tout-à-fait à l'idée qu'elle s'efforcait de donner d'elle-mème, elle n'avait rien qui la fit distinguer d'une femme du bas peuple, et montrait en tout une grande simplicité dans ses paroles Éd