‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S. Sulpice [microforme] (volume 3)Chapitre 301 sur 489 · VAUGIRARD, FONDEMENTS DE L'ESPRIT DU SÉMIN AIRE · texte numérisé non relu

VAUGIRARD, FONDEMENTS DE L'ESPRIT DU SÉMIN AIRE

struction que saint Paul donnait aux nouveaux convertis, » comme pour leur servir de catéchisme ; qu'il fallait en » CONVainCre tous Ceux qui venaient au séminaire, s'ils ne » l'entendaient pas déjà ; etque, s'ils ne la goûtaient point, sil n'en fallait rien attendre ; qu'on pourrait leur dire : » {deo vos non auditis quia, ex Deo non estis, el qu'atin » qu'ils ne pussent pas en douter, il fallait leur mettre » devant les yeux les paroles de Fapôtre aux Romains , » chap. VI, verset 3, et leur dire : Fgnorez-vous que » nous tous, qui avons été baptisés en JÉsUs-Cnrisr et en- » sevelis dans l'eau et retirés ensuite, nous avons recu l'im- » pression des mystères de sa mort, de sa sépulture et de » sa résurrection , afin de commencer une vie, non plus » du vieil Adam , mais du nouveau ; une vie de mort pour » tout ce que la nature , les sens et le monde aiment et

(1) Mémoires

» estiment, et de résurrection conforme à celle de Jésus- 4. du Ferrier,

» Curisr dont nous avons reçu Fesprit (1) ? »

Ces maximes fondamentales de la vie chrétienne , que M. Olier enseignait à ses disciples, parurent cenendant nouvelles et trop sévères à quelques-uns ; mais cette opposition ne dura pas long-temps, et fit bientôt place à une ardeur toute contraire, qu'on eut plutôt besoin de modérer que d'accroître. « Je rapporterai ici, dit M. Olier, ce qui » est arrivé à lun de nos messieurs , sur lequel la bonté » divine à puissamment agi depuis six semaines où deux » mois qu'il est avec nous. C’est un très-excellent esprit et

un grand théologien ; mais ilétait arrivé ici rempli de ses

» propres idées, eLavee un système de piété à sa miode,

qu'il s'était forgé à lui-même : ce qui est tres-dongereux » pour les Commencants. Etant venu dans ect esprit, il » souffrait avec peine la pureté du christianisie qu'on lui » proposit. [se servait même de toute sa théciogie pour » combattre les propositions évangéliques, unique fonde- » ment de fa piété qu'on inspire à nos jeune: messieurs. » Dieu voyant l'abus qu'il faisait de son esprit et de ses

» raisonnements contre la vérité, permit qu'il oubliàt tout-

! » à-coup ses connaissances , et qu'il perdit la mémoire, il » [s’est vu privé de toute lumière , si interdit,et accablé 4 » par une mélancolie si profonde, qu'il ne lui restait plus } | » de liberté d'esprit que pour s'apercevoir du triste état | AL ’ . . 4 . , .

» Où l'avait réduit son orgueil; dès qu'il voulait raisonner | » sur une matière, il ne voyait plus que confusion dans ses | 14 » idées. Ne pouvant s'élever contre la vérité, et se recon-

! » naissant vaincu par l'Evangile , il se rendit enfin, et

» aussitôt Dieu lui redonna ce qu'il lui avait retiré pour le

» rendre plus humble, Dieu soit béni! c’est maintenant

(4) Mém, aut, , à de M. Olier,tu. » un de ceux de la communauté qui sont les plus soumis . 179, 180, :

A » et les plus dociles (4).

+1 RULES « Parlant à nos jeunes messicurs sur la nécessité de Conversations 2 rt , ; ù .

deM.Olicravec » crucifier le vieil homme , afin que la vie de Notre-Sei- {44 ses disciples A Re AE \ rs | tit sur le erucifie= ” gneur parût en nous , je disais que pour donner à Jésus- 1 Deus vieil, Curisr une entière liberté d'agir , il fallait crucifier la i pi) » chair par la pauvreté, la souffrance et la mortification ; | ‘api

(2) Mémoires ” AUC jamais il ne nous ferait faire des actes d'humilité ,

4 ‘ne HE Ni) » si nous ne mortifiions l'esprit et les mouvements de notre » superbe. Sur cela, l'un d'eux me dit (2), au sujet de la » pauvreté : I n'y a done point de différence entre les con- » seils et les commandements ? En quoi différent-ils, si le » renoncement aux biens de fortune,quine paraît être qu'un » conseil, nous est néanmoins à tous nécessaire ? Dieu me » it alors dans l'esprit cette réponse : que, dans ce renon- » cement, il faut considérer deux choses : le détachement » intérieur et le dépouillement réel ; le premier est de » commandement, et le second de conseil; le premier est » tellement nécessaire, que, sans le détachement intérieur » des biens en un certain degré , nous ne pouvons nous » sauver , selon ces paroles de Notre-Seigneur qui sont » adresssées, non à un particulier, mais à tout chrétien : » Celui qui ne renonce pas à tout ce qu'il possède, ne » peut étre mon disciple. Nous devons être au milieu des

‘iloubliàt toutit la mémoire.

vdit,et accablé lui restait plus ‘du triste état ulait raisonner fusion dans ses té, el se r'econendit enfin, et it retiré pour le est maintenant les plus soumis

la nécessité de ie de Notre-Scidonner à JÉsusallait crucifier la la mortification ; actes d'humilité , vements de notre >), au sujet de là nee entre les condifférent-ils, si le » paraît être qu'un ssaire ? Dieu me Le, dans ce renon- . le détachement e premier est de il; le premier est \ehement intérieur ne pouvons NOUS Seigneur qui Sont is à tout chrétien :

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